Michèle Rubirola et Martine Vassal – Christophe Simon / AFP

  • Ennemis politiques, Michèle Rubirola et Martine Vassal ont décidé d’unir leurs forces contre le gouvernement.
  • Les deux élus Marseillais critiquent en effet l’intervention de l’Etat dans la gestion de la crise sanitaire à Marseille, sans aucune concertation selon eux.
  • Un message délivré avec le soutien de Didier Raoult, qui invite le gouvernement à “ne pas devenir fou”.

Mais qu’est-ce qui a poussé Michèle Rubirola, nouvelle maire de Marseille, et Martine Vassal, présidente du conseil départemental et candidate malheureuse aux dernières élections municipales, à enterrer la hache, à tenir un point de presse conjoint jeudi à l’IHU? L’appel à la presse, lancé mercredi soir, promettait la mise en œuvre de “nouvelles actions conjointes” contre la coronavirus à
Marseille par deux anciens ennemis politiques, avec Didier Raoult.

Mais la distribution annoncée de masques à Marseille, dans les collèges du département et aux bénéficiaires du RSA semblait plutôt un prétexte pour mieux déclarer la guerre devant un public de journalistes. Autour du célèbre professeur Raoult, support scientifique de leur nouveau combat, les deux rivaux politiques ont décidé de faire, pour une période, un front commun, contre le même ennemi. Dans leur champ de vision: le gouvernement, dont la gestion de la crise sanitaire à Marseille, particulièrement touchée par l’épidémie, se déroule en chœur.

“Deux poids, deux mesures”

«Le gouvernement a décidé depuis Paris ce qui serait bon pour notre ville, sans engager le dialogue nécessaire avec les élus, et surtout sans nous donner les moyens de faire appliquer les décisions qui sont les siennes, critique Michèle Rubirola. Nous avons besoin des décisions à venir. pris en consultation. “

«A Marseille, on nous montre toujours comme de mauvais canards, Martine Vassal abonde. Mais ce que nous demandons, c’est simplement une consultation. Le président du conseil départemental et le maire de Marseille dénoncent conjointement le manque de soutien de l’Etat, notamment pour faire respecter les masques à Marseille.

Un gouvernement qui, selon Michèle Rubirola, a pourtant voulu imposer une reconfirmation à Marseille “si la situation continue de s’aggraver”. Une possibilité “impensable” pour le tout nouveau conseiller municipal. «A Paris, cependant, ils n’ont pas envisagé de reconfirmation, s’énerve Michèle Rubirola. C’est un double standard, j’ai dit à Castex au téléphone, et je suis prêt à le répéter ». “Il ne faut pas devenir fou, même si je sais que c’est difficile pour le moment”, a déclaré Didier Raoult, après avoir rappelé que seules sept personnes étaient en réanimation à Timon en raison du coronavirus.

Olivier Véran en visite à Marseille

Dans cette guerre désormais ouverte, la fermeture nocturne des bars et restaurants de 23h à 6h dans les Bouches-du-Rhône cristallise ces tensions entre Paris et Marseille. Confirmant que le gouvernement avait initialement envisagé une fermeture dès 20 heures, le nouveau maire de Marseille a ouvertement regretté que la limite de minuit négociée avec le préfet de région, Christophe Mirmand, n’ait pas été acceptée.

«Le préfet a écouté et tenté de prendre la parole pour garder deux services dans les restaurants, car il est important de penser à l’économie locale, soupire Michèle Rubirola. Mais ce soir on verra le gouvernement et on verra comment on peut travailler ensemble… »Attendu pour le virage, Olivier Véran, le ministre de la Santé, est en effet en visite ce jeudi soir dans la ville de Marseille.

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