Des milliers de personnes ont manifesté samedi 12 décembre, pour la troisième semaine consécutive en France, sans incidents majeurs, pour dénoncer à leurs yeux la proposition très controversée d’une loi de sécurité mondiale “Liberticide”et le projet de loi du gouvernement “Séparatisme”. Appelée par un collectif de syndicats, d’associations ou de mouvements politiques de gauche, cette nouvelle journée de mobilisation s’est déroulée sous une très forte présence de la police, notamment à Paris, pour éviter la répétition d’incidents violents des précédents rassemblements.

La coordination Stop Global Security Law, qui regroupe les syndicats, les collectifs et les associations de défense des droits humains, et à l’initiative de la mobilisation depuis le 28 novembre, avait convoqué des manifestations dans la région mais pas à Paris. “La coordination (…) estime que les conditions de sécurité des manifestants ne sont pas garanties “, il avait justifié.

Certaines des organisations de cette coordination ont cependant décidé de l’ignorer et ont appelé des manifestations de la place du Châtelet à celle de la République. Cette manifestation a été dûment enregistrée auprès de la préfecture de police, qui ne l’a pas interdite.

Dans la capitale, de nombreuses unités CRS et gendarmes mobiles ont surveillé de près les milliers de personnes – 10 000 selon les organisateurs – qui manifestaient. L’ambiance de la marche était très tendue et la police est intervenue régulièrement “Défiez les éléments radicaux” est “Empêcher la formation d’un bloc noir”, a justifié la préfecture de police.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a fait état de 142 arrestations lors de la manifestation à Paris samedi soir et s’est félicité de l’attitude de la police, qui, selon lui, a permis d’éviter les violences. «La force est restée avec la loi. Plusieurs centaines de voyous étaient venus commettre des violences. La stratégie de fermeté anti-cambriolage – 142 arrestations et encadrement de la marche – a permis de les prévenir, de protéger les commerçants “, a écrit M. Darmanin sur Twitter.

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Système très important de CRS et de gendarmes mobiles

Rassemblé derrière une énorme bannière proclamant “Arrêtez les lois liberticides, arrêtez l’islamophobie”, les manifestants avaient commencé à marcher vers 15h00 en direction de la place de la République, sous la pluie. «Nous ne pouvons pas rester chez nous face à ce qui se passe actuellement dans le pays, et qui est grave. Le gouvernement balaie la législation, il n’y a pas d’examen parlementaire et [il] réduit nos libertés texte par texte “, estime Christophe, professeur de philosophie de l’art de 47 ans, interviewé par l’Agence France-Presse (AFP).

“N’est pas fini”, a ajouté la députée de La France insoumise (LFI) Danièle Obono, “Depuis plusieurs semaines, les jeunes se sont mobilisés en grand nombre pour demander un avenir différent de la précarité et de la restriction des libertés que le gouvernement veut leur imposer”.

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Ces deux derniers samedis, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Paris et dans la région pour demander le retrait du texte. Ces manifestations ont été le théâtre, notamment dans la capitale, de violents affrontements entre policiers et manifestants qualifiés de“Ultras” ou de “Breakers” par les autorités. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait signalé 95 arrestations et Samedi dernier 67 blessés entre policiers et gendarmes.

Des policiers d'une société de sécurité et d'intervention (CSI), lors de la manifestation du 12 décembre à Paris.

“Trop de restrictions”

UNE Lyon, où la préfecture a identifié environ 2 000 manifestants, la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour répondre aux balles ou pour disperser la marche à l’issue de la manifestation. À Toulouse, 1200 personnes ont manifesté, elles étaient mille Marseille.

Plus tôt dans la journée, quelque 1800 personnes ont défilé pacifiquement dans le centre Montpellier, selon la préfecture. “Je ne proteste pas seulement contre la loi sur la sécurité mondiale, explique Coline Marguet, une étudiante de 23 ans. Nous nous dirigeons vers trop de restrictions, en général. “ “Notre devoir en tant que citoyens est de veiller à ce que nos droits soient respectés”Anne-Marie Briand, médecin de 49 ans, a ajouté, brandissant une pancarte “Un flic flou est un flic flou”.

Près de 1300 personnes ont également défilé samedi à Strasbourg. Derrière une grande bannière “Tous ensemble contre la loi sur la sécurité mondiale” A l’ouverture de la procession, de nombreux panneaux ont été brandis avec ces slogans: “Plus de caresses, moins de SR”, “Police floue, justice aveuglée” ou “Équilibrez vos armes”. “La mobilisation reste forte, l’opposition continue”Laurent Feisthauer, secrétaire général du syndicat départemental CGT, a déclaré à l’AFP. «C’est une loi qui viole les libertés. Et nous le voyons déjà, alors que nous avons toujours eu des manifestations pacifiques ici, les contrôles sont systématiques pour atteindre le rassemblement, les drapeaux sont confisqués et nous sommes bloqués à l’arrivée. Les relations sont tendues sans raison “, il était indigné.

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Adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale, la loi sur la sécurité mondiale suscite depuis des semaines de vives critiques de la gauche, des journalistes et des ONG qui défendent les libertés, en particulier son article 24, qui sanctionne la diffusion préjudiciable d’images policières. Le texte est accusé par ses détracteurs de porter atteinte à la liberté de la presse, d’expression et de manifestation “Et pour créer des outils de surveillance de masse”. Ces critiques ont été renforcées par le passage à tabac filmé du producteur de musique Michel Zecler par des policiers, 21 novembre. Face à la clameur suscitée par l’article 24, le gouvernement a finalement laissé au Parlement le soin de trouver un nouveau libellé alors que le texte devrait être renvoyé au Sénat en janvier.

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De nombreux manifestants ont également dénoncé plusieurs décrets publiés le 4 décembre qui autorisent la collecte et le stockage des données personnelles par le ministère de l’Intérieur “Concernant les opinions politiques, les croyances philosophiques ou religieuses ou l’appartenance à des syndicats” des personnes susceptibles de “Saper la sécurité publique”. “Je pense que nos droits et libertés sont gravement attaqués par le gouvernement”, concernait Catherine Leduff, institutrice et membre du SNES-FSU. «C’est une criminalisation de l’implication syndicale, a ajouté Gauvain End, co-secrétaire du département FSU. Nous essayons de détruire toute tentative de contestation avec un arsenal législatif et répressif. “

Entre 200 et 300 personnes se sont également rassemblées Petit pour dénoncer le projet de loi mondiale sur la sécurité mais aussi le projet de loi contre le gouvernement “Séparatisme”, jugé “Islamophobe”. “Tout est un peu lié, la volonté de faire taire l’opposition, la stigmatisation des musulmans”, a jugé Samuel, un graphiste informatique.

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Présenté en Conseil des ministres mercredi, ce projet de loi vise à renforcer la lutte contre l’islamisme radical, au lendemain de l’attaque jihadiste qui a causé la mort du professeur Samuel Paty, assassiné par un terroriste islamiste près de son collège de Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), le 16 octobre.

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Le monde avec l’AFP