La princesse demande à la Belgique de « s’excuser » pour le passé colonial

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Bruxelles (AFP) – La princesse belge Esmeralda a réitéré son appel à la Belgique pour « s’excuser » de son passé colonial et pas simplement pour exprimer des regrets.

Ses propos, tenus dans une interview à l’AFP cette semaine, interviennent alors que le palais royal a annoncé que le roi Philippe se rendra en République démocratique du Congo, une ancienne colonie belge, le mois prochain.

Il y a deux ans, il a exprimé ses regrets pour les abus coloniaux de son pays, mais Esmeralda dit que la Belgique doit aller plus loin pour aider à réparer les dégâts.

« La Belgique doit s’excuser », a-t-il déclaré à l’AFP.

« Comme dans un couple, les excuses sont importantes pour relancer une relation équilibrée ».

La princesse a appelé pour la première fois en 2020 à la suite du mouvement Black Lives Matter.

Arrière-petit-fils du roi Léopold II, monarque entré dans l’histoire pour sa violente conquête du Congo à la fin du XIXe siècle, il a également soutenu l’enlèvement des statues de son ancêtre et leur envoi dans les musées.

Cette position lui a valu « beaucoup de lettres » et de critiques, a-t-elle admis.

« Je n’ai pas attaqué ma famille actuelle. Nous ne sommes pas responsables de nos ancêtres », mais « nous avons la responsabilité d’en parler ».

Il dit « comprendre les expressions de colère » contre ces symboles coloniaux.

Cellule de prison

La princesse de 65 ans s’est fait un nom au fil des ans pour traiter des questions sensibles.

Pendant 16 ans, il travaille comme journaliste à Paris sous le pseudonyme d’Esmeralda de Rethy. Plus que consciente du « poids supplémentaire » que lui confère son vrai nom, elle redevient Esmeralda de Belgique pour promouvoir son militantisme.

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Ses combats : les droits des femmes, les droits des peuples autochtones et la dénonciation des atteintes à l’environnement causées par les industries minières et pétrolières.

« Je voulais aller au-delà du simple rapport des faits », a déclaré Esmerelda.

En 2019, elle a fait la une des journaux lorsqu’elle a été emportée par la police lors d’une manifestation sur le changement climatique à Trafalgar Square et jetée dans une cellule de prison de Londres.

Il participait à un sit-in organisé par Extinction Rebellion et a défié un ordre d’évacuation de la police.

Il a passé cinq heures derrière les barreaux sans aucune faveur accordée à son statut royal.

« Chaussures enlevées. Photos de face et de profil. ADN et empreintes digitales prises », a déclaré la princesse, qui préside le Fonds Léopold III pour l’étude et la conservation de la nature.

« Je pensais que cela aiderait un peu la cause car on en parlerait dans les médias, c’est pourquoi j’ai choisi de le faire. »

Mais « j’étais très privilégiée, je savais que si j’étais arrêtée je ne perdrais pas mon travail ni ne serais empêchée de récupérer mes enfants ».

La visite du roi Philippe, sa première en République démocratique du Congo, aura lieu du 6 au 10 mars.

Ce sera également la première visite royale belge dans le pays depuis qu’Albert II, le père de Philippe, s’y est rendu en 2010 pour le 50e anniversaire de l’indépendance de l’ancienne colonie.

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