Alors que le livre « Becchini » suscite l’indignation, la France enquête sur Orpea

Le gouvernement français lance une série d’enquêtes sur Orpea SA après qu’un livre sur des allégations de maltraitance de personnes âgées dans ses maisons de retraite a fait sensation.

Dans « Les Fossoyeurs », l’auteur Victor Castanet décrit le quotidien des pensionnaires d’une des maisons de retraite les plus huppées d’Orpea, surplombant la Seine dans l’élégante banlieue parisienne de Neuilly, où les patients paient jusqu’à 12 000 euros (13 500 dollars) par mois. . À travers des entretiens avec le personnel, il dresse le portrait d’une résidence avec une « terrible odeur de pisse » et rationnant les repas et les couches même pour les malades, les cadres obsédés par le profit se souciant peu du bien-être des patients.

Le livre, qui a mis en déroute les actions d’Orpea et dominé les talk-shows aux heures de grande écoute en France, a forcé le gouvernement à agir. Les enjeux sont importants avec le président Emmanuel Macron qui risque d’être réélu en avril et doit prêter attention à la démographie croissante des personnes âgées à mesure que la France, comme le reste de l’Europe, vieillit.

« Nous allons interroger l’ensemble du groupe », a déclaré mardi à la radio France Inter Brigitte Bourguignon, la vice-ministre chargée de la politique des hauts dirigeants, avant une réunion avec la haute direction du club. Il a qualifié sa réaction au livre de « dégoût ».

Orpea, qui avait initialement qualifié les allégations de fausses, scandaleuses et préjudiciables, tente maintenant de rétablir une confiance brisée. Dimanche, il a évincé son directeur général et a annoncé qu’il engageait Grant Thornton et Alvarez & Marsal pour mener une étude indépendante sur les allégations.

Le nouveau PDG Philippe Charrier, qui a salué les enquêtes et promis une plus grande transparence, a cependant rejeté certaines des affirmations contenues dans le livre, a rapporté l’Agence France-Presse.

« Ce que nous avons lu ne correspond pas du tout à la réalité de la vie dans nos institutions », a-t-il dit. « Nous savons déjà que de nombreuses allégations sont infondées. J’en ai la preuve formelle et documentaire.

Le livre a suscité l’indignation dès la publication des extraits dans le journal Le Monde du 24 janvier, faisant basculer les actions d’Orpea et de son rival Korian SA.

Alors que des histoires occasionnelles de maltraitance des personnes âgées dans les maisons de retraite ont fait la une des journaux dans le passé, la profondeur et l’ampleur des mauvais traitements énumérés dans le livre sont devenues difficiles à ignorer.

« Les accusations sont nombreuses » et les mauvais traitements « semblent malheureusement inhérents au secteur, public comme privé », écrivent dans une note les analystes de Portzamparc, dont Gaetan Calabro. « Ils lèvent le voile sur un système de contrôle inadapté ».

Les problèmes soulevés dans le livre renvoient à un problème plus large auquel les États européens seront confrontés alors qu’ils dépendent de plus en plus des maisons de retraite privées pour leurs populations vieillissantes, malgré les systèmes de santé financés par les impôts de la région.

Bourguignon a déclaré que les agences régionales de santé françaises procéderont à des inspections de toutes les maisons de retraite d’Orpea et que les enquêtes seront à la fois administratives et financières.

Les premiers résultats de la sonde devraient être publiés dans environ trois semaines. Le gouvernement va revoir ses processus de certification, d’audit et éventuellement d’imposition d’amendes dans les Ehpad, a déclaré le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal à la radio France Info.

Les exploitants français de maisons de repos avaient déjà été dépistés au début de la pandémie pour des taux de mortalité élevés dans certains établissements.

Le rival d’Orpea, Korian, a également été mis sur la défensive. La directrice générale, Sophie Boissard, a déclaré mardi à France Info que l’entreprise n’avait jamais rationné les fournitures telles que les couches pour adultes ni donné la priorité aux bénéfices par rapport aux soins des résidents.

Répondant aux questions à ce sujet au Parlement mardi, le Premier ministre Jean Castex a convenu que « de meilleurs contrôles et des contrôles plus fréquents sont nécessaires », affirmant que son gouvernement est « à la hauteur de la tâche ». Il a toutefois ajouté qu’« il existe de nombreuses maisons de repos en France qui traitent merveilleusement leurs résidents. Ils ne peuvent pas tous être mis dans le même panier.

Le titre Orpea a clôturé à Paris en hausse de 3,4%. L’action a perdu plus de la moitié de sa valeur depuis que les allégations ont fait surface le 24 janvier. Korian a perdu 26 % sur la même période, bien que le titre ait rebondi par la suite, clôturant en hausse de 5,6 %.

Fondée en 1989, Orpea est devenue publique en 2002. L’Office d’investissement du régime de pensions du Canada est l’un de ses principaux actionnaires, avec une participation de 14,5 %. Un porte-parole du CPP a refusé de commenter Orpea lorsqu’il a été contacté par Bloomberg News.

Orpea exploite 1 156 sites dans 23 pays, dont la France, l’Italie, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Luxembourg et la Russie. Il compte plus de 116 500 lits et une présence en Chine et en Amérique latine, selon son site Internet.

Les mesures qu’Orpea a prises pour s’attaquer aux problèmes recensés dans « Les fossoyeurs » sont « notables mais insuffisantes pour rassurer », écrivent les analystes de Portzamparc, déclassant le titre. (Bloomberg)

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