Doit-on continuer d’élever des millions d’animaux exclusivement pour la chasse? C’est la question que le sondage publié le jeudi 24 septembre par L214. Les émissions de l’Association pour la défense des animaux images obtenues sur une ferme située à Missé (Deux-Sèvres) par Gibovendée, l’un des leaders du marché. Des dizaines de rangées de cages s’étendant sur des centaines de mètres, avec des dizaines de milliers de faisans et de perdrix reproducteurs à l’intérieur … “Ces images confirment ce que j’ai vu dans de nombreuses petites fermes, dit le naturaliste et militant anti-chasse Pierre Rigaux, qui y travaille depuis longtemps et qui a collaboré avec L214 sur cette enquête. Mais Gibovendée a une échelle complètement différente. ”

La société, qui a refusé de réagir mercredi soir, affirme qu’elle élève au moins un million d’oiseaux chaque année et produit près de 20 millions d’œufs à couver. Au total, selon le Syndicat national des producteurs de chasseurs (SNPGC), environ 10 millions de faisans et près de 5 millions de perdrix rouges et grises sont produits chaque année en France. En comparaison, les faisans sauvages seraient entre 8 et 11 millions en Europe.

Est tombé quelques heures avant le tournage

L’association L214, qui demande l’interdiction de ces reproducteurs, dénonce les conditions dans lesquelles vivent ces oiseaux nicheurs, et notamment le fait qu’ils sont placés dans de petites cages grillagées. “Ces oiseaux restent génétiquement un peu plus sauvages que les animaux strictement domestiques et sont donc très nerveux, Précise Pierre Rigaux. Les bergers mettent des ustensiles en plastique dans leur bec pour les empêcher de s’entre-tuer en raison de la proximité, ce qui cause des dommages physiques. “

Jean-Christophe Chastang, président du SNPGC, dénonçant une méthode d’intrusion de L214 dans la ferme “Illégal et méprisable”, nie fermement ces allégations. “Nous avons une entreprise saine, supervisée, réglementée et extrêmement contrôlée”, assure.

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Ces faisans et perdrix sont ensuite relâchés, souvent quelques jours ou quelques heures avant le début de la chasse. La grande majorité d’entre eux sont abattus ou meurent quelques jours après leur libération. “Lors de la chasse commerciale, les faisans et les perdrix sont relâchés pour la chasse le même jour, essayant de libérer un nombre d’oiseaux adapté au nombre de chasseurs pour limiter les pertes d’oiseaux coûteuses.”, a précisé l’Agence nationale de sécurité alimentaire, environnementale et professionnelle (Anses) dans un rapport 2016.

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