Costume sombre, ton sévère, Rishi Sunak, chancelier britannique de l’Échiquier, a reconnu jeudi 24 septembre à la Chambre des communes la gravité de la crise économique à laquelle le Royaume-Uni est confronté: «Je ne peux pas sauver toutes les entreprises et tous les emplois. Aucun chancelier ne le pouvait. “ Selon les prévisions de l’assureur Allianz, la récession britannique en 2020 devrait atteindre -11,8%, faisant du pays européen le plus touché, à égalité avec l’Espagne.

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Face à cette crise économique, M. Sunak a prévu de présenter un important plan de relance à l’automne, comme celui que vient de faire la France. La situation sanitaire l’oblige à abandonner. Son gouvernement vient d’annoncer de nouvelles mesures restrictives pour tenter d’endiguer une deuxième vague de pandémie. Les pubs et restaurants doivent désormais fermer à 22h, les employés sont encouragés à faire du télétravail, et dans certaines zones, les rencontres entre différentes familles sont interdites. “Il est clair que pour les six prochains mois au moins le virus et les restrictions feront partie de notre vie”, explique Sunak. L’espoir d’une crise courte et passagère est enterré.

Injection d’argent

Dans ces conditions, il ne s’agit plus de présenter un plan de relance avec des mesures sectorielles ciblées. Les entreprises ne pourront peut-être pas en profiter tant que l’économie reste partiellement fermée. Il reste du temps pour les mesures d’urgence et l’injection directe de liquidités.

M. Sunak a ensuite présenté deux mesures importantes jeudi. Premièrement, il a décidé d’étendre le programme de chômage partiel. Celui-ci, qui devait prendre fin fin octobre, est prolongé de six mois supplémentaires. Cependant, il change légèrement de forme. Jusqu’à présent, un salarié pouvait toucher jusqu’à 80% de son salaire en restant à la maison. Désormais, il devra travailler au moins un tiers du temps contractuel, payé par l’employeur, tandis que l’Etat paiera les deux tiers restants. L’objectif est d’éviter que des emplois non durables ne soient artificiellement maintenus en vie.

La présence en magasin stagne depuis début septembre et reste à 80% du niveau de l’an dernier

Par conséquent, l’État britannique étend l’accès aux liquidités d’urgence pour les entreprises. Depuis le début de la crise, diverses mesures leur ont permis d’obtenir des prêts garantis par l’État. Leur remboursement, initialement prévu pour une durée maximale de six ans, peut désormais s’étaler sur dix ans, et dans certains cas sans intérêt. De même, le remboursement de certains impôts différés peut être échelonné. Enfin, la réduction de la TVA sur le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, qui devait prendre fin en janvier, se poursuivra jusqu’en mars 2021.

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