Le roi belge exprime son « profond regret » pour le passé colonial de la Belgique mais ne s’excuse pas – L’Organisation pour la paix mondiale

Lors de sa visite en République démocratique du Congo, le roi belge Philippe a critiqué l’ancien régime colonial de son pays, mais s’est arrêté avant de s’excuser. Le roi Philippe s’est rendu pour la première fois en République démocratique en juin dans le cadre des efforts du président congolais Félix Tshisekedi pour améliorer les relations avec la Belgique. S’exprimant lors d’une session conjointe du Parlement, le roi a réitéré ses « plus profonds regrets pour ces blessures passées ». Le roi Philippe est devenu le premier responsable belge à exprimer ses regrets pour la colonisation en 2020. Cependant, il n’a présenté aucune excuse officielle pour les actions de son pays. Le régime colonial de la Belgique a été brutalement violent, en particulier sous la direction du roi Léopold II. Selon certaines estimations, jusqu’à 10 millions d’Africains pourraient être morts pendant le règne de Léopold.

Lors de son discours au Parlement, le roi remarqua ce « Ce régime était de relations inégales, en soi injustifiables, marquées par le paternalisme, la discrimination et le racisme… A l’occasion de mon premier voyage au Congo, ici même, devant le peuple congolais et ceux qui souffrent encore aujourd’hui, je souhaite pour réaffirmer mon profond regret pour ces blessures du passé ». Pourtant, certains membres de la famille royale ne croient pas que le roi Philippe soit allé assez loin dans son annonce. La princesse Esmeralda, la tante du roi, a déclaré à la BBC, « Je pense que des excuses devraient probablement arriver bientôt, des excuses formelles pour le passé et pour les atrocités coloniales qui ont été commises. »

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De nombreuses personnes en République démocratique du Congo sont également déçues par l’absence d’excuses formelles. Dans une interview accordée à CNN, le professeur Antoine Roger Lokongo de l’Université Joseph Kasa-Vubu a déclaré que « le simple regret que vous avez exprimé ne suffit pas ». Le vendeur Junior Bombi est d’accord, remarquant « they nous a laissés isolés, abandonnés. Ont-ils pillé toutes nos ressources et invitez-vous à nouveau le roi des Belges aujourd’hui ? »

La Belgique a pris plusieurs mesures pour réparer les torts coloniaux. Bruxelles s’emploie à restituer des artefacts pillés au Congo et placés au Musée royal de l’Afrique centrale. Le parlement belge a mis en place une commission chargée d’examiner le bilan historique de l’État et publiera un rapport cette année. Ces actions vont dans la bonne direction, mais Bruxelles doit faire plus. Le roi Philippe devrait présenter des excuses formelles complètes reconnaissant le rôle de la Belgique dans les atrocités. Le programme scolaire belge devrait couvrir les abus coloniaux de l’État de manière objective et complète. Une compensation financière doit également être envisagée. Le pays doit faire face à ses erreurs passées pour commencer à aller de l’avant.

La Belgique a pris le contrôle du Congo en 1885 et le roi Léopold II a gouverné l’État indépendant du Congo comme sa propriété personnelle. Le régime belge a eu recours au travail forcé brutal pour faire le commerce du caoutchouc, de l’ivoire et des minerais. Lorsque les quotas commerciaux n’étaient pas respectés, les autorités coupaient souvent les membres des esclaves en guise de punition. Selon Nouvelles de la BBC, les administrateurs ont kidnappé des enfants congolais orphelins et les ont envoyés dans les soi-disant « colonies d’enfants », les forçant à travailler ou à devenir soldats. On pense que plus de cinquante pour cent de ces enfants sont morts. Le roi Léopold II a également construit un zoo humain sur le terrain de son palais et a emprisonné plus de 200 Congolais en tant que « reliques humaines ». Le régime du roi était si violent que d’autres pays coloniaux européens l’ont condamné et que le parlement belge l’a pris hors de contrôle. La Belgique a gouverné la colonie jusqu’à ce que la République du Congo obtienne son indépendance en 1960. Les responsables belges n’ont commencé à affronter et à admettre les atrocités que ces dernières années.

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Compte tenu de l’ampleur des crimes de la Belgique en République démocratique du Congo, une déclaration de regret est tout à fait inadéquate car le regret ne fait pas grand-chose pour panser les blessures historiques ou sortir la Belgique de son passé colonial. Les excuses sont essentielles au maintien de bonnes relations entre la République démocratique du Congo et la Belgique. De plus, une excuse et une reconnaissance authentiques des atrocités coloniales sont cruciales pour l’intégrité de l’État. Si le gouvernement belge ne fait pas face à son passé, l’injustice va se multiplier. La Belgique doit bien plus à la République démocratique du Congo que des regrets.

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