Les scientifiques examinent les caractéristiques de la nouvelle sous-variante Omicron BA.2

Des études sont en cours pour découvrir les caractéristiques précises de la dernière variante Covid-19 « BA.2 ». Il représente déjà la plupart des cas les plus récents dans plusieurs pays, dont l’Inde, le Danemark et la Suède. Mais, pour le ministre français de la Santé Olivier Véran, l’arrivée de cette sous-variante en France n’est pas « un tournant ».

BA.2, surnommé « le petit frère d’Omicron », a fait sa première apparition en France il y a quelques semaines. Evoqué pour la première fois par Véran lors d’une conférence de presse le 20 janvier, ce nouveau dérivé du Covid-19 est examiné par des scientifiques.

  • D’où vient BA.2 ?

BA.2 a été identifié pour la première fois en Inde et en Afrique du Sud fin décembre 2021. Il s’agit d’une sous-variante, qui aurait émergé d’une mutation d’Omicron (officiellement connue sous le nom de BA.1). Omicron lui-même est né d’une mutation Delta. D’autres faits saillants ont déjà été mentionnés, comme BA.3 ou BB.2, mais ont moins retenu l’attention des épidémiologistes en raison de l’augmentation spectaculaire des cas de personnes ayant contracté BA.2.

BA.2 a plus de 20 mutations, dont environ la moitié se trouvent dans la protéine de pointe. C’est la fameuse protéine qui interagit avec les cellules humaines et qui est la clé pour que le virus pénètre dans l’organisme.

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  • Cette sous-variante est-elle aussi dangereuse qu’Omicron ?

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui avait classé Omicron comme une « variante inquiétante », ne fait pas de distinction entre lui et sa sous-lignée BA.2 à ce stade. Pour sa part, Véran a déclaré que « dans la mesure où nous en savons pour le moment, cela correspond plus ou moins aux caractéristiques que nous connaissons d’Omicron ». Ce n’est pas « un tournant » à ce stade, a ajouté Véran pour tenter de rassurer.

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Le BA.2 est étudié de près par la communauté scientifique, mais il n’existe toujours pas de données précises sur sa résistance aux vaccins ou sur la gravité des cas de Covid-19 qu’il provoque. Les scientifiques commencent à s’exprimer sur le sujet, tout en restant prudents.

Le virologue Tom Peacock de l’Imperial College de Londres a tweeté que « les toutes premières observations de l’Inde et du Danemark suggèrent qu’il n’y a pas de différence dramatique de gravité par rapport à BA.1. Ces données devraient devenir plus solides (d’une manière ou d’une autre) dans les prochaines semaines. « .

Peacock a ajouté qu ‘ »il y aura probablement des différences minimes dans l’efficacité des vaccins contre BA.1 et BA.2. Personnellement, je ne suis pas sûr que BA.2 aura un impact substantiel sur la vague pandémique actuelle d’Omicron.

« Plusieurs pays sont proches ou même au-delà du pic des ondes BA.1. Je serais très surpris si BA.2 provoque une deuxième onde à ce stade. Même avec une transmissibilité légèrement plus élevée, il ne s’agit en aucun cas d’un changement Delta-Omicron et au lieu de cela, il est probable qu’il soit plus lent et plus fin « , a-t-il prédit.


Pour l’épidémiologiste Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale de l’Université de Genève, la surveillance des infections devrait permettre de tester la résistance du BA.2, notamment si des personnes infectées par l’Omicron classique sont recontaminées par le sous-variant. Cependant, il existe un besoin de disposer des moyens de détecter une contamination BA.2 dans la population, ce qui apparaît délicat à ce stade et ne semble pas aller de soi.

  • Pourquoi BA.2 est-il si difficile à retrouver ?

BA.2 pose certains défis aux scientifiques, car il n’est pas facile à tracer. Une variation dans les protocoles de test PCR et le fait que le type de kit varie d’un laboratoire à l’autre rend difficile l’identification fiable de BA.2, selon Florence Débarre, biologiste à l’Institut d’écologie et des sciences de l’environnement de Paris, interviewé par Libération. « Au Royaume-Uni, la manière dont les tests sont effectués ne permet pas de faire la distinction entre BA.2 et Delta », explique Débarre.

Il existe un outil plus précis mais moins couramment utilisé pour la surveillance des variants : le séquençage génétique du virus. Cela vous permet d’identifier la présence exacte de cette sous-variante. Mais en France, par exemple, seuls certains des tests de laboratoire sont soumis de manière aléatoire à cette forme d’analyse plus approfondie et coûteuse. Le séquençage présente également l’inconvénient d’être lent, ce qui signifie qu’il n’est pas adapté au suivi d’une variante à propagation rapide.

  • Où BA.2 est-il le plus dominant ?

La sous-variante a été détectée dans au moins 43 pays sur tous les continents. On pense qu’il est devenu la variante la plus courante dans de nombreux pays, dont l’Inde, le Danemark et la Suède. Au Danemark, le nombre de cas quotidiens de Covid-19 a recommencé à augmenter, juste au moment où les Danois pensaient avoir déjà atteint un pic.

L’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA) a identifié plus de 400 cas au Royaume-Uni au cours des 10 premiers jours de janvier.

« Les autorités danoises n’ont aucune explication à ce phénomène, mais il est surveillé de près », a indiqué l’Agence française de santé publique, qui suit les derniers développements au Danemark. Cela « suggère que BA.2 est encore plus transmissible », a convenu Débarre. En Europe, BA.2 a également été séquencé au Royaume-Uni, en Allemagne, en Belgique, en Italie et en France, tandis que l’Amérique du Nord, l’Asie et l’Australie ont également enregistré des cas.

  • Le BA.2 évolue-t-il si vite en France ?

A ce jour, la sous-variante a été détectée « à des niveaux très faibles » en France, précise l’agence française de santé publique. « Nous avons une situation internationale où la variante Omicron circule beaucoup, il est donc normal d’observer des sous-variantes dans le temps », a déclaré l’agence le 21 janvier.

On pensait que la France avait atteint son apogée à la mi-janvier. Mais les nouvelles infections semblent repartir à la hausse, à la surprise générale. 425 183 Français ont été testés positifs au Covid-19 le 20 janvier. Au cours des sept derniers jours, le nombre moyen de cas par jour était de 337 192, soit 9 % de plus que la semaine précédente.

BA.2 risque de relancer l’épidémie en France, a déclaré Flahault, interrogé par L’expédition. « Au Royaume-Uni, le nombre de nouveaux cas de Covid-19 diminue de moitié tous les sept jours […] Nous nous attendions à ce que la France emboîte le pas avec un retard de deux semaines – ce n’est pas le cas. Et cette nouvelle variante pourrait être à l’origine de la très récente augmentation des contaminations que nous observons actuellement ».

« Il est essentiel que les systèmes de surveillance épidémiologique-clinique aient la capacité de définir très rapidement les caractéristiques du nouveau variant », a averti le conseil scientifique le 20 janvier. Celles-ci « doivent être prévues et préparées ».

Flahault a déclaré que le mot d’ordre était la vigilance, pas la panique, car « pour l’instant on a l’impression que la gravité (boîtier BA.2) est comparable aux » boîtiers Omicron classiques.

Cet article a été traduit de l’original en français.

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