La maire écologique de Marseille, Michèle Rubirola, dénonce les mesures restrictives annoncées mercredi 23 septembre par le ministre de la Santé, qui auront “un effet très négatif sur la population marseillaise”.

“Pourquoi une répression lorsque les chiffres commencent à devenir positifs?”, a réagi jeudi 24 septembre sur franceinfo Michèle Rubirola, maire d’Europe Écologie-Les Verts de Marseille, après l’annonce de la fermeture totale des bars et restaurants de la métropole d’Aix-Marseille à partir du samedi 26 septembre. Cette métropole et la Guadeloupe ont été classées mercredi dans la “zone d’alerte maximale”, le dernier niveau avant l’état d’urgence sanitaire, selon le nouveau classement des autorités présenté par Olivier Véran.

franceinfo: Les annonces du ministre de la Santé, Olivier Véran, concernent notamment la métropole d’Aix-Marseille et de la Guadeloupe. Comment les avez-vous obtenus?

Michèle Rubirola: Je suis en colère parce qu’il n’y a pas eu de consultation et c’est tout simplement inacceptable. Contrairement à ce que prétend Olivier Véran, il ne nous a rien demandé, il ne nous a pas consultés du tout. Compte tenu de mon absence physique occasionnelle, mon premier assistant a essayé de l’appeler tout l’après-midi et n’a obtenu aucune réponse. Il avait simplement des informations dix minutes avant la conférence de presse.

Y a-t-il quelque chose qui vous a fait penser qu’il y aurait cette répression à Marseille?

Non. Pourquoi une répression alors que les chiffres commencent à devenir positifs pour nous il y a quelques jours? A Marseille, les indicateurs sont passés de deux à quatre jours. Et c’est ce qui est important. Olivier Véran nous montre à tort comme un fleuret. J’ai l’impression qu’Olivier Véran agite un chiffon rouge pour alerter et menacer les autres grandes villes quand on est plutôt bons élèves, avec de bons résultats.

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C’est-à-dire ? Voulons-nous donner un exemple?

Cela nous menace. Une menace constitue un exemple très, très négatif pour les Marseillais.

Selon elle, le gouvernement «maltraite» Marseille. Ce n’est pas ce que dit le député En Marche des Bouches du Rhône, Saïd Ahamada, qui vous renvoie à vos responsabilités. “Ceux qui prennent des coups aujourd’hui sont ceux qui prennent des décisions difficiles, dit-il en particulier. Si Mme Rubirola et Monsieur Muselier ont des solutions pour faire baisser le taux de positivité pour faire en sorte qu’il y ait moins de décès à Marseille, je suis la première à les écouter. “ Que lui répondez-vous?

Puisqu’il parle du taux de positivité, je vais lui revenir. La courbe de test augmente toujours avec la diminution des taux d’incidence. On constate une stabilisation du taux de positivité autour de 7-8% à Marseille. Il est élevé mais à Paris, il est de 10%. Je ne vais pas commenter les sanctions prises contre Marseille, alors qu’à Paris le taux de positivité est de 10%. Et le R0 a chuté en dessous de 1. C’est bon signe! Le nombre de cas diminue depuis quatre jours. Je vous le dis, vous savez que je suis médecin: une mesure de santé publique peut être efficace si l’acceptabilité de la population est élevée. Et je voudrais parler d’acceptabilité. Il faut faire douter les Marseillais de la validité de leurs efforts car sinon ils ne le feraient pas! Les Marseillais voient que ça va mieux, les Marseillais voient qu’ils font des efforts, on teste plus qu’ailleurs, on a distribué 500 000 masques, 10 millions de masques viennent d’arriver. Nous savons que nous sommes de bons étudiants. Et au lieu de nous encourager en disant: “continuez”, ils sanctionnent! Je ne sais pas où on va comme ça, sauf vers une forte opposition des Marseillais, un manque de compréhension. Et quand on ne comprend pas … je ne sais pas s’il y aura un soutien pour ces mesures.

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Allez-vous encore discuter des termes de ces nouvelles restrictions avec le préfet lorsqu’elles entreront en vigueur dans deux jours?

Nous devons en discuter avec mon premier adjoint [Benoît Payan].

Cela signifie-t-il que vous ne savez pas si vous allez négocier?

Lorsqu’il y a de la marge de manœuvre, nous pouvons le faire. Là, nous n’avons aucune marge de manœuvre. Je ne sais pas si nous reviendrons. Il est possible que nous retournions aussi bien qu’il est possible que nous ne partions pas, car si nous ne sommes pas écoutés, nous ne savons pas à quoi cela sert. Je peux vous dire qu’il y aura encore une réunion d’assistants [jeudi matin] sous l’autorité du premier député, à la mairie, pour tenter de trouver des solutions à la crise qui passera par les restaurants et les bars.