Washington ne se faisait aucune illusion mais espérait apparaître moins seul dans sa stratégie de lutte contre le nucléaire iranien. Cela n’a pas fonctionné. Le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) a rejeté, vendredi 14 août, une résolution américaine visant à étendre l’embargo sur les ventes d’armes à l’Iran qui expire en octobre, mettant en colère les États-Unis qui ont dénoncé un vote «Inexcusable».

Le projet de Washington n’a été approuvé que par deux pays, a annoncé l’Indonésie, qui préside actuellement cet organe. Deux autres, la Russie et la Chine, ont voté contre et les onze membres restants du Conseil se sont abstenus, parmi lesquels la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, alliés européens des États-Unis.

Si le texte avait obtenu neuf votes favorables, Pékin et Moscou – qui ont l’intention de vendre des armes à Téhéran dans un proche avenir – leur auraient certainement opposé leur veto en tant que membres permanents, mais ce n’était pas nécessaire.

«Les États-Unis n’abandonneront jamais nos amis de la région qui attendaient plus du Conseil de sécurité. Nous continuerons d’œuvrer pour que le régime terroriste théocratique ne soit pas libre d’acheter et de vendre des armes qui menacent le cœur de l’Europe, le Moyen-Orient et au-delà », a déploré le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, dans un communiqué.

Selon le secrétaire d’État, l’institution mondiale, qui regroupe les grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni et France), “N’a pas réussi aujourd’hui à remplir sa mission fondamentale”, à savoir “Maintenir la paix et la sécurité internationales”.

Conseil de sécurité “Rejeté une résolution raisonnable visant à prolonger un embargo sur les armes de treize ans contre l’Iran et a ouvert la voie au premier État soutenant le terrorisme au monde pour acheter et vendre des armes conventionnelles sans restrictions de l’ONU, pour la première fois en plus d’une décennie”», a-t-il déploré, estimant qu’il était ainsi allé à l’encontre des souhaits de nombreux pays arabes et d’Israël.

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Test solide

Ce vote devrait jeter les bases d’un long test de force avec des répercussions sur l’accord international de 2015 conclu pour empêcher Téhéran d’acquérir des armes nucléaires. L’embargo sur les armes expire en fait le 18 octobre, aux termes de la résolution ratifiant cet accord.

Cependant, bien que le président Donald Trump ait retiré en 2018 les États-Unis l’accord nucléaire iranien, qu’il jugeait insuffisante, la diplomatie américaine menace désormais d’invoquer son statut de «Participant» à ce même texte, issu de la résolution de 2015, d’imposer unilatéralement le rétablissement des sanctions onusiennes levées en échange d’engagements nucléaires iraniens. Mike Pompeo n’a cependant pas réitéré directement cette menace dans sa déclaration après le vote.

Une telle manœuvre, sur la base d’un argument juridique contesté par de nombreux membres du Conseil, y compris parmi les alliés européens de Washington, risquerait de pousser l’Iran à claquer définitivement la porte de l’accord nucléaire, qu’il a déjà. a commencé à se désengager. Et donc pour enregistrer la mort du texte de 2015.

Les détracteurs de l’approche américaine soupçonnent l’administration Trump de vouloir justement parvenir à cette issue fatale avant l’élection présidentielle de novembre aux Etats-Unis, et plusieurs pays, pourtant a priori pourtant favorables à une prolongation de l’embargo, comme les Européens, ont donc refusé jouer le jeu américain.

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Échange Macron-Trump pour une action urgente

La fin de l’embargo “Pourrait avoir de graves conséquences sur la sécurité et la stabilité régionales”, a ainsi reconnu Anne Gueguen, Représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations Unies.

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“Cependant, la France s’est abstenue sur le projet de résolution proposé car il ne constitue pas une réponse appropriée”, a-t-elle ajouté, accusant sans enthousiasme les Américains de ne pas avoir recherché le consensus et de mettre en danger “L’autorité et l’intégrité du Conseil de sécurité”.

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Selon la Maison Blanche, le président américain, Donald Trump, et son homologue français, Emmanuel Macron, se sont entretenus vendredi, lors d’un entretien téléphonique, “Le besoin urgent d’une action de l’ONU pour prolonger l’embargo sur les armes en Iran”.

Le monde avec l’AFP