La recherche des cas de contact des personnes infectées par le SRAS-CoV-2 est devenue une tâche presque impossible pour les brigades en charge. Plus de 30 000 cas positifs ont été dénombrés le 15 octobre, soit un doublement en quinze jours. Avec une moyenne de 2,8 cas de contact par «patient zéro», cela représente plus de 110 000 appels qui doivent être effectués par les agents de Medicare dans un délai de vingt-quatre heures. Face à ces listes qui s’allongent de jour en jour, le tracking pourrait vite perdre du terrain: selon les données publiées ce mardi 13 octobre par Medicare, déjà 19% des cas de contact ne sont pas atteints à temps et dans l’heure.

Ce chiffre est d’autant plus inquiétant qu’une grande partie des cas de contact sont déjà sous le radar de Medicare. La moyenne de 2,8 est probablement très sous-estimée, et s’explique par le fait que zéro patient – par oubli ou omission – ne répertorie pas tous ses contacts au moment de l’enquête. Résultat: malgré les efforts des brigades, la plupart des chaînes de contamination ne sont pas détectées. Selon le point épidémiologique de Santé publique France du 15 octobre, près de 75% des cas nouvellement identifiés ne sont liés à aucun cas connu.

L’efficacité du traçage varie considérablement d’une région à l’autre: en Ile-de-France, près de 80% des nouveaux cas n’ont aucun lien avec des cas connus, tandis qu’en Pays de la Loire «Solo» 60% échappent au radar. Parmi ces cas qui semblent sortis de nulle part, certains peuvent être des contacts de patients connus de Medicare, qui ont préféré alerter leur entourage en marge de l’enquête officielle. D’autres peuvent apparaître lors d’opérations de dépistage, ou à la suite d’une chaîne de contamination non rompue (un cas de contact non testé n’a pas été isolé).

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Les sondages autour des clusters sont bloqués

Les enquêtes sur les grappes sont également bloquées. “Leur nombre identifié est probablement largement sous-estimé”, note Santé publique France dans son point épidémiologique. «La forte activité observée ces dernières semaines entraîne un retard dans la validation et la notification des clusters. La dynamique du nombre de notifications par semaine n’est donc plus un indicateur pertinent pour suivre l’épidémie “, c’est spécifié.

Bien qu’ils ne soient que la partie visible de l’iceberg, ces grappes sont déjà difficiles à suivre pour les enquêteurs des agences régionales de santé responsables des enquêtes communautaires. En Ile-de-France, où l’incidence dépasse désormais 300 cas pour 100 000 habitants (plus de 400 à Paris), le nombre de cas à traiter a décuplé ces deux derniers mois, passant de 20 cas par jour. Août à plus de 200 fin septembre. Conséquence: début octobre, plus de 800 étaient en attente de soins, principalement à Paris et en Seine-Saint-Denis.

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