Les PDG canadiens devraient-ils être bilingues?

Il s’est certainement trompé et a aggravé les choses. Lorsque le PDG d’Air Canada, Michael Rousseau, s’est heurté à la question d’un journaliste en français plus tôt ce mois-ci, il a tenté de rebondir en affirmant que c’était un « témoignage à la ville de Montréal » qu’il avait réussi à y travailler pendant 14 ans sans apprendre la langue.

Sa réponse a peut-être aussi été : « Pas de problème, nous pouvons revenir aux anciennes méthodes lorsque les Britanniques faisaient ce qu’ils voulaient ici. »

Rousseau s’est excusé le lendemain, mais de nombreuses personnes lui ont encore sauté dessus, y compris Chrystia Freeland, la ministre fédérale des Finances et vice-première ministre, qui a écrit au président du conseil d’administration d’Air Canada pour lui dire que la compétence du PDG en français devrait faire partie de votre évaluation de rendement. Oui, le gouvernement fédéral a acheté une part de 6 % d’Air Canada pendant la pandémie, il n’est donc pas surprenant d’entendre Ottawa.

Outre la nomination fédérale d’un gouverneur général non francophone, un tiroir de l’histoire de l’entreprise québécoise mérite d’être ouvert pour examiner la situation chez Air Canada. Elle remonte à la période entre 1998 et la fin 2009, les années où Hunter Harrison était chef de l’exploitation puis chef de la direction du Canadien National, basé à Montréal. L’étendue de la connaissance du français du natif du Tennessee s’élevait essentiellement à un mot.

« Bonjour à tous », c’est ainsi qu’il a ouvert une réunion d’entreprise. Selon la fille de Harrison, Cayce, son père a fait une tentative pathétique d’apprendre le français, faisant exactement une session sur Rosetta Stone avant d’abandonner l’école.

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Pas génial, mais le CN ne semblait pas s’en soucier non plus. Lorsque le chemin de fer a racheté l’Illinois Central (IC) en 1998, l’accord qui a amené le savant opérateur à l’entreprise canadienne, la personne qui a insisté pour embaucher Harrison dans le cadre de l’acquisition était Paul Tellier, alors PDG du CN. Tellier, un Canadien français, avait auparavant été chancelier du Conseil privé à Ottawa. Il dirigeait la fonction publique fédérale, alors il savait tout du bilinguisme.

Le directeur financier de Tellier, numéro deux du chemin de fer et négociateur clé de l’accord CN-IC était Michael Sabia, plus tard PDG de la BCE basée à Montréal, suivi de la Caisse de dépôt et placements, le géant québécois des retraites. Sabia est désormais vice-ministre des Finances de Chrystia Freeland. L’entente de Tellier et Sabia pour l’achat d’IC, l’une des transactions les plus transformatrices de l’histoire moderne des entreprises canadiennes, était conditionnelle à l’embauche du unilingue Harrison.

Harrison ne s’attendait certainement pas à être le successeur de Tellier. Mais lorsque ce dernier a brusquement quitté le chemin de fer à la fin de 2002 pour diriger Bombardier, le conseil d’administration surpris du CN s’est tourné vers le Tennessean pour le remplacer. Le fait qu’Harrison ne parle pas français ne semble pas être un facteur à l’époque, ni pendant les sept années suivantes au cours d’un mandat qui a conduit à des milliards de bénéfices et à une augmentation de la valeur marchande.

L’entreprise québécoise ne devrait certainement pas s’incliner devant tous les investisseurs. Mais on se demande si TCI, l’actionnaire activiste basé au Royaume-Uni qui détient environ cinq pour cent du CN et qui a soulevé un tollé public sur les performances du conseil d’administration et du directeur général du chemin de fer, se soucie un peu de la langue que parle le PDG. On ne s’attendrait pas non plus à ce que ce soit la préoccupation du principal actionnaire du CN, Cascade Investment LLC, le véhicule d’investissement de Bill Gates.

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Mais revenons à Air Canada. Rousseau s’est clairement trompé, l’a aggravé et a insulté beaucoup. Il est probable qu’il a profondément regretté ce qu’il a dit et dans les 24 heures, il s’est engagé à améliorer son français. Compte tenu de l’exemple de Harrison, cependant, combien Rousseau devrait-il avoir une ecchymose?

De plus, Air Canada, comme d’autres compagnies aériennes, fait des allers-retours depuis mars 2020. Rousseau s’est sans aucun doute cassé les fesses pour maintenir en vie un élément crucial de l’infrastructure canadienne et une compagnie aérienne basée au Québec et la remettre sur pied. . .

Cela dit, il vaut peut-être la peine de regarder l’exemple de feu Rusty Staub, un ailier de la formation inaugurale des Expos de Montréal. Le roux Staub, originaire de Louisiane, s’efforçait respectueusement d’apprendre le français et de le parler publiquement sans qu’on le lui demande. Non seulement Le Grand Orange est devenu l’une des vedettes de l’Expo, mais Staub est aussi devenu un héros populaire au Québec.

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