Le débat sur l’utilisation des symboles religieux à l’Assemblée nationale s’est déroulé au milieu d’une commission d’enquête parlementaire sur les conséquences du covid-19 pour les jeunes. Les députés LR et LREM élue Anne-Christine Lang ont quitté jeudi l’audition des organisations étudiantes et des représentants de la jeunesse.

La raison? La présence à cette réunion de Maryam Pougetoux, vice-présidente de l’UNEF, qui portait le voile. Au terme du discours des syndicalistes, le député LR Pierre-Henri Dumont a tenté une motion d’ordre, indigné d’avoir porté le voile de la jeune femme, car il aurait violé «le principe de laïcité auquel notre assemblée doit adhérer». En mai 2018, la jeune femme avait déjà été à l’origine d’une polémique qui avait agité la classe politique après une apparition devant les caméras de la chaîne M6. Gérard Collomb, alors ministre de l’Intérieur, l’accusait de prosélytisme. Marlène Schiappa , pour sa part, il a remis en question le positionnement politique de l’UNEF.

S’exprimant, Anne-Christine Lang a emboîté le pas. “Je ne peux qu’accepter qu’au sein de l’Assemblée nationale, au cœur battant de la démocratie où règnent les valeurs fondatrices de la République, dont la laïcité, nous permettons à une personne de se présenter en hijab devant une commission d’enquête”, at-elle expliqué.

“Un acte de prosélytisme”

La représentante de l’UNEF aurait-elle dû se découvrir? Contacté, Pierre-Henri Dumont estime que la présidente de la Commission élue par la Haute-Garonne Sandrine Mörch (LREM) aurait dû assumer ses responsabilités. «La jurisprudence (sic) veut que le président ou le président ait une sorte de pouvoir policier qui aurait dû lui permettre de ne pas accepter l’utilisation de symboles religieux ostentatoires, qui perturbaient le déroulement régulier de la séance. Ce n’était pas un simple voile, c’était un hijab », dit-elle, sans vraiment comprendre la nuance entre les deux, le hijab qui désigne le voile dans toutes ses variations. Dans le langage courant, il indique également le voile le plus courant, qui couvre la tête et les cheveux et laisse le visage découvert.

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«Nous avons été confrontés à un acte de prosélytisme, argumente en outre le député. L’Unef devait initialement être représentée par sa présidente, Mélanie Luce, qui a finalement été remplacée par Mme Pougetoux. Ils savaient très bien qu’envoyer une femme avec un hijab n’était pas anodin. “

Même la députée européenne Anne-Christine Lang s’est dite “choquée qu’une femme vienne parler à la représentation nationale portant des symboles religieux aussi ostentatoires”. Le député parisien explique “faire la différence entre le public qui vient participer aux débats et les personnes invitées à témoigner”.

«J’entends ce que disent les règles de l’AN», poursuit-il (…) Le port du hijab dans le cadre de notre travail est incompatible avec les valeurs qui sont les miennes concernant les relations entre hommes et femmes et avec l’idée que j’ai du nôtre institution “. Au cours de la réunion, le Président de la Commission a à juste titre écarté toute violation des règles de l’Assemblée, dénonçant un “mauvais processus” et rappelant qu ‘”aucune règle n’interdit (sait) de porter des symboles religieux pour entendre les gens”.

Aucune violation des règles

Le service de communication du Palais Bourbon confirme cette interprétation. «Il n’y a pas de règle particulière dans les statuts qui interdit le port du foulard dans le comité des orateurs. Il peut arriver que des délégations étrangères visitent l’Assemblée, les femmes sont voilées et ne sont pas rejetées. Cette travailleuse n’exerce pas de fonction de service public, elle n’était pas derrière un bureau de poste. »Dans le règlement de l’Assemblée, L’article 8 précise que le public qui vient assister aux séances dans l’hémicycle doit porter une tenue correcte. «Il est assis, découvert et en silence», peut-on lire. Sauf en pratique, l’utilisation du voile est tout à fait tolérée dans les gradins. Et bien que Maryam Pougetoux ne soit pas venue en tant que simple visiteur, l’article n’était pas destiné à s’appliquer.

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«Ce n’est ni plus ni moins de l’islamophobie, dénonce Mélanie Luce, présidente de l’UNEF. Le règlement de l’Assemblée n’a en rien empêché Maryam Pougetoux d’intervenir voilée à l’Assemblée nationale. Le principe de neutralité du service public s’applique. sous prétexte de féminisme, nous faisons des commentaires racistes. Aujourd’hui, une femme voilée ne doit pas être acceptée à l’Assemblée. Une autre ne doit pas pouvoir aller au musée à cause de son décolleté. Nous ne faisons pas de distinction entre les femmes. “