Edouard Philippe est de retour sur le ring. À Octeville-sur-mer (Seine-Maritime), mercredi soir, l’ancien Premier ministre ne s’est pas contenté d’appeler à voter pour la sénatrice Les Républicains Agnès Canayer, candidate à sa réélection. Face à une centaine d’élus, le maire du Havre, ville voisine, a profité de son discours d’une vingtaine de minutes pour distiller divers messages politiques. Une première après son départ de Matignon début juillet, qui l’avait conduit à observer une période de retrait de la scène politique nationale. «Je pense que nous allons devoir faire face à une tempête – une tempête économique, une tempête sanitaire, une tempête de toute façon – et peut-être une tempête sociale, peut-être une tempête politique. Et je pense que les temps à venir seront des moments difficiles “, a noté l’élu normand.

Dans ce contexte, et utilisant la métaphore maritime, Edouard Philippe a fait l’éloge “Esprit calme, ouvert et équilibré”, aussi bien que “La capacité d’unir les gens, d’aller au-delà”. «Lorsque vous êtes sur un bateau et que la tempête arrive, il n’est pas nécessaire que vous soyez d’accord sur toutes les questions avec ceux qui sont avec vous sur le bateau. L’important est de savoir où nous voulons aller et comment nous allons affronter la tempête “, Il expliqua. Pour l’ancien chef du gouvernement, “boussole” ce besoin “privilège“pour”travailler ensemble“C’est donc celui de”dépassement“, de”sens de l’état“, de”signification de la France“, Plutôt que”boussole partisane“.

Nous aurons besoin de ces femmes et hommes de bonne volonté qui comprennent que nous souffrirons, que nous traverserons une tempête très forte“Appelé le juppéiste, habitué à secouer d’avoir gouverné la France pendant la crise des gilets jaunes, la protestation contre la réforme des retraites, la première vague de l’épidémie de coronavirus.

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Vengeance contre les républicains

Même l’ancien premier ministre très populaire critiqué “logique partisaneEt il a largement attaqué son ancien parti, les républicains. “J’ai longtemps fait partie d’un groupe politique qui m’excluait. Il m’a exclu car j’avais choisi d’accepter la proposition du président de la République de diriger un gouvernement qui voulait réduire les déficits, réformer l’assurance chômage, augmenter le nombre de forces de l’ordre et militaires, augmenter le nombre de budget de la Défense , réformer la SNCF, l’ouvrir à la concurrence … Bref, faire des choses avec lesquelles j’imagine difficilement qu’elles étaient profondément en désaccord. Mais comme je n’avais pas respecté le clan, la ligne stratégique, nous avons préféré considérer que j’aurais été mieux. Et je dois dire que je suis assez reconnaissant, c’est vrai que je suis plutôt mieux dehors!Répondit Philippe, qui n’a jamais voulu rejoindre La République en Marche.

Et ramenez le point à la maison: “les dirigeants sont parfois critiqués pour leur éloignement du pays. Je n’exclus pas que les dirigeants des partis politiques soient parfois éloignés des électeurs. Et je pense que les électeurs ont décidé“.

Faire entendre sa voix

De la ville où vivaient ses grands-parents, Edouard Philippe a rendu hommage à plusieurs personnalités locales, dont Patrice Gélard, Antoine Rufenacht, décédé récemment. “L’engagement politique est avant tout un engagement local“A souligné le juppéiste, citant le sien”enracinement“. L’ancien locataire de Matignon a également évoqué subtilement son ancien statut de leader de la majorité.”L’expérience montre que lorsque les majorités sont très courtes, elles sont souvent aussi très proches. Et quand ils sont en pléthore, on oublie, on se disperse, on ventile.«Aujourd’hui, son successeur, Jean Castex, tente – et non sans difficulté – de structurer la majorité parlementaire. Les relations entre LREM et MoDem, en particulier, sont devenues tendues.

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Très recherché, Edouard Philippe fera de nouveau campagne pour les élections sénatoriales du 23 septembre, dans l’Eure, en compagnie de son ancien ministre Sébastien Lecornu. Le 25, l’ancien chef du gouvernement participera au retour de la République des Maires à Angers, un réseau d’élus de centre droit dirigé par son ami Christophe Béchu. Cette première expression publique confirme, pour ceux qui en doutaient encore, qu’elle entend bien intervenir et faire entendre sa voix.