Le coronavirus est un fichier “signal d’alarme” pour la communauté internationale, le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré lundi 5 octobre, appelant à une accélération de la réforme de l’organisation à l’ouverture d’une session extraordinaire de son conseil exécutif sur la réponse à Covid- 19. Tedros Adhanom Ghebreyesus a également vigoureusement défendu le travail accompli par l’OMS, accusée notamment par le président américain Donald Trump d’incompétence dans la gestion de la pandémie, qui a fait plus d’un million de morts.

A ses côtés, le directeur OMS des urgences sanitaires, Michael Ryan, a expliqué qu’environ 10% de la population mondiale aurait pu être infectée, soit environ 780 millions de personnes et doubler les chiffres officiels.

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“Que peut-on ameliorer?”

M. Tedros a défendu la réforme qu’il a mise en œuvre au cours des trois dernières années d’une organisation qui a été accusée de sous-estimer l’ampleur de la crise Ebola en Afrique de l’Ouest entre fin 2013 et 2016. Mais il a appelé à une réforme plus rapide. encore plus efficace:

«Nous ne sommes pas sur la mauvaise voie, (…) mais nous devons aller plus vite. La pandémie est un appel au réveil pour nous tous. Nous devons tous nous regarder dans le miroir et nous demander ce que nous pouvons faire de mieux. “

Cette réunion extraordinaire de deux jours du Comité exécutif de l’OMS, qui rassemble des représentants de 34 pays élus pour un mandat de trois ans et chargée de préparer et de mettre en œuvre les décisions des membres de l’organisation, n’est que la cinquième de son histoire. .

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Il a été convoqué par l’OMS en réponse à une résolution adoptée par les États membres en mai, qui prévoit un “Évaluation indépendante” la réponse de l’agence des Nations Unies et de la communauté internationale à la pandémie. “Le monde a besoin d’un solide système d’évaluation par les pairs”, a souligné le chef de l’OMS, citant en exemple l’Examen périodique universel institué par le Conseil des droits de l’homme, examen auquel tous les membres de l’ONU doivent se soumettre régulièrement.

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Projets de réforme discutés en novembre

L’OMS a déclaré l’alerte mondiale le 30 janvier contre Covid-19. L’institution a depuis fait l’objet de vives critiques, notamment de la part des États-Unis, pour avoir retardé la déclaration de l’état d’urgence, alors que le coronavirus a été signalé fin décembre en Chine.

L’organisation a également été critiquée pour des recommandations jugées tardives ou contradictoires, notamment sur l’utilisation du masque ou sur la manière dont le virus se transmet. D’autres ont également souligné que l’organisation manquait à la fois de ressources budgétaires et d’indépendance vis-à-vis des États.

Lundi, le représentant autrichien, Clemens Martin Auer, a salué la réponse rapide de l’OMS au Covid-19 et les efforts déployés par l’organisation en termes de“information”, mais a appelé à une révision de sa gouvernance. “Nous aurions aimé nous rencontrer plus tôt”dit-il en particulier. “Le conseil est un organe actif ou une façade pour exprimer sa gratitude [des pays] face au travail que vous faites? “

Ces dernières semaines, plusieurs pays ont entamé une réflexion sur une réforme de l’OMS, comme les États-Unis et le couple franco-allemand. “Nous espérons profiter de cette session extraordinaire pour commencer à transformer ces nombreuses bonnes idées en action”, le représentant américain, Brett Giroir, secrétaire adjoint à la santé, a révélé en visioconférence.

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Ces projets de réforme seront également discutés par les 164 membres de l’OMS en novembre. A cette occasion, les pays discuteront également des conséquences du retrait des Etats-Unis, principal donateur de l’agence. “C’est un sujet qui nous inquiète beaucoup”, a déclaré le représentant de la Russie, en vidéoconférence, tandis que le représentant de l’Autriche a exprimé ses craintes “Affaiblissement” de l’OMS.

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Le monde avec l’AFP