Pertes et profits. Pendant la crise, le travail se poursuit. Il prend même de l’ampleur. La Société Générale, qui poursuit la rénovation de son immeuble, se prépare à un nouveau toilettage. Elle vient d’annoncer, mercredi 23 septembre, la fusion de sa banque de détail avec celle de sa filiale Crédit du Nord. Ce dernier perdra son indépendance, mais le groupe, également propriétaire de la banque en ligne Boursorama, assure qu’il ne sera pas au profit d’une plus grande centralisation mais au contraire d’une “Régionalisation de la gouvernance”. La nouvelle entité issue de la fusion ajoutera les 7,3 millions de clients de la société mère aux 2,4 millions de sa filiale.

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Frédéric Oudéa, PDG de la banque, ne cache pas que l’objectif principal est de “Renforcer la compétitivité commerciale et financière à long terme de nos fonds d’investissement
affaires “
. En d’autres termes, essayez d’améliorer la rentabilité en chute libre pendant plus de dix ans. La faiblesse des taux d’intérêt et la révolution numérique ont pénalisé cette activité et la crise sanitaire a accéléré le phénomène. La solution passe donc par la réduction des agences et le développement sur Internet.

La difficulté sera pour la Société Générale de ne pas endommager le réseau du Crédit du Nord, composé de neuf petites banques locales (Courtois, Rhône-Alpes, Marseillaise de Crédit…) et réputé pour la qualité de son service. L’enjeu est d’autant plus important pour la banque parisienne que ses autres métiers ne sont pas de forme surprenante. Au premier semestre de l’année en cours, le groupe a perdu de l’argent à chaque trimestre, dont 1,26 milliard d’euros au second.

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Affrontement cruel

Cela n’avait jamais été vu depuis l’affaire Kerviel. Ce résultat cache les provisions comptables, mais aussi la mauvaise performance de sa branche banque d’investissement. La direction peut encore blâmer la crise, mais la confrontation reste cruelle. Dans le même temps, BNP Paribas, son rival de toujours, a réalisé un bénéfice exceptionnel de 1,6 milliard de dollars sur la même activité. Creuser un peu plus l’abîme qui sépare les deux entreprises. Aujourd’hui, la Société Générale est quatre fois moins chère en bourse que son cousin de la rue d’Antin.

Les banques européennes souffrent, mais l’entreprise au logo rouge et noir est entrée dans la ligue des personnes en difficulté. Réélu à la tête de la société, malgré une baisse de 70% du cours de bourse en cinq ans, Frédéric Oudéa s’est engagé dans un nouveau cycle de restructuration, cession et renouvellement des administrateurs en août. L’indépendance de la banque est désormais en jeu et l’heure de vérité approche.

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