le compte Facebook Alexia Fouillot-Daval est toujours accessible, trois ans après sa mort. Vous pouvez faire défiler l’album photo de sa vie avec celui qui deviendra son assassin et qu’elle surnomme Thann dans les commentaires: les deux visages encore potelés, collés ensemble, le mariage à la basilique de Gray (Haute-Saône), la lune de miel sur une île du Pacifique, le chat du couple dit “Happy”. .. Tout cela est plus classique et fluide pour un nouveau couple. La fin de l’histoire l’est beaucoup moins. Il se termine devant la cour d’assises de la Haute Saône, qui jugera Jonathann Daval du lundi 16 novembre.

Avant le début du procès, les jurés connaîtront l’essentiel, compte tenu de la couverture médiatique exceptionnelle de cette affaire. En discussion: la mise en scène orchestrée par l’accusé, qui a tenté de déguiser son crime dans une nouvelle affaire de jogger assassiné. Un mensonge en face et malgré toute la France, qui restera dans les annales judiciaires. Pendant les trois années d’éducation, de la confrontation à la reconstitution historique, le veuf endeuillé a fini par porter le costume du meurtrier et admettre tous les faits. Mais l’enquête n’a pas éclairci toutes les zones grises de «l’affaire Daval».

Le premier mystère qui reste est le déroulement précis de cette fameuse nuit du 27 au 28 octobre 2017, celle au cours de laquelle Alexia Daval a été tuée. Après de multiples dénégations, Jonathann Daval a fini par fournir un récit assez détaillé: de retour d’une raclette chez la famille Fouillot, le couple est retourné dans le pavillon qu’il occupait à Gray-la-Ville. Rapports sexuels rejetés par Jonathann Daval serait le déclencheur. “Elle a commencé à penser à moi. Que je n’ai jamais voulu coucher avec elle. Que je n’étais pas un homme et que ce n’était pas bien qu’elle reçoive un traitement. Que je ne voulais pas de bébé avec elle. Elle.”il a dit aux enquêteurs. Selon lui, sa femme le bat, le maudit et confisque ses clés de voiture. Jonathann Daval la repousse, jusqu’à ce qu’ils se retrouvent dans les escaliers menant au garage.

Alexia Daval continue, assure-t-il, de lui donner des coups de pied et de l’insulter, avant de le mordre au biceps. “C’est là que je me suis mis en colère. La morsure et les insultes.” Jonathann Daval admet qu’il l’a “frappé plusieurs fois avec la main gauche et la main droite au visage” puis se cognant la tête contre le mur à plusieurs reprises. “Je voulais qu’elle se taise.” Puis il attrape son cou et la serre “quatre à cinq minutes”.

Jonathann Daval “garder le silence” sa femme ou la tuer? Pour le juge d’instruction, l’intention de meurtre ne fait pas l’objet de discussion, étant renvoyée devant la cour d’assises pour «meurtre du conjoint». Même pour les parties civiles, aucun doute n’est permis.

«Quel que soit le contexte, n’étrangle pas quelqu’un pendant cinq minutes pour le faire taire.

Gilles-Jean Portejoie, avocat de la partie civile

vers franceinfo

Avocat de la défense, moi Randall Schwerdorffer, il avait demandé le reclassement des faits comme “violence volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner”. Jonathann Daval “parle d’un manque d’intention de tuer. Tout cela sera soigneusement examiné” par la cour d’assises, souligne son avis à franceinfo.

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L’autre question qui hante les parents de la victime, ce sont les mensonges qui ont suivi ce que leur ancien beau-fils présente comme un geste. “colère”. Une histoire réfléchie et opportune, étant donné qu’il s’était occupé de l’écriture du scénario pendant les deux jours suivant la disparition d’Alexia Daval. Une feuille de triche écrite une semaine après le fait que les gendarmes trouveront sur son ordinateur. Après avoir tué sa femme, Jonathann Daval enfile ses baskets de sport, donne ses lunettes, charge le corps dans le coffre de sa voiture de société et part le laisser dans la forêt de Velet-Esmoulin. Il met le feu au corps, recouvert d’un drap. Ensuite, des SMS vers et depuis le téléphone portable de sa femme, avant de signaler sa disparition.

Une enquête minutieuse sera nécessaire pour collecter les éléments matériels qui l’impliquent: le localisateur GPS dont la voiture de société était équipée, la broderie sur la feuille, qui appartenait aux grands-parents d’Alexia Daval, et la bombe aérosol utilisée. incendié, trouvé dans le pavillon du couple. Pendant ce temps, Jonathann Daval semble inconsolable. Lors de conférences de presse ou de marches blanches, puis à l’enterrement de la basilique – celle-là même où ils se sont mariés – il n’est qu’un visage en larmes. Soutenu par la belle-famille, qui le considère toujours comme le “gendre idéal”.

Il a plusieurs visages. (…) Il voulait rester le fils avec nous, sans aucun doute. Il voulait remplacer Alexia. Il fait froid derrière “, témoigne aujourd’hui Isabelle Fouillot, qui a appelé “maman”. La pièce se termine après trois mois. Placé en garde à vue, Jonathann Daval avoue lors de la cinquième audience, le 30 janvier 2018. Mais il prétend qu’il s’agit d’un accident. Donc ça n’a pas brûlé le corps. Six mois plus tard, il s’est rétracté et a inculpé son beau-frère, Grégory Gay. «Comment ce Jonathann qu’ils aimaient tant, avec qui ils partageaient tout, pouvait-il venir tuer dans ces conditions, brûler dans ces conditions, mentir dans ces conditions, accuser Grégoire dans ces conditions? C’est une succession de comportements aussi grotesques soit-il. abject “, observe Gilles-Jean Portejoie.

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Que disent ces dissimulations sur sa personnalité? Selon un psychologue expérimenté, Jonathann Daval, “qui se présente sous la forme d’un chien battu”, “stu es fragile, dépendant et soumis “, ce serait en fait “un homme déterminé, plutôt dominant, capable de se mettre en colère, voire agressif”.

“Il peut devenir un simulateur pour préserver son ego et éviter que son image ne soit détruite aux yeux des autres.”

Tony Arpin, psychologue expérimenté

dans un rapport de juin 2018

Un autre psychiatre expérimenté, dont le rapport a été rapporté par Point (article pour les abonnés), insiste sur cette notion d’image. “Bien sûr, il y avait [dans ces accusations infondées] une dimension de manipulation et une volonté de se défendre (…), mais ces explications sont insuffisantes. Nul doute qu’il était également nécessaire de réprimer une agression qui avait été révélée, Analyse de Jean Canterino. Dans l’obsessionnel il y a une répression de l’agression ». Jonathann Daval, qui a grandi chez un frère sans père de sept ans, a développé un trouble obsessionnel-compulsif (TOC) depuis son enfance, avec des rituels de vérification et une obsession de la propreté et de l’ordre.

Quand il rencontre Alexia Fouillot à 20 ans, en 2004, c’était un jeune homme calme, modeste et réservé qui portait un corset pendant deux ans, souffrait d’allergies et d’infections cutanées. Devenez un beau garçon, séduit l’étudiant, de quatre ans son cadet. Les deux tourtereaux ne se sépareront jamais. Il est devenu technicien de maintenance informatique, a travaillé comme représentant du service client dans une banque. Ils partagent leur amour du sport, le projet de fonder une famille, d’acheter la maison des grands-parents d’Alexia et de commencer à y construire une piscine. Mais que se passe-t-il derrière les murs, dans l’intimité du couple? Ce sera l’autre question centrale de ce processus.

Selon Jonathann Daval, les relations avec sa femme se sont détériorées à mesure que leur désir d’avoir un enfant se matérialisait lentement. Il affirme qu’Alexia Daval est devenue violente avec lui quand il a commencé à prendre une hormonothérapie et qu’il souffrait de dysfonction érectile. Il assure ce que faisait sa femme “crise d’hystérie”, suivie d’une amnésie. Dans ses messages téléphoniques, inclus dans le dossier, Alexia Daval ne les mentionne jamais “crise”. Mais il partage ses difficultés en couple. À Jonathann, elle gronde ses heures de travail, voir sa mère, son impuissance. À ses proches, elle avoue: “Ne pouvant pas être heureux, j’apprends à vivre comme ça.” OU : “Tout est de ma faute, je suis ennuyeux. En colère. Je ne peux pas avoir d’enfants … Mon mari ne veut pas de moi … la peur …”

Un rendez-vous avec un neurologue en mars 2017 confirme son existence “d’inconfort pendant plusieurs heures “ à Alexia Daval, y compris “elle n’a pas de mémoire”. Ils sont accompagnés de“un goût métallique dans la bouche”, de “troubles du comportement avec troubles de la parole, agressivité envers le conjoint”. Si la thèse d’empoisonnement a été brièvement envisagée – des traces de tramadol, un analgésique jamais prescrit à la jeune femme, ont été retrouvées dans ses cheveux – les experts nommés par la justice semblent plutôt privilégier les troubles du comportement liés à “conjuguer”, souffrance psychologique liée à des relations conjugales difficiles.

Conclusions intéressantes pour la défense. «Ils étaient terriblement attachés les uns aux autres, très proches, mais peut-être incompatibles, suggère l’avocat de Jonathann Daval. C’était un couple qui a beaucoup souffert ».

“Ce qui est crucial, c’est de comprendre les détails de la transition vers l’acte. Comment, dans une histoire de couple, parvient-on à cette fin dramatique? Rien ne prédestinait Jonathann Daval à se retrouver dans un tribunal” assis “.

Randall Schwerdorffer, l’avocat de Jonathann Daval

vers franceinfo

Une lecture du dossier rejeté en bloc par les parties civiles, qui voient tous les aspects d’un fémicide dans la mort d’Alexia Daval. «Chaque fois qu’une femme est tuée par son mari, elle le cherche. C’est le discours éternel, proteste Gilles-Jean Portejoie. Il n’y a pas de bonne défense lorsque vous salissez la mémoire de la victime. “” C’est dur de dire qu’Alexia a été dure avec moi quand elle n’est plus là pour en parler., Jonathann Daval lui-même avait reconnu devant le psychiatre. Affrontez la vie en prison.

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