Mauvaise surprise ce lundi 21 septembre pour Bernard Tapie à la veille de délais légaux importants. Vers 11 heures, l’entrepreneur, qui deux jours plus tard doit assister à l’audience d’appel pour la liquidation de son bien prononcée le 30 avril par le tribunal de commerce de Bobigny, est prévenu que l’ingénieur Enedis est à la porte de sa villa en Quartier Saint-Germain-des-Prés à Paris.

«Je l’invite à entrer», raconte Bernard Tapie, «je lui offre un café et il m’explique qu’il a reçu un mandat d’EDF pour couper mon électricité. Il était étonné de me voir, il n’avait pas fait le lien entre la société GBT (NDLR: Groupe Bernard Tapie) et moi. L’ancien ministre demande à parler à un responsable d’Enedis. «Je lui ai expliqué que la liquidation judiciaire de ma propriété n’est pas définitive et, de plus, je paie mes factures de gaz et d’électricité. C’est fou, ils ont essayé de couper mon électricité », Bernard Tapie se laisse entraîner, en colère contre ses créanciers CDR, l’agence de règlement de la dette de l’ancien Crédit Lyonnais, et l’agent. tribunal qui a ordonné l’intervention.

Contacté par notre journal, le technicien Enedis, Olivier V., confirme la version de l’ancien patron de l’OM. «Je suis intervenu à la demande du service de recouvrement d’EDF pour la résiliation du contrat et, sur mon dossier, il a été signalé que c’était dans le cadre d’une liquidation judiciaire», explique-t-il. M. Tapie, qui m’a également accueilli chaleureusement, m’a expliqué qu’il était illégal de couper l’électricité. “

“Ce qu’ils veulent, c’est ma peau”

Le technicien le signale à son supérieur qui décide d’annuler l’intervention. «C’est le représentant légal et non le fournisseur d’électricité, en l’occurrence EDF, le seul décideur. Une résolution dans ce cas n’était pas nécessaire “, a déclaré Olivier V., ému par sa rencontre avec Tapie.” J’ai été ému de le voir dans cet état et, franchement, je trouve dégoûtant de le poursuivre alors qu’il est également handicapé physique. “

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L’épisode est dans la gorge de Bernard Tapie, qui, à 77 ans, se bat contre un cancer métastasé. Dans l’interminable affrontement juridique entre lui et la CDR et le procureur dans l’arbitrage contesté de 2008 après la revente contestée d’Adidas par le Crédit Lyonnais en 1993, il y voit une nouvelle preuve de l’imparable de ses adversaires. «Ce qu’ils veulent, ce n’est pas récupérer l’argent prétendument volé aux contribuables, c’est ma peau», déclare-t-il régulièrement. Condamné en 2015 à rembourser 404 millions d’euros, obtenus grâce à l’arbitrage litigieux de 2008, Bernard Tapie a proposé plusieurs plans de remboursement tous contestés par les tribunaux.

Dans la balance, l’ancien chef de l’OM avait mis sa villa «La Mandala» à Saint-Tropez, estimée à 75 millions d’euros, son moulin de Breuil en Seine-et-Marne, évalué à 5 millions d’euros. euros, et a présenté une promesse au tribunal de vendre l’hôtel de Cavoye à Paris pour 80 millions d’euros. “Je veux vendre ma villa parisienne, mais le parquet s’est opposé à la vente, tout comme ils se sont opposés aux saisies criminelles effectuées par le juge Tournaire et libéré de mon acquittement pour payer à l’avance les dettes réclamées par la CDR comme il avait proposé de le démontrer ma bonne foi “, s’indigne l’ancien chef de l’OM. Qui conteste encore le montant de sa dette.” En France les 404 millions sont devenus 570 millions d’euros alors que j’ai reçu en tout 270 millions d’euros de arbitrage. “

Tapie attaque Bruno Le Maire

A la veille de son audition devant la cour d’appel de Paris, il pousse également une diatribe contre le ministère des Finances. “Bruno Le Maire, qui fait de grands discours pour sauver les entreprises françaises, a accepté, à travers le CDR, que plus de 80 millions de personnes se rendent en Belgique”, où justice pour cette affaire tentaculaire a également été saisie. «Dieu merci, conclut Bernard Tapie, le président du tribunal correctionnel a décidé de suspendre la procédure. Les magistrats sont fatigués d’être manipulés par des procureurs dans la botte du pouvoir. A bientôt, monsieur le maire!

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Après cette nouvelle audience, Bernard Tapie aura un autre rendez-vous avec la justice. Libéré en juillet 2019, après un procès très médiatisé, accusé de «fraude» et de «détournement de fonds» dans l’affaire d’arbitrage pour laquelle le parquet avait demandé 5 ans de prison, il sera de nouveau jugé en appel à partir du 12 octobre en compagnie de Stéphane Richard, PDG d’Orange, et quatre autres prévenus comme lui ont été libérés en première instance.