Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a accordé 72 heures dimanche 22 novembre aux dirigeants de la région dissidente du Tigray, cibles d’une offensive militaire et menacés d’assaut “Impitoyable”, pour qu’ils déposent les armes.

Prix ​​Nobel de la paix en 2019, Abiy Ahmed a lancé cette opération le 4 novembre, accusant les responsables du Front populaire de libération du Tigray (FPLT), au pouvoir dans cette région du nord du pays, de tenter de déstabiliser le gouvernement fédéral et d’attaquer deux bases militaires éthiopiennes dans le pays. région, ce que les autorités du Tigré nient.

Article réservé à nos membres Lire aussi En Éthiopie, l’inquiétude des Tigres d’Addis-Abeba

“La route de votre destruction touche à sa fin et nous vous demandons de vous rendre dans les soixante-douze prochaines heures”Abiy Ahmed a écrit dans une déclaration aux dirigeants du FPLT, qui gère la région. «Vous êtes à un point de non-retour. Saisissez cette dernière chance “, Il ajouta.

L’armée éthiopienne avait déjà prévenu d’une attaque imminente à Makalé, la capitale du Tigray et siège du gouvernement local que le pouvoir fédéral tente de déloger, invitant les civils à fuir pendant qu’il est encore temps. “La prochaine bataille décisive est d’entourer Makalé de chars”a déclaré le porte-parole militaire Dejene Tsegaye aux médias gouvernementaux. Ce porte-parole a ajouté à l’attention du demi-million d’habitants: “Sauvé. On vous a donné des instructions pour vous dissocier de la junte, après il n’y aura plus de pitié.”

Appelle à la réduction de l’escalade

Le chef du FPLT Debretsion, Gebremichael, a répondu dimanche en promettant de livrer “Combats féroces” pour freiner l’avancée de l’armée éthiopienne. “Ils continueront de payer pour chaque déménagement”dit-il à l’AFP. Il a également averti qu’une attaque contre Makalé ne marquerait pas la fin du conflit: «Tant que la force d’occupation sera au Tigray, les combats ne s’arrêteront pas. “

Samedi, le gouvernement a déclaré que l’armée avançait vers Makale et avait pris le contrôle de plusieurs villes, dont Aksum et Adigrat, à environ 117 km au nord de la capitale régionale. “Les forces avancent actuellement vers la dernière cible de l’opération, la ville de Makalé”a fait savoir dimanche une vérification des faits de l’agence gouvernementale éthiopienne.

READ  Un surfeur positif de Covid-19 menotté sur la plage de San Sebastian, des images choquantes
Lire aussi En Ethiopie, peur d’un conflit de grande ampleur au Tigray

Aucune des affirmations de l’une ou l’autre des parties ne peut être vérifiée par une source indépendante, car Tigray est pratiquement coupé du monde. Le Front populaire de libération du Tigré a assuré samedi que des civils avaient été tués lors d’une “Bombardement intense” d’Adigrat par l’armée éthiopienne. Le gouvernement affirme que l’opération militaire ne vise pas les civils.

Aucun compte-rendu précis des combats, qui ont tué au moins des centaines de personnes depuis le 4 novembre, n’est disponible auprès d’une source indépendante. Mais plus de 36 000 Éthiopiens ont déjà atteint le Soudan, selon la Commission soudanaise pour les réfugiés.

Jusqu’à présent, les deux camps n’ont pas répondu aux appels à la désescalade de la communauté internationale, inquiète des risques de déstabilisation dans la Corne de l’Afrique. Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, il a demandé “L’ouverture des couloirs humanitaires” venir en aide à la population prise au piège des combats.

L’Érythrée dans les vues

L’opération militaire d’Addis-Abeba a traversé les frontières du pays, avec des roquettes FPLT dans le nord visant la capitale de l’Érythrée, Asmara. Le FPLT accuse les autorités érythréennes de permettre aux forces d’Addis-Abeba d’utiliser son territoire et à l’armée érythréenne de leur permettre de participer aux combats.

Après avoir dominé pendant quinze ans la lutte armée en Éthiopie contre le régime marxiste-militaire du DERG, renversé en 1991, le Front populaire de libération du Tigray a contrôlé l’appareil politique et sécuritaire d’une main de fer pendant près de trois décennies. . du pays, avant d’être progressivement évincé par M. Abiy, depuis qu’il est devenu Premier ministre en 2018. Ses responsables se sont réfugiés dans leur bastion tigré, d’où ils ont défié l’autorité gouvernementale ces derniers mois. fédéral.

READ  L'OMS craint deux millions de morts si nous ne maîtrisons pas la pandémie

Plusieurs mois de tensions ont abouti à l’organisation d’un scrutin qualifié au Tigré “Illégitime” par le gouvernement fédéral et le refus du FPLT de prendre en fonction un général de l’armée fédérale au Tigray. En envoyant l’armée au Tigray, M. Abiy affirme avoir répondu aux attaques contre deux bases militaires de la région par les forces du FPLT.

Le Monde avec l’AFP et l’AP