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[Review] Bertrand Keufterian #1

Après VHB et Spermag, l’éditeur Phylactères change à nouveau de registre avec le lancement de Bertrand Keufterian, un mélange rafraîchissant entre la science-fiction et la télé-réalité.

Couverture

 

bertrandkeufteriancouv [Review] Bertrand Keufterian #1

Synopsis

Des extraterrestres ont décidé d’envahir la Terre mais se voient défaits par l’humanité qui trouve de justesse le moyen de les confiner dans des lieux bien précis. Le seul souci c’est que certains de ces endroits sont des zones habitables (dont la ville de Metz). Du coup, des « dératiseurs » d’aliens voient le jour pour nettoyer ces places de leurs « nouveaux habitants »… Ces chasseurs deviennent des stars via des émissions de télé-réalité et beaucoup d’amateurs s’y essaient également… Notre héros, Bertrand Keufterian, sera l’un d’eux.

Critique

Après en avoir longuement entendu parler, j’étais curieux de découvrir ce nouveau venu de la scène « French Comics » qu’est Bertrand Keufterian. Nous sommes en 2011, à Metz, devenue une zone sinistrée depuis qu’une invasion d’aliens a eu lieu en 2008. Heureusement pour la race humaine, les envahisseurs ont été rapidement neutralisés et confinés dans des zones spécifiques. A partir de là, la télévision s’est emparée de l’affaire pour développer des émissions de télé-réalité où les spectateurs suivent des chasseurs ayant pour mission d’éliminer ces intrus, tout en épatant la galerie. Évidemment, l’appât de la célébrité attire bon nombres d’amateurs, dont Bertrand Keufterian, un homme banal, qui rêve de sa propre émission.

Ce premier numéro nous fait découvrir sa vie, qui n’est pas très exaltante. Quand ce n’est pas son pulseur, une arme émettant des ondes, qui ne fonctionne pas, c’est sa mère qui ne cesse de lui répéter qu’il ferait mieux de prendre exemple sur son frère et sa vie rangée, ce qui n’est pas du goût du héros. L’idée même de passer sa vie dans un bureau ne l’enchante guère et on le comprend. Je ne sais pas pour quelles raisons, mais ce personnage me parle. Il refuse de rentrer dans le moule de la société et veut réaliser ses rêves. C’est un peu ce que chacun de nous souhaiterait, mais hélas, nous sommes confronté à la dure réalité. Voilà sûrement pourquoi on s’attache aussi facilement à ce drôle d’individu pour qui on ne peut qu’éprouver que de la sympathie et une légère peine. De plus, son entourage lui ajoute de l’épaisseur et de la crédibilité.

Le scénario est bien ficelé et monte progressivement en intensité jusqu’à la scène finale, mettant en scène un protagoniste qui aura forcément un rapport avec notre cher Bertrand dans ses prochaines aventures. Néanmoins, on peut regretter que tous les éléments présents apparaissent un peu nombreux. Ils s’emboîtent parfaitement les uns aux autres, mais on sent que l’auteur a dû être contraint de tout caser dans un nombre de pages limitées.

Autre point à soulever, c’est le grand nombre de questions qu’on se pose à la fin de la lecture. Pour un premier volume, c’est tout à fait normal, mais avec le nombre d’informations exposées, il se peut que le lecteur soit frustré. A ce propos, il faut savoir que ce numéro 1 n’est que la première partie d’un arc, ayant pour nom Entrée en matière. On comprend ainsi pourquoi on peut éprouver ce sentiment d’être en face d’un récit coupé dans son élan. A mon sens, les deux numéros auraient mérité d’être dans un seul fascicule. C’est dommage, sans pour autant être dramatique.

Pour ce qui est du dessin, c’est très agréable à l’œil. Certains plans, tel que le Centre Pompidou, sont vraiment réussis, grâce à une mise en couleurs efficace, malgrè ce décalage de ton entre les deux facettes du héros. Il est vrai que j’ai eu l’impression d’un léger manque d’homogénéité, même si ce choix s’explique par la volonté de mettre en évidence la double vie de notre traqueur amateur.

En dehors de ces quelques détails, on trouve énormément de références. Parmi elles, on a X-files pour le côté mystérieux, la télé-réalité, District 9 avec les extra-terrestres rassemblés dans des lieux de confinement, Peter Parker et sa vie d’éternel adolescent vivant chez sa tante, ou encore le jeu de rôle puisque Bertrand est obnubilé par le fait de monter en niveau pour être le meilleur dans le classement des chasseurs. Il faut également ajouter des allusions à la ville de Metz, mais elles ne sont pas très nombreuses, ce qui ne gênera pas celui qui ne connaît pas la ville.

Bertrand Keufterian #1 nous propose une histoire riche, qui vous parlera d’une façon ou d’une autre. Même si elle n’est pas parfaite, c’est la meilleure lecture que j’ai entreprise dans  le domaine du « French Comics », car les thèmes qu’elle aborde avec du recul m’ont davantage parlé. La série ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais si, comme moi, vous aimez ce type d’ambiance un peu kitsh, vous serez certainement séduits.

Fiche technique

Bertrand Keufterian #1

Date de parution : 5 juin 2010
Scénario : Guillaume Matthias
Dessin : Guillaume Matthias
Éditeur : Phylactères
Prix : 3,80 €
Pages : 28

Aperçu

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5 Commentaires

  1. Roncevaux dit :

    J’ai trop envie de lire ta critique Fioutch, mais je dois m’empêcher et je peux le faire :)

  2. Fioutch dit :

    Je te rassure, il n’y a pas de spoilers ;)

  3. Oui j’ai peur que certains lecteurs se retrouvent frustré mais en même temps c’est le moteur de nombreuses séries et c’est bien ainsi que je compte fonctionner : des épisodes de 22 pages avec un fond feuilletonnant. Sinon y a un truc que j’ai pas compris : « Pour ce qui est du dessin, c’est très agréable à l’œil. Certains plans, tel que le Centre Pompidou, sont vraiment réussis, grâce à une mise en couleurs efficace, malgrè ce décalage de ton entre les deux facettes du héros.. » Quelles 2 facettes du perso ? Ce passage c’est un peu comme « quelle est la différence entre un pigeon ?… » ;o) Mais c’est vrai que toutes les planches ne sont pas aussi bien réussies. La raison est que je les ai travaillé dans le désordre pour que l’on ait pas des planches moyennes au début et qui s’améliorent vers la fin (car au fil du temps le style s’améliore)… Merci pour cette chouette review qui est honnête et résume plutôt bien ce premier épisode.

  4. Fioutch dit :

    Et bien en fait, les passages où Bertrand est au bureau, chez lui, bref quand on voit sa vie « banale », je trouve que la mise en couleurs n’est pas la même. Certes, cela s’explique par le fait que son activité de chasseur est nocturne et donc les scènes sont plus sombres, mais je trouve qu’il y a une différence dans la « consistance ».

    J’ai du mal à l’expliquer, mais j’ai l’impression que dans les scènes de vie « banale », les personnages sont plus « plats » alors que durant la nuit, ils ont plus de forme, de rondeur.

    C’est en ce sens que je dis qu’il y a un décalage, marquant les deux facettes de Bertrand ou plutôt ses deux vies ^^

  5. Oui effectivement c’est vrai… Surtout que les scènes de sa vie quotidienne il fait pas grand chose que causer avec son entourage, ça reste donc plutôt « statique » même si j’ai souvent essayé de faire un découpage sympa et attrayant. C’est normal donc oui on est d’accord ;)

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