Après une journée calme, les bombardements ont repris dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 octobre à Stepanakert, la capitale de la république autoproclamée du Haut-Karabakh. À intervalles réguliers, presque toutes les heures, des sirènes d’alarme retentissaient dans toute la ville, plongées dans l’obscurité presque totale. A chaque fois, une succession d’explosions bruyantes, dont il n’a pas été possible de déterminer exactement la nature, se sont succédées, roquettes, missiles, tirs d’artillerie ou bombardements aériens. Ces attaques se sont poursuivies à l’aube. Le bilan humain et matériel de cette nuit de bombardements n’est pas encore connu.

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Selon un habitant interrogé par l’Agence France-Presse (AFP), c’était sans doute la nuit la plus intense des bombardements depuis que les forces azerbaïdjanaises ont pris pour cible Stepanakert, une ville de 55000 habitants située à environ 1000 mètres d’altitude dans les montagnes. du Haut-Karabakh.

Infographie du Haut-Karabakh entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

Des combats acharnés opposent les Arméniens et les Azerbaïdjanais depuis plus de dix jours, combattant pour le Haut-Karabakh, une région peuplée principalement d’Arméniens qui s’est séparée de l’Azerbaïdjan après la chute de l’URSS, conduisant à une guerre de 1990 qui a quitté 30 000 morts. La reprise des hostilités le 27 septembre est la crise la plus grave puisqu’elles ont déjà fait des centaines de victimes.

La moitié de la population déplacée

La moitié de la population du Haut-Karabakh, soit 70 000 à 75 000 personnes, a été déplacée en raison des combats entre les forces dans ce territoire séparatiste peuplé d’Arménie et celles de l’Azerbaïdjan, a déclaré mercredi le médiateur de la république. auto-proclamé.

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“Selon nos estimations préliminaires, environ 50% de la population a été déplacée, dont 90% de femmes et d’enfants, soit 70 000 à 75 000 personnes.”Artak Belgarian, le médiateur chargé de la défense des droits des civils en temps de guerre, a déclaré à l’AFP.

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Le président russe Vladimir Poutine a appelé mercredi les Arméniens et les Azéris à mettre fin ” la tragédie “ en cours au Haut-Karabakh. «C’est une énorme tragédie. Les gens meurent, il y a de lourdes pertes des deux côtés. Nous espérons que ce conflit prendra fin dès que possible “, Poutine a réagi dans une interview accordée à la télévision publique Rossiya et diffusée par le Kremlin, pour sa première prise de position publique sur le conflit.

Utilisation de bombes interdites

Depuis lundi, Amnesty International a dénoncé, dans un communiqué, l’utilisation d’armes à sous-munitions, interdites depuis 2010 par une convention internationale. L’ONG a “Confirmé” des informations sur l’utilisation de ces armes, dénoncées par des vidéos postées par des sources arméniennes ce week-end.

<< L'utilisation d'armes à sous-munitions est interdite en toutes circonstances par le droit international humanitaire, a rappelé Denis Krivosheev, directeur d’Amnesty International pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale, cité dans le communiqué de presse. Le déploiement de ces armes frappant sans discrimination dans les zones résidentielles est tout à fait épouvantable et inacceptable. “ Amnesty International “Demande à toutes les parties au conflit de respecter le droit international humanitaire et de protéger les civils”, conclut l’ONG.

La destruction est spectaculaire dans des endroits, comme près du ministère de la Défense du gouvernement indépendant, où les bâtiments cubiques et gris, à l’architecture soviétique typique, ont été particulièrement touchés.

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Le monde avec l’AFP