VO ou VF : Un choix difficile quand on débute ?
On m’a toujours répété qu’il était préférable de choisir la version originale pour capter l’intégralité d’une histoire et ses petits détails. Cependant, si vous êtes comme moi, peu débrouillard avec la langue de Shakespeare, c’est plus compliqué.
Or, depuis peu, j’ai finalement franchi le pas et je commence doucement à me mettre à la VO. Je vous propose donc de partager ma jeune expérience, afin de vous montrer les avantages et les inconvénients de la VO et de la VF. De cette façon, j’espère que les plus indécis parmi ceux qui souhaitent se lancer dans les comics, pourront choisir ce qui leur convient le mieux.
L’anglais ou la traduction française ?
Le point freinant sans doute le plus les lecteurs, c’est la barrière de la langue, puisque, comme vous le savez, les comics sont avant tout américains. Heureusement, des maisons d’édition sont là pour nous faire parvenir des traductions françaises.
Pour autant, doit-on s’en contenter ? Tout dépend de vos exigences et de votre niveau d’anglais. Pour ma part, la traduction est ce à quoi je fais le moins attention, du moment que je comprends l’histoire qui m’est donnée.
Néanmoins, je comprends ceux qui n’en sont pas satisfaits, puisque certaines traductions ne sont pas toujours fidèles. Certes, le sens général est présent, mais il arrive que les formulations et le ton changent lors du passage de l’anglais au français, ce qui peut faire grincer des dents, surtout quand de grossières erreurs grammaticales sont commises.
Ce qui me hérisse le plus le poil, ce sont les insultes présentes dans les dialogues, souvent masquées par certains éditeurs, qui n’hésitent pas à les remplacer par des symboles sans queue ni tête ou à ne laisser que les premières lettres.
Franchement, c’est croire que la plupart du lectorat est composé de jeunes enfants, ce qui n’est pas le cas. De plus, tout le monde ou presque est capable de deviner les insultes en question. Alors, pourquoi les camoufler inutilement ? Pour avoir bonne conscience ? Qui sait…
Quoi qu’il en soit, la signalétique pour public averti se suffit à elle-même. C’est ensuite au lecteur de faire les bons choix ou de demander conseil pour savoir si la série lui conviendrait ou non.
Le prix
Le second facteur à prendre en compte quand on hésite entre la VO et la VF, c’est le prix. Sur ce terrain, la VF est la grande gagnante, du moins pour ce qui est des revues en kiosque.
De manière générale, un comic américain coûte 4 dollars, soit environ 3 euros, et contient un seul épisode. En France, lorsque vous achetez une revue kiosque, vous avez entre 2 à 5 épisodes pour 4 à 5 euros en moyenne. Cela varie selon les séries, mais globalement, le coût de la VF est inférieur à celui de la VO.
Pour la librairie, la donne change, car le prix est plus intéressant du côté de la VO, sans parler du contenu. Dans notre pays, quelques maisons d’édition divisent des séries en plus de tomes qu’il n’en faut, ce qui n’est pas le cas de l’autre côté de l’Atlantique.
A ce sujet, il faut préciser l’existence de TPB (Trade PaperBack) anglais, qui permettent de se procurer l’intégralité d’une saga en un seul tome. Chez nous, c’est souvent un casse-tête pour retrouver un arc. Je ne parle pas des comics récents, mais de ceux qui datent déjà de quelques années et qui sont désormais difficiles à trouver en kiosque. Pour aider à surmonter cette difficulté, il y a des omnibus, qui regroupent plusieurs sagas, mais de temps en temps des erreurs sont commises, que ce soit le manque de certains épisodes ou l’ajout d’autres, qui ne servent qu’à atteindre le nombre de pages fixé.
Au final, il est plus simple et surtout moins coûteux de se procurer les TPB, sans parler qu’il y a davantage de pages en comparaison des éditions françaises.
Rapidité
En France, les comics sont beaucoup plus attrayants au niveau du prix, mais il y a une contre-partie, à savoir les délais. En effet, il faut compter 5 à 8 mois pour lire une histoire publiée précédemment aux États-Unis, ce qui provoque notamment un décalage au niveau des crossovers, puisque lorsque nous en lisons un, un autre est en cours en Amérique.
Néanmoins, il arrive que certaines séries arrivent à peine 2 à 3 mois après la publication américaine, comme la série Haunt, éditée par Delcourt.
Malheureusement, c’est un cas rare. Cependant, il prouve qu’il serait possible d’avoir nos comics quasiment en même temps que nos voisins américains, mais cela reviendrait évidemment plus cher que de les éditer après quelques mois.
Quantité
Le dernier point que j’évoquerais, c’est la quantité des titres. Ces derniers sont beaucoup plus nombreux en VO, puisque sur notre territoire, la plus grande majorité des séries publiées sont celles qui connaissent le succès en Amérique, bien que cela ne suffise pas toujours pour garantir la même réussite chez nous.
Ce choix, compréhensible d’un point de vue rentabilité, se révèle plus dérangeant lors de la parution de gros événements, qui touchent une multitude de séries. Dans ce cas, on a souvent la série principale et quelques séries annexes, mais rarement l’intégralité, ce qui occasionne parfois quelques incompréhensions chez le lecteur. C’est à se demander si les éditeurs réfléchissent à la cohérence de ce qu’ils publient, mais ceci est un autre débat.
Alors, que choisir ?
Nous avons vu que le grand avantage de la VO est de proposer toutes les séries en temps voulu et avec des dialogues correctes. Or, ce choix a un coût, sans parler de la langue, qui est le principal facteur de recul.
Ce n’est pas le cas de la VF, beaucoup moins chère et parfaitement compréhensible pour nous, bien que des erreurs de traduction ne soient pas rares, que les titres mettent plus de temps à nous parvenir et qu’ils n’arrivent pas tous sur le territoire.
De ce fait, je pense que le mieux est de varier entre les deux. Ce que je vous conseille, si vous hésitez à suivre une série en VO, c’est de la commencer en français, afin de vous familiariser avec l’univers, puis de la poursuivre en VO ou de vous procurer les séries qui y sont liées et qui ne sont publiées en France.
Pour celles où aucune traduction n’est disponible, prenez votre courage à deux mains et lancez-vous. Parlant en connaissance de cause, je sais que l’anglais est loin d’être la tasse de thé d’une majeure partie des français, mais avec un bon dictionnaire et internet, rien n’est impossible.
Bien sûr, les débuts ne seront pas simples et vous ne comprendrez pas toutes les subtilités, mais je vous garanti qu’au final vous y trouverez un grand plaisir, surtout que vous pourrez progressivement vous pencher sur des titres, dont vous ne soupçonniez peut-être pas l’existence.
Bref, le choix vous appartient à présent !






9 Commentaires
Y’a pas à dire, il traite bien la question mon collègue !
J’ajouterais quand même trois choses:
¤ Quand vous commandez de la VO, vérifiez que le « vendeur internet » a une bonne note, et que celle-ci est la moyenne de nombreux clients. Si le vendeur a un bonne réputation, vous avez plus de chances de recevoir un livre en bon état.
¤ En VO, vous trouverez des dialogues plus fignolés. Par exemple, pour les X-Men, vous vous demandez pourquoi il est dit que l’accent du sud de Malicia est à couper au couteau ? En anglais, vous le voyez vraiment, chaque personnage a des expressions bien personnelles. Le Hurleur parle irlandais et non pas américain, pour dire « ch’ais pas » au lieu de « I dunno » il dit « I dinnae ». Vous pourrez aussi beaucoup rire aussi en lisant du mauvais français dans les VO (ah Gambit, le cajun qui ne sait pas parler français !).
¤ La VO permet l’accès à des séries moins ou peu connues dont le scénario (moins surveillé ?) peut être d’un niveau excellent.
Je suis assez d’accord avec l’article et le commentaire de Kiwi Kid.
Je suis moi même un lecteur VO & VF. Et je dirais même que j’ai d’abord commencé par me procurer des TPB en VO. C’est par là que j’ai commencé à collectionner du comics, il y a un peu plus d’1 AN. Ce n’est qu’après que je me suis penché sur les sorties VF.
Pour la VO, j’apprécie d’avoir le texte original avec les subtilités, les jeux de mots, les accents qui ont tendance à disparaitre complètement à la VF. Sans parler des contresens parfois, voir des traductions litigieuses. (Dark avengers ? Vengeurs noirs ? Vengeurs sombres ? Dark vengeurs ? …)
Alors oui, parfois, c’est compliqué. On comprend pas toujours parce qu’il y a une tournure un peu spéciale ou un vocabulaire particulier (de l’argot par exemple). Mais très vite on s’y fait et on comprend toujours au moins le sens général.
Côté prix, les TPB sont moins chers et mieux fourni que leur équivalent VF, encore faut-il prendre en compte les frais de port et donc les prendre en compte. Et comme il a été dit, faire attention à son fournisseur, un comic ou un tpb arrive vite abimé pour peu qu’il n’ait pas été emballé avec soin ! Donc privilégier les vendeurs avec une bonne notoriété ou de bonnes évaluations (pour les ebayeurs par ex).
Par contre, j’apprécie aussi d’avoir parfois de la VF, par facilité souvent et pour le plaisir de la découverte. Et pour les séries en kiosque, c’est très rentable. Mais pas toujours selon comment on voit les choses. Parce que s’il y a 4 ou 5 épisodes dans un fascicule à 5€, encore faut-il partir du principe que tout va vous intéresser dans les épisodes fournis. Ce qui n’est pas forcément le cas et parfois loin s’en faut. Je pense que dans l’ensemble, ça reste quand même intéressant pour le prix, mais il faut parfois savoir choisir et pour ça, le mieux c’est de faire appel à l’avis d’autres fans de comics sur les forums/sites qui en parlent.
Et pour faire simple, la V.O ça permet de se rendre compte à quel point DC c’est génial.
Ouaip, c’est bien vrai ça ! 1 bonne raison de + ! et pas des moindres
Perso, je glisse tout doucement vers la VO. J’ai réduit le voilage de mes achats niveau panini (je reste sur Astonishing Xmen(cable), wolverine et Spiderman). Actuellement, je suis en VO, Marvels Project, avec des couvertures magnifiques (merci la vo).
)
Car c’est aussi ça la VO, avoir des covers superbes qui ne sont pas balafrées par un méchant code barre (ou un logo edition collector, un peu plus seyant il est vrai)
Inconditionel du tisseur, j’achète les amazing depuis le 600 (6 couvertures, mais bon, là je sais c’est un peu sado maso, mais j’y peux rien, je l’adooore), donc j’achèterai les spiderman VF jusqu’au 600, ensuite la bascule se fera vers la VO.
Mais ce qui m’a amené à acheter la VO c’est Stephen King. Depuis je décroche plus (dark tower, the stand, talisman, N). Il va m’avoir…
Niveau impression, rien à dire pour la VO, les pages ne comportent (jusqu’à présent) aucun défaut notable, ce qui n’est pas le cas des productions panini (pages froissées alors que la comics est sous plastique avec un beau poster, décalage des couleurs, problème d’impressions et j’en passe, et ce tous les mois)
Lisez de la VO, ça change tout. Mais comme vous pouvez le constater, je garde certaines série en VF, car elles sont tout simplement bon marché (et puis je ne suis pas rockfeller non plus, faut bien se limiter
bon article
+ 1 avec sullivan, la vo offre le choix et chez dc y’en a pas mal. Après je comprend que panini ne sorte pas du green arrow, du hawkman ( bien qu’il y est eu johns) ou the outsiders
Je ne suis les comics qu’en VF et cela a un avantage pour moi (au delà de mon niveau pathétique en anglais), c’est de pouvoir limiter mes achats… Mon portefeuille n’étant extensible à l’infini, cela dresse une limite physique.
Très bon article, j’ai récemment décidé de me remettre aux TPB en VO pour certaines séries alors que j’en continue certaines en VF.
Delcourt fait un bon boulot en ce qui concerne les adaptations en VF des séries Haunt et Image United, et bientôt le retour d’Invincible, par contre on ne trouve pas assez de titres DC traduits par exemple, dommage…
Donc je suis du même avis, si on le peux c’est intéressant de faire les 2 ^_-
Personnellement je préfère la VO car l’humour et les jeux de mots sonnent moins faux qu’en français et puis ça me permet de développer un sacré niveau d’anglais. En revanche le gros désavantage de la VO est qu’il est plus difficile de se procurer les comics un à un, on doit alors se tourner vers les TPB qui sont moins fréquents, l’attente est parfois trop dure à supporter (par exemple je vais devoir attendre encore 6 mois pour avoir la suite du TPB Buffy saison 8: Retreat, alors que les comics sont déjà parus…)