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La 5G arrive et les inquiétudes quant à son impact sur la santé augmentent. Portées sur la scène politique par les Verts, ces craintes sont pour la plupart infondées. Explications avec deux spécialistes des vagues …

La 5G arrive et c’est effrayant. Considérée comme absurde par beaucoup, cette nouvelle technologie promet des vitesses spectaculaires et des latences minimales. Grâce à l’utilisation de nouvelles ondes, situées à 3,5 et 26 GHz, il pourrait bouleverser le monde des objets connectés avec l’apparition de voitures connectées, de lampadaires connectés, d’abribus connectés … Un monde complètement connecté qui subirait une multiplication des vagues circulant dans l’air. De quoi faire peur. En réponse, l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR) a étudié cette fameuse exposition aux vagues et en a compilé les résultats. en couple. Et ils sont clairs. La 5G ne nous exposera pas plus aux ondes radio que la 4G et les niveaux reçus seront bien inférieurs aux normes fixées en France. Bref, les experts sont clairs: “Il n’y a pas de quoi s’inquiéter“.

En conclusion de son rapport, l’ANFR assure que “l’augmentation de l’exposition due à la 5G seule (3,5 GHz) resterait modérée, en raison des antennes à faisceau directionnel. La contribution moyenne de la 5G (3,5 GHz) est donc de 1,36 V / m en extérieur et de 0,76 V / m en intérieur.“. Actuellement, les taux d’exposition moyens en 4G seule sont de 1,1 V / m en extérieur et de 0,6 V / m en extérieur. Extrêmement éloignés des seuils définis en France, situés entre 31 et 61 V / m , selon les fréquences utilisées, indiquant une absence d’effets biologiques ou sanitaires, il faudrait 30 à 60 fois plus d’exposition pour atteindre ces niveaux, ainsi que les points atypiques, moments où l’exposition augmente fortement, restent très. loin (de l’ordre de 6 V / m). “Ces résultats ne sont pas surprenants et sont finalement en ligne avec les attentes des spécialistes, il n’y aura pas d’augmentation significative des niveaux d’exposition.», assure Sébastien Point, président de la section sur les rayonnements non ionisants de la Société française de radioprotection.

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La 5G moins nocive que la 4G

Il faut également ajouter que la superposition des champs électriques, mesurés en V / m dans l’étude ANFR, n’aggravera pas la situation. “Les champs électriques s’additionnent assez mal, explique Sébastien Point. Ainsi, au centre de 10 sources produisant 1 V / m, le champ résultant ne portera pas l’exposition à 10 V / m mais la positionnera à 3 V / m“. L’arrivée de nouveaux objets connectés ne devrait donc pas provoquer une explosion d’exposition. D’autant que la 5G se distinguera de la 4G grâce à”faisceaux d’ondes réglablesLà où une antenne 4G pulvérise une large zone dans l’espoir de trouver une réponse, l’antenne 5G cible son interlocuteur et n’envoie des ondes que dans sa direction. De cette façon, la zone touchée reste minime. Et nous n’utilisons pas le son. Le smartphone suffira pour éviter d’être ciblé par les antennes.

Allant encore plus loin dans sa réflexion, l’ANFR a simulé une exposition à un réseau “4G optimisée, (…) avec conversion de la plupart des émetteurs 2G et 3G en technologie 4G et augmentation concomitante de la puissance pour augmenter les débits disponibles“. Dans ces conditions, l’exposition moyenne de la 4G s’élève à 1,8 V / m en extérieur et 1 V / m en intérieur. Des valeurs bien supérieures à la 5G seule.”Le scénario «4G optimisé» met en évidence qu’un éventuel retard de la 5G n’aurait pas pour effet de stabiliser l’exposition du public au niveau actuel, explique le rapport de l’ANFR. Elle s’accompagnerait en effet d’une augmentation significative de l’exposition dans les zones à forte densité, pour permettre au réseau 4G de tenter de supporter une partie de la croissance attendue du trafic.“.

Un seul effet prouvé, l’effet thermique

Pour obtenir ces résultats, les équipes de l’ANFR ont travaillé dans le 14ème arrondissement de Paris avec des simulations réalisées en collaboration avec le Centre Technique et Scientifique de la Construction. “Ces niveaux d’exposition ne sont pas surprenants, car au final les fréquences 5G (3,5 GHz), on les connaît bien, assure Yves Le Dréan, professeur-chercheur à l’Institut de Recherche en Santé, Environnement et Travail (IRSET) . Ils sont proches de ce que propose le Wi-Fi (positionné à 2,45 GHz et 5 GHz; ndlr) et ont été beaucoup étudiés.“.”Aujourd’hui, il existe une base de connaissances suffisamment large pour affirmer que les conditions d’exposition aux ondes de téléphonie mobile ne présentent pas de risque sanitaire, poursuit Sébastien Point. Scientifiquement parlant, le seul effet santé prouvé est un effet thermique. Les vagues chauffent les molécules d’eau qui tournent ou vibrent par conséquent. Mais cet effet ne se manifeste que lorsque l’on dépasse significativement les limites réglementaires et, comme le confirment les mesures ANFR, on en est très loin.“. Et même s’il y avait un effet biologique,”Cela ne veut pas dire que cela va se transformer en effet santé, poursuit Yves Le Dréan. Quand nous courons, nous haletons. C’est un effet biologique, mais pas pour la santé, cela ne met pas la santé en danger.

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Innocuité totale difficile à prouver

En revanche, les études d’ondes millimétriques 5G (26 GHz) sont beaucoup plus rares. Ils peuvent être comptés “presque sur les doigts d’une main“Selon Yves Le Drean. Pour rappel, c’est ce deuxième type de 5G qui promet les vitesses et les latences les plus spectaculaires. Mais cela ne veut pas dire que.”que l’on ne sait rien du sujet, poursuit l’enseignant-chercheur. On connaît les ondes proches, à 40 GHz, et leurs effets sont nuls ou très faibles. Par extrapolation, 26 GHz doit être très proche en conséquence“D’autant que les ondes millimétriques ont un pouvoir de pénétration extrêmement faible.”La vague ne pénètre pas dans les organes internes et doit être absorbée par la peau“, ajoute Yves Le Drean.”Le moindre obstacle arrêtera l’onde millimétrique, un vêtement mouillé l’arrêtera», A relancé Sébastien Point. Globalement, les effets thermiques de la 5G seront encore moins fréquents que ceux de la 4G.

Malgré toutes ces bonnes nouvelles, les experts nous rappellent qu’il ne faut pas revendiquer la victoire trop rapidement. “Le moratoire qui est demandé pour suspendre une étude qui démontre une innocuité totale est un piège car l’existence d’un cas particulier ne peut jamais être exclue en principe, explique Sébastien Point. La science ne peut pas prouver un manque total d’efficacité, alors n’attendez pas une grande étude qui exclut définitivement tous les risques possibles. Mais la réalité est que la grande majorité des études indiquent une absence de risque pour la santé.“.”Notre seule question concerne le long terme, précise Yves Le Drean. Malheureusement, sur ce sujet, nous n’avons pas encore le recul pour avoir des preuvesEn fait, il n’existe actuellement que des études épidémiologiques, qui permettent de suggérer des corrélations entre des zones très denses de télécommunications et l’émergence d’un cancer du cerveau. Il ne s’agit en aucun cas d’une relation de cause à effet, celles-ci pourraient être causées par des facteurs externes. Enfin, les deux experts conviennent que “il n’y a pas besoin de s’inquiéter de la 5G“.

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La peur ancestrale de la technologie

Alors d’où viennent toutes ces rumeurs contestant les ondes? D’autres études. “Il existe plusieurs documents qui montrent des dangers biologiques, mais ils sont souvent contestables, à la fois pour leur méthodologie, mais aussi pour la faible reproductibilité de leurs résultats.“, précise Sébastien Point. En 2018, l’étude du National Toxicology Program a fait sensation, avançant”preuve claire«L’effet cancérigène des ondes de télécommunication chez les rongeurs. Mais cela s’est finalement avéré controversé en raison des faiblesses des procédures suivies par les auteurs.Anses avait terminé en 2011 toutes les études qui ont identifié des effets néfastes pour les ondes, et peu d’entre elles ont été réalisées selon les règles de l’art. “Enfin nous revenons à une peur ancestrale de la technologie», regrette Yves Le Drean.