Le gouvernement n’a ménagé aucun effort la semaine dernière pour tenter de rassurer les Français à la veille d’un retour à l’école au milieu de la reprise de l’épidémie de coronavirus. Rencontres interministérielles, interviews, conférences de presse … Les membres de l’exécutif ont multiplié leurs interventions pour clarifier les nouveaux protocoles de santé et inciter leurs concitoyens à apprendre à “Vivre avec le virus”. Mais cet exercice pédagogique n’a évidemment eu aucun effet sur le niveau d’anxiété des Français.

Selon notre enquête menée par Odoxa-Dentsu Consulting jeudi et vendredi, alors que l’exécutif achevait la présentation de ses mesures, 8 Français sur 10 sont préoccupés par la situation sanitaire du pays. Un niveau presque aussi élevé que ceux enregistrés au plus fort de l’épidémie, en pleine maîtrise (90% d’inquiétude à la mi-avril). Selon Odoxa, 7 Français sur 10 se disent préoccupés par la santé de leurs proches et 55% par leur santé. Un sentiment lié à l’âge des répondants: alors que les 18-24 ans ne sont que 39% à l’exprimer, ils sont 58% entre 35-49 ans et 61% entre 65 ans et plus. << Il y a un contexte pénible, lié à la reprise de l'épidémie, confirme Gaël Sliman, président d’Odoxa. La séquence est très compliquée pour l’exécutif, qui est dans une position ambivalente: expliquer que la situation est grave, qu’il faut être vigilant en termes de santé, sans démoraliser l’opinion publique ».

L’angoisse des Français dans ce retour est aussi économique. Plus de 8 répondants sur 10 sont pessimistes quant à l’évolution de la croissance et du pouvoir d’achat, une plus grande préoccupation qu’au début de l’été. Ils sont un peu plus optimistes quant à leur situation: 55% se disent inquiets pour leur avenir et près d’un travailleur sur trois (32%) a peur de son travail. Un sentiment qui touche principalement les indépendants (40%), les ouvriers (41%) et les personnes aux revenus les plus faibles (39%).

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Sceptique du stimulus

L’exécutif vise la présentation, jeudi, de son plan de relance d’un montant de 100 milliards d’euros: au menu notamment des baisses d’impôts pour les entreprises, des aides sectorielles, des incitations à l’embauche et un accompagnement des plus précaires. Mais, encore une fois, les Français sont relativement sceptiques: 54% des sondés ne croient pas que Jean Castex propose un bon plan de relance. Si le Premier ministre parvient à convaincre la plupart des sympathisants LREM (91%), LR (58%) et PS (57%), la méfiance reste majoritaire parmi les écologistes (46% de confiance), partisans du RN ( 21%) et Les Insoumis (11%). “C’est un niveau de confiance qui n’est pas si mal vu le pessimisme dominant”, relativise Gaël Sliman.

En revanche, le gouvernement n’a pas à se soucier d’accepter l’obligation de porter des masques dans les centres des grandes villes. Si la mise en œuvre de la mesure, parfois confuse, pouvait donner lieu à une polémique politique, les Français sont quasi unanimes: 76% des personnes interrogées se disent favorables à la généralisation de l’obligation dans toutes les villes. Une autre manifestation de profonde détresse au sein de la population. “Depuis le début de la crise, les Français se disent prêts à renoncer à une partie de leur liberté au profit d’une plus grande sécurité sanitaire, se souvient Gaël Sliman. Une minorité d’opposants a fait entendre sa voix sur les masques, notamment sur les réseaux sociaux. Mais il n’est pas représentatif de l’opinion publique ».

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