Avec le nouveau « super ministre », l’Argentine cherche une solution politique aux problèmes économiques

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Buenos Aires (AFP) – Le président argentin Alberto Fernandez cherche une solution politique à la crise économique du pays avec la nomination d’un politicien de longue date comme nouveau « super ministre », selon les analystes.

Le pays sud-américain a subi des années de crise économique, avec environ 37% de sa population vivant désormais dans la pauvreté.

L’inflation pour le seul premier semestre de cette année a dépassé 36 % et devrait atteindre 80 % d’ici la fin de l’année.

Dans ce contexte de crise, Fernandez a nommé jeudi Sergio Massa, l’actuel chef de la chambre basse du Congrès, le nouveau super ministre chargé de superviser les ministères de l’économie, du développement et de l’agriculture, ainsi que les relations avec les organisations internationales.

Massa, avocate de profession qui a passé des années en politique, remplace l’économiste Silvina Batakis, qui travaillait depuis moins d’un mois.

« Massa n’est pas un économiste mais un politicien. Mais le fait est que la crise argentine est politique, il a besoin d’une personne avec de larges épaules et des compétences politiques », a déclaré à l’AFP l’analyste Carlos Fara.

L’un des plus gros problèmes de l’Argentine est la lutte de pouvoir en cours au sein de la coalition politique au pouvoir Frente de Todos entre Fernandez et la vice-présidente Cristina Kirchner, elle-même ancienne présidente.

Début juillet, le prédécesseur de Batakis, Martin Guzman, a soudainement démissionné au milieu des troubles politiques.

Guzman, qui a été chargé de renégocier la dette de 44 milliards de dollars de l’Argentine envers le Fonds monétaire international, était un proche allié de Fernandez.

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Cependant, « Massa apporte un consensus suffisant à la direction de la coalition au pouvoir Frente de Todos et peut être en mesure de prendre des décisions qui ne sont pas populaires », a déclaré Fara.

Nomination « pragmatique »

Les marchés n’ont pas faibli vendredi, un jour après la date.

« La réaction des marchés a été positive car ils voient Massa comme une figure pragmatique qui entretient de bonnes relations avec les entrepreneurs et les marchés », a déclaré à l’AFP l’économiste Nery Persichini du cabinet de conseil GMA Capital.

Massa prendra ses nouvelles fonctions mardi après que la Chambre des députés aura nommé son successeur. Il annoncera alors ses premières mesures le lendemain.

« C’est très important pour un politicien de s’occuper de l’économie. Mettre les techniciens aux commandes n’a pas fonctionné. Cela va générer la paix sur les marchés, c’est une démarche pragmatique », a déclaré Pablo Tigani, directeur du cabinet de conseil économique Hacer. a déclaré à l’AFP.

Fernandez a déclaré que la nouvelle nomination au poste de super-ministre vise à créer une « meilleure coordination » de la politique économique.

Dans le cadre des négociations de l’Argentine avec le FMI, l’Argentine s’est engagée à réduire son déficit public de 3 % en 2021 à 0,9 % d’ici 2024.

L’un des défis les plus difficiles de Massa sera d’augmenter les réserves internationales disponibles de l’Argentine, qui, selon les analystes, sont à des niveaux critiques, ainsi que de réduire le déficit budgétaire.

« Je ne suis pas un sauveur. La politique n’a pas besoin de sauveurs, elle a besoin de serviteurs », a déclaré Massa sur Twitter.

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« Les problèmes de l’Argentine ne peuvent pas être résolus par une seule personne, ils seront résolus par un travail d’équipe. »

Le gouvernement n’a pas de « direction »

Persichini déclare que « des doutes entourent la véritable capacité de Massa à réduire les dépenses publiques et à atténuer le déficit budgétaire.

« Les marchés se demandent si le nouveau super-ministre a le soutien de la vice-présidente Cristina Kirchner pour procéder à un ajustement et corriger les déséquilibres de prix liés ».

La discipline budgétaire n’a jusqu’à présent pas réussi à protéger les Argentins les plus pauvres des ravages d’une inflation galopante qui sape leurs maigres revenus.

Des milliers de personnes ont manifesté jeudi à Buenos Aires pour réclamer un « salaire universel ».

Les manifestants réclament un salaire minimum vital de 67 000 pesos (environ 490 dollars au taux de change officiel), ce qui équivaut au coût de deux paniers alimentaires de base, pour les revenus les plus bas du pays.

« C’est comme si le gouvernement n’avait pas de direction, c’est en train de se noyer. Je suis très inquiet du manque d’emplois, de l’incroyable inflation », a déclaré à l’AFP Nestor, un chômeur de 54 ans.

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