Kick Ass, la critique !
Kick Ass va vous botter le cul ! Faut vous le dire comment ?!
En avant première de sa sortie française, on vous dit tout sur le comics de l’année.
Pour lecteur averti.
Synopsis.
Dave est un lycéen de seize ans qui n’est ni populaire, ni une tête de turc, pas même un exclu. Il est juste invisible, fondu dans la masse des gens qu’on ignore. Sa vie l’ennuie, il a envie de plus de fun. Il a envie d’ Aventure, comme celle des comics qu’il lit. Dave sait que beaucoup sont comme lui, rêvant de devenir un super héros affrontant le crime, mais lui, il est différent. Dave va passer à l’acte.
Critique.
¤ Scénario.
Décortiquons un peu le scénario de Mark Millar. Dave Lizewski, le héros, rappelle un certain Peter Parker à l’époque du lycée. Sauf que Dave n’est pas le premier de la classe: il est vous, il est moi, il est commun. Il faut aussi noter que Dave vit dans notre monde et il est fan de comics (Marvel, DC,…). Millar annonce la couleur: son comics de super héros est réaliste et le scénario rappelle la genèse du Hibou des Watchmen d’Alan Moore. Réaliste ne signifiant pas glauque, l’humour est présent et efficace (que demande le peuple ?!). L’ambiance est particulièrement fun avec beaucoup de références à la culture comics (même si le néophyte comprendra sans problème, tous les héros cités sont passés au cinéma). Pour l’anecdote, je suis sûr que, comme moi, en lisant certains dialogues vous vous direz « j’ai exactement eu cette conversation avec..! ». A travers le thème du super héros, c’est le thème du comics même qui est abordé. On sent que c’est un fan qui écrit une histoire pour les fans. Ne serait-ce que pour les costumes, leur aspect « fait maison » rappelle plus des déguisements d’enfants que des armures de combat, ce qui est beaucoup plus proche de ce qu’un fan de comics qui se déguise peut réellement faire. Cette ambiance bourrée d’humour, de réalisme (mais aussi de violence) est fantastique, en toute simplicité.
Le point négatif du scénario, parce qu’il en faut bien un, réside dans les retournements de situation finaux (les fameux « Twist »). Pour une grande révélation, on s’y attend depuis le début en se disant que de toute façon c’était soit ça, soit son contraire; et pour l’un des derniers retournements de situations… J’espère vraiment que ce n’était pas voulu pour surprendre le lecteur mais pour faire du old school tant c’est limite too much. Mais rassurez-vous, le reste demeure excellent.
¤ Dessin.
C’est malheureusement John Romita Jr (co-créateur avec Mark Millar) qui s’y colle. Ceux qui aiment son style seront contents. Les autres seront dépités. La série est essentiellement centrée sur des adolescents, il aurait donc été préférable de choisir un dessinateur qui sait les faire comme Joshua Middleton sur Nyx ou Adrian Alphona sur Runaways. Comme d’habitude le style de Romita est grossier, figé et les mouvements ne sont pas naturels. De manière générale (pas seulement ici), je trouve que le travail fini de Romita Jr est du niveau d’un croquis (et encore…) de presque n’importe quel autre artiste. Mais le pire… Romita ne sait pas dessiner des hématomes. Demandez-lui de dessiner un mec tabassé à mort ou un homme dont la barbe recouvre tout le visage, et il vous fera deux dessins identiques. Sur Kick Ass ,où il pleut des blessures de tous genres, ça fait tâche.
En écrivant ça, je sais que je suis sévère envers cet artiste, mais pour avoir vu ses travaux de jeunesse où son style était celui de son père en mieux (sachant que Romita Sr, c’était bien sympa quand même), cela me laisse vraiment penser que notre homme va à la facilité en travaillant grossièrement alors qu’il sait mieux faire.
Néanmoins, si le dessin est moche , le scénario est à ce point bon que l’on arrive presque à faire fi de ce défaut. (bien que ça nous rattrape parfois). Il est certain que le coup de crayon ne met pas en valeur l’histoire, mais la simplicité du trait, dans le sens où les détails sont quasiment réduits à leur minimum, la quantité restreinte de textes et la mise en page en grandes vignettes permettent une lecture extrêmement rapide. Une telle construction a pour conséquence de laisser l’image au second plan au profit de l’histoire. Si comme moi vous n’aimez pas Romita Jr, vous devriez quand même réussir à le supporter cette fois-ci.
¤ Format.
Basant ma critique sur une VO, je ne peux pas vous garantir la bonne adaptation du comics en français. Il faut dire que les dialogues ne sont pas chastes, les insultes vont bon train. Aura-t-on droit à une telle violence verbale ? On peut se poser la question de la qualité de la traduction quand on voit que sur la couverture choisie, la phrase originale « They started it » a été traduite par « C’est eux qui ont commencé ». L’idée y est mais il y a deux problèmes. D’un, « c’est eux… » n’est pas correct. On le dit tous, mais en bon français, on dit « ce sont eux ». C’est du pluriel. De plus, je n’ai pas souvenir que cette phrase ait été prononcée par un personnage, il n’y a donc pas lieu de l’écrire de manière erronée. De deux, on perd la notion de « ils l’ont bien cherché » que l’on retrouve dans « ils ont commencé tout ça » ou « ils sont à l’origine de tout ça » . De plus je trouve que cette phrase fait gamin, « mais madameeeuh, c’est eux qui ont commencé d’abord ! », alors que le ton de la série est adulte.
Panini a fait le judicieux choix (pour eux !) de sortir les huit numéros de Kick Ass en deux TPB en contenant quatre chacun. Comptez donc la vingtaine d’euros pour avoir l’intégralité en français, en sachant que vous serez accros très rapidement et que vous n’en pourrez plus d’attendre la sortie du deuxième tome.
Illustration.
Conclusion.
A l’instar d’un Watchmen ou d’un Walking Dead, Kick Ass va assurément devenir une référence du comics. Dommage, puisqu’on risque de voir John Romita Jr sur toujours plus de projets. On souhaite néanmoins que la série ne s’arrête pas à huit numéros (plusieurs indices laissant penser que non) et si possible avec un autre dessinateur, pour continuer à croire qu’on pourrait bien vivre cette aventure nous aussi.
Fiche technique.
Kick Ass: le premier vrai super héros (tome 1)
Date de parution: 17 mars 2010
Scénario: Mark Millar
Dessin: J. Romita Jr
Encrage: Tom Palmer
Couleur: Dean White
Editeur: Panini
Pages: 96
Prix: 11€







5 Commentaires
Mouais…je viens de le finir et je ne suis pas aussi enthousiaste.
Certes l’idée est sympa, c’est plutôt amusant de voir un gars « normal » vouloir devenir un super héros, mais bon…Dans le genre je préfère largement Wanted. Je déplore aussi l’usage du gore gratuit à un moment de l’histoire : je ne vais pas faire ma mijaurée, en bon lecteur de Preacher je ne nie pas que cela peut s’avérer judicieux mais là ça fait gratuit, comme pour l’ultime épisode de Wolverine/Old Man Logan ou l’épisode de ce mois-ci des FF et cela semble devenir la nouvelle marotte de Millar.
A mon avis un comics sympa qui se lit bien, mais certainement pas le meilleur comics de tous les temps comme le claironne la couverture Française et je suis sceptique sur sa longévité au panthéon des comics.
A signaler également une bourde énorme de Panini sur la tranche du livre, au lieu de Romita Jr ils ont écrit « Romta Jr ». Une honte !!
Je ne sais pour la VF mais en VO, tous les superlatifs « meilleur super héros, etc » sonnent second degré en imitant les comics du golden age.
C’est sûr que KA n’est pas du niveau de Watchmen, mais je pense que ça va rester une référence, au moins en tant que « comics qui parle comics ».
Bien joué pour « Romta » !
Voilà kiwi kid, je suis allé m’aventurer avec ma lampe torche dans les méandres de ma cave afin d’y retrouver quelques exemplaires pour te répondre sur nos désaccords envers john romita jr et surtout ton appréhension sur sa véritable capacité à représenter les mouvements ainsi que ton sentiment d’image figée…
Tout d’abord je vais te rendre justice, en comprenant ton ressentiment car en vrai, j’ai pu le constater sur plusieurs cases, effectivement…J’ai remonté des spider man et des thor qui remonte à 10 ans tout de même , et excuse moi d’avoir mis tout ce temps, mais tu comprendras bien sur que les pages m’ont immédiatement brulées les doigts, en plus il a plu toute la journée aujourd’hui, ça tombait bien!
Maintenant comment t’expliquer ma contradiction avec tes propos… Par exemple, il y a une chose qui à toujours été très fréquente dans les comics, même si ça à déjà eu tendance à s’émousser, c’est de voir un héro donner un coup de poing vers la droite, et de voir la tête du vilain…propulsée vers la gauche? Tu remarqueras, enfin il me semble, qu’il ne fait pas ce genre d’erreur, et en plus, là où il reflète très bien le mouvement, c’est que l’on ressent bien l’impact, pour arriver à le faire ressentir au travers de son dessin ainsi, il faut l’avoir ressentit, pratiqué soit même, au moins un temps, juste pour apprendre au moins ce dont on veut parler, j’en suis sur, j’ai fait de la boxe, et je le ressens bien dans son dessin, il a certainement eu au moins une expérience dans ce domaine.
Mais de manière générale, je te dirais, qu’il se passe aisément d’effets graphiques,(particulièrement utilisés dans les mangas, qu’ils maitrisent à la perfection pour représenter le mouvent, et que j’apprécie beaucoup d’ailleurs), pour le représenter lui dans les siens…Mais je te concède que dans une certaine mesure cela puisse donner une impression de figé…Mais regarde le se servir de la pose des personnages dans leur déséquilibre, emporté par leur mouvement justement, l’utilisation des cheveux projetés, l’accompagnant aussi,les vêtements le suggérant de la même façon assez subtile, leurs plis, les éléments extérieurs soulevés, ect…
Mais j’avoue que dans kick ass, il ne démontre pas la pleine mesure de son talent que je lui reconnais…
Je te renvoie aux deux albums des éternels qu’il a dessiné (collection 100% marvel, publié par pannini( dessin intelligent et la fin du voyage)là, c’est pour moi du très bon romita, bien que je pense que pour les personnages, il à volontairement, lorsque cela était nécessaire, économisé son trait pour le rendre plus lumineux grâce aux couleurs,(mais j’aime aussi), il faut lui reconnaitre que les zones d’ombres qu’il affectionne souvent, lui donne toute la profondeur et la texture à son travail.
Je ne l’ai pas retrouvé, mais si tu te rappeles de la série dc versus marvel, ou l’on voyais se fondre les héros marvel et dc dans un univers intemporel,c’était en 1997, romita avait dessiné un très bon épisode où l’on voyait un très bon thor/orion (thorion? si je me souvient?)Dans un asgard mélé avec new génésis…
et aussi j’ai retrouvé le mensuel spider man de sept 2000, john, réalise un très bon épisode de spidey en association avec blade(avec un wesley très ressemblant…)
Et si tu aimes le sang, les tripes à l’air, avec des héros qui n’ont pas de pouvoir(enfin des héros, des tueurs à gages, le très bon « body bags », la fête des pères, de jason pearson, rien à voir avec romita, mais un très bon style lui aussi, et sa très bonne appréhension du mouvement dont il joue à merveille, et use de manière parfaite des effets graphiques pour l’exprimer…Apparemment c’était en 1999, date du dépôt légal, un pur bijou de scénar et d’action…)
voilà j’espère t’avoir un peu plus convaincu, mais je peux tout a fait comprendre que tu ne sois pas forcément réceptif à son talent, les gouts et les couleurs sont subjectifs et propres à chacun, c’est ce qui fait aussi notre différence à tous, nos propres perceptions…
Ramos,(lol), comme tu en as parlé sur le blog de neault, en est le parfait example, mais je lui reconnais son talent, hein, ne vas pas croire le contraire…
A plus tard kiwi kid…