Les Arts Décoratifs célèbrent l’éclectisme des années 1980 en France dans une exposition – WWD

PARIS Si les épaules larges, les couleurs effrontées et les coiffures ébouriffées sont des repères visuels des années 1980, pour les Français, cette décennie a été marquée par l’arrivée d’une administration de gauche, une publicité ironique et une vague de superstars révolutionnaires de la mode et du design.

C’est l’impression que laisse « Années 80, Mode, design et graphisme en France », une exposition aux Arts Décoratifs qui plonge dans une période qui « marque l’arrivée de l’éclectisme, où le diktat d' »un style » s’évanouit pour qu’on aller vers ce qui les attirait, quelque chose qui prévaut encore aujourd’hui », explique la nouvelle directrice du musée Christine Macel.

Organisée par Amélie Gastaut, Karine Lacquemant, Mathilde Le Corre et Sébastien Quéquet, l’exposition – et la décennie – s’ouvre sur une affiche de campagne électorale pour l’élection présidentielle française de 1981 qui a vu le politicien de gauche François Mitterrand commencer sa course de 14 ans en tant que président du pays. président le plus ancien.

Première de trois sections, cette galerie explore le marketing comme fondement de tout, de la politique à la lutte contre le sida, en passant par la libéralisation de la communication audiovisuelle et l’influence de l’administration entrante.

« Les années 80, c’est de l’humour, une légèreté qui n’est pas superficielle mais au contraire, un mode de vie – une façon de penser ciel bleu », poursuit-il.

Le ministre français de la culture Jack Lang dans son bureau conçu par Andrée Putman en 1985.

Sur un piédestal circulaire et surplombant l’allée centrale se trouve la robe sans col Thierry Mugler conçue pour le ministre de la Culture de l’époque, Jack Lang, célèbre pour avoir porté ce tournant radical par rapport à la tenue conventionnelle à l’Assemblée nationale française.

Le politicien à la retraite, qui parcourait les expositions avec un plaisir évident jeudi et a ensuite félicité les quatre conservateurs pour cette « merveilleuse réalisation », est une figure clé de la décennie.

La conservatrice Amélie Gastaut explique que les politiques culturelles menées par le nouveau gouvernement socialiste français et le ministère de la culture ont contribué à faire tomber les frontières entre les domaines, notamment les beaux-arts et les arts appliqués, et la création de musées de la publicité et de la mode qui sont désormais repliés sous l’égide du Musée des Arts Décoratifs.

Il donne l’exemple de la publicité, où « les investissements ont augmenté de 380% » et créé un âge d’or malgré les craintes initiales.

Le traitement des images se poursuit dans une seconde section, qui occupe la nef centrale et est dédiée au design.

« Pour comprendre le design de ces années-là, il faut comprendre que c’était un grand désert », explique Lacquemant, un co-commissaire axé sur le design, expliquant que les industriels se sont éloignés de la plus grande prudence alors qu’Ikea ​​s’est également imposé comme une force. de la fadeur. .

Parmi ceux qui ont poussé en avant figuraient le couple présidentiel français, François et Danielle Mitterrand, qui ont chargé les étoiles montantes de l’architecture d’intérieur et du design de rénover les appartements privés de l’Elysée et leurs bureaux.

D’autres initiatives publiques et privées ont suivi, l’émergence de marques telles que Philippe Starck ou Martin Szekely les aidant à s’industrialiser et à promouvoir leur travail à l’international.

Les silhouettes de mode ont introduit l’idée générale de « carambolage » ou d’accumulation de l’exposition, qui a vu les frontières devenir poreuses entre les disciplines avec des réalisateurs barbotant dans la publicité, des couturiers devenus scénographes et des architectes transformés en sacs de créateurs.

« Il n’y a pas vraiment d’école [of thought] et c’est peut-être ce qui fait la singularité de cette période », poursuit-il, notant que l’émergence parallèle ailleurs du groupe Memphis a poussé la classe créative française à être encore plus libre dans ses projets.

Poncho Jean Charles de Castelbajac.

L’effervescence palpable de la scène « ne s’est jamais perdue [since]», observe Jean-Charles de Castelbajac, aujourd’hui un vétéran du secteur mais alors un de ces noms nouveaux et pétillants. Deux de ses looks color-block sont associés à une combinaison noire Comme des Garçons de 1981 dans le défilé.

Ailleurs, un costume en cuir sinueux d’Azzedine Alaïa, qui a collectionné le travail de Szekely et lui a demandé de créer la scénographie de la rétrospective 2013 ; le pantalon plissé d’Issey Miyake ; les costumes exubérants des interprètes de Jean Paul Gaultier ; exemples de modèles couture de Christian Lacroix et de looks pirates de Vivienne Westwood.

En parcourant une rubrique sur la vie nocturne et l’émergence de clubs comme le Palace, on arrive dans une galerie de mode qui est entrée à la fois dans les institutions culturelles et dans la culture populaire durant cette décennie du « cash and flash ».

La galerie offre une vision kaléidoscopique du spectre de la mode de l’époque, allant des modèles néoclassiques de Karl Lagerfeld à Chloé ; les looks années 40 de Thierry Mugler et Claude Montana ; l’aspect marin de Gaultier ; Les fondations d’Agnès b. et même des lieux de mode accessibles avec des collaborations de créateurs – dont Miyake, Sonia Rykiel, Gaultier – avec le détaillant de vente par correspondance Les 3 Suisses.

La haute couture suit, avec les silhouettes des débuts de Lagerfeld chez Chanel côtoyant les créations féminines d’Hubert de Givenchy et la femme puissante d’Yves Saint Laurent.

Les expositions de mode incluent des modèles de Kenzo Takada, Marithé Bachellerie et François Girbaud, Claude Montana, Thierry Mugler et Jean Paul Gaultier.

Les expositions de mode incluent des modèles de Kenzo Takada, Marithé Bachellerie et François Girbaud, Claude Montana, Thierry Mugler et Jean Paul Gaultier.

Christophe Delliere

L’exposition se clôt sur deux moments phares de 1989, la chute du mur de Berlin et le défilé français du 14 juillet, qui célèbre le bicentenaire de la Révolution française et chorégraphié par l’artiste français Jean-Paul Goude. Diffusé en direct, il a été vu par environ 800 millions de téléspectateurs dans le monde, en plus des près d’un million de personnes qui ont fait la queue le long du boulevard et des rues adjacentes.

Le cortège de trois heures sur les Champs-Elysées, culminant avec la chanteuse d’opéra américaine Jessye Norman interprétant la « Marseillaise » enveloppée dans un drapeau français, a été décrit par les médias de l’époque comme « fantastique, baroque, grandiose » pour ses tableaux en gros plan allant de la musique et des vêtements régionaux à un tableau soviétique présenté sous la neige artificielle et même une évocation du mouvement étudiant controversé du 4 juin en Chine cette année-là.

« Ce qui est intéressant, c’est la résilience de ces années », note Macel, notant que le monde sortait tout juste de la crise énergétique des années 1970 lorsque la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, le chômage de masse et l’inflation galopante ont frappé.

« Ce serait bien que les gens viennent ici et comprennent non seulement les outils pour résister [such a climate] mais aussi que c’est un état d’esprit et une façon d’affronter le monde, avec humour, légèreté et entrain », conclut-il.

« Années 80 : Mode, design et graphisme en France » durera jusqu’au 16 avril 2023.

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