Lorsqu’il a ouvert la lettre envoyée mardi 15 septembre par son assureur BPCE IARD, Nurdane, qui dirige le petit restaurant Tamam Kitchen, en 14est arrondissement de Paris, il avait le sentiment “Ne pas être respecté”. Il est l’un des rares opérateurs économiques à bénéficier d’une assurance qui couvre les pertes d’exploitation en cas de fermeture administrative suite à une épidémie et doit donc être indemnisé des pertes subies lors de la première et de la deuxième naissance. Mais à part une caution de 1 500 euros, versée en attendant le calcul de ce qu’elle doit, Nurdane n’a rien reçu, huit mois après le début de la crise sanitaire.

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Ses multiples lettres n’ont abouti qu’à des réponses automatiques. La lettre reçue à la mi-septembre n’annonçait pas le montant de sa compensation, mais la prévenait “Les conséquences financières potentiellement très importantes de la crise sanitaire de Covid 19” ne permettait plus à l’assureur de maintenir sa garantie et qu’il devait signer un avenant à son contrat, excluant l’événement “Fermeture administrative suite à une épidémie”sinon la société serait “Malheureusement dans l’obligation” pour le finir. Il n’a pas suivi.

Même colère et incompréhension de la part de Jean-François Trap, le chef des médias parisiens, qui a publié la lettre d’annulation de son assureur ce mercredi 11 novembre. «C’est ainsi que s’exprime la solidarité @ AXAFrance en parallèle de la communication institutionnelle: après avoir refusé de nous indemniser, Axa a souhaité que nous signions un avenant qui réduirait nos garanties. Nous avons refusé. J’ai reçu cette lettre d’annulation hier “, a écrit sur Twitter.

Tous ont décidé d’exclure les pandémies, et donc Covid-19, de leurs garanties et demandent à leurs clients de signer des avenants à cet effet.

Les compagnies d’assurance sont actuellement en pleine campagne pour renouveler les contrats de leurs entreprises clientes, dont la plupart expirent le 31 décembre. Tous ont décidé d’exclure les pandémies, et donc Covid-19, de leurs garanties et demandent à leurs clients de signer des avenants à cet effet.

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La grande majorité des professionnels et des entreprises ayant souscrit une garantie «perte opérationnelle» ne constatera pas de changement majeur, car, selon une étude réalisée par l’autorité de contrôle des assureurs, l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de résolution), 93% des contrats en cours ne couvrent pas le risque de pandémie. Seuls 3% de ces assurés peuvent être indemnisés avec certitude en cas d’épidémie. Les 4% restants tombent dans une zone grise, le “Clauses contractuelles qui ne permettent pas de conclure avec certitude qu’il n’y a pas de garantie”, indique l’ACPR, ouvrant ainsi la voie à de nombreuses procédures devant les tribunaux.

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