Mauvais nombres de Covid-19: menace de déconfinement

Le voyant vert de décontamination devient orange. Lundi soir, le directeur général de la santé a mis en garde: les données de l’épidémie sont moins bonnes qu’espéré. Explications.

Que disent les chiffres?

Le virus n’a rien perdu de sa capacité à surprendre. Alors que nous pensions qu’il était sur la bonne voie, ici, il a refusé de baisser les bras pendant dix jours. «Malgré tous nos efforts, le risque de reprise épidémique est élevé», a reconnu lundi soir Jérôme Salomon, directeur général de la santé. Non seulement le nombre de contaminations quotidiennes ne diminue plus, mais il est “particulièrement” élevé chez les plus de 75 ans. Et alors que le gouvernement comptait sur un nombre “d’environ” 5 000 cas par jour à la mi-décembre, c’est-à-dire en une semaine, les courbes montrent le double de la cible (sauf ce lundi en raison des données de tracé liées au week-end).

«Si ce ralentissement se confirme, nous n’aurons pas franchi ce seuil», confie l’épidémiologiste de l’Institut Pasteur Simon Cauchemez, dont les modèles guident les choix du gouvernement.

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En réanimation, avec actuellement 3 198 occupants, il y a de moins en moins de patients, mais là aussi la situation s’améliore plus lentement que prévu. Nous ne devrions atteindre que 2500 à 3000 patients, deuxième condition posée par Emmanuel Macron pour faciliter l’accouchement à partir du 15 décembre.

«Et comme nos services de maladies infectieuses se vident de moins en moins, nous craignons un impact sur la poulie dans les deux prochaines semaines», prévient le spécialiste des maladies infectieuses Christian Rabaud, président du comité médical du CHU de Nancy (Meurthe-et-Moselle).

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Que se passera-t-il le 15 décembre?

C’est la menace qui se profile. Si les chiffres continuent d’être mauvais, les restrictions seront-elles levées d’ici le 15 décembre, comme l’espèrent tous les Français? Une question à laquelle les autorités refusent de répondre aujourd’hui, mais qui devrait être résolue ce mercredi lors du Conseil de défense. Pourtant, ce lundi soir, Jérôme Salomon n’a rien exclu, tentant d’avancer: «Notre stratégie s’adapte en continu et en temps réel. Et le directeur général de la santé d’épargner la population, saluant ses «nombreux efforts» et faisant appel à son bon sens pour les fêtes de fin d’année.

«Compte tenu de la situation, je crois qu’on ne peut pas passer à la phase 2 et qu’il faut s’en tenir à 1, l’emprisonnement, prévient l’épidémiologiste bien connu Dominique Costagliola. Je ne vois aucune raison d’assouplir les mesures actuelles. Peut-être à Noël, mais quand on sait ce qui s’est passé. Thanksgiving Day… “Tout le monde a en tête le fiasco des grandes tables familiales, l’origine des bombes virales au Canada et aux États-Unis. Par conséquent, une vidéo largement diffusée dans laquelle Brian Pallister, le premier ministre de l’Ouest canadien, supplie , au bord des larmes, de ne pas se rencontrer pendant les vacances: «Je suis le garçon qui vole Noël pour te protéger.» En France, l’objectif est de freiner l’épidémie à tout prix et à temps pour ne pas mettre fin à ce triste scénario .

Comment on est venu ici?

Pour Gilles Pialoux, responsable des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon à Paris, le coupable est tout redécouvert, détente avant l’heure. «On parle d’emprisonnement mais de quel emprisonnement? Il suffit de parcourir les rues de Paris pour constater que la plupart des gens ne le respectent pas.» S’abstenant de pointer du doigt les Français, le professeur Salomon avance plutôt l’explication du thermomètre.

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Mercure a chuté ces jours-ci, nous obligeant à nous cacher à l’intérieur. «L’hiver est la saison idéale pour la transmission des virus respiratoires», précise la DGS. La saison sera très difficile, il faudra du temps pour contrôler l’épidémie. Mais avouons-le, les raisons ne sont pas claires. Selon l’épidémiologiste Simon Cauchemez, «cela pourrait être dû à un ralentissement, à un retour au travail trop tôt, ou avec des amis… Il est trop tôt pour le dire. “

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Mais déjà, une «obscurité ambiante» est palpable à l’hôpital. «Les soignants ont clairement l’impression qu’ils n’auront pas de souffle d’oxygène avant la nouvelle explosion, pas de répit, ils perdront la spécialiste des maladies infectieuses Nancy Christian Rabaud. Non seulement ils savent qu’ils travailleront très dur à Noël, mais que Noël même aura un impact sur le mois de janvier! Les vacances sont le début de l’aggravation annoncée. “

Quelles sont les régions où l’épidémie recommence?

Précisément celui du professeur Rabaud, dans le Grand-Est, en particulier dans la Moselle, le Bas-Rhin et la Meurthe-et-Moselle. Ici, comme en Occitanie, il y a une «tendance légèrement haussière», souligne Jérôme Salomon. «Il faut redoubler de vigilance pour éviter que l’épidémie n’invite des vacances, ce qui n’est pas totalement exclu compte tenu de la situation actuelle», a assuré lundi le directeur de la Régie régionale de la santé d’Occitanie.

Six régions atteignent un plateau: Bourgogne Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne, Centre-Val de Loire, Corse et Pays de la Loire. Pause plutôt en Ile-de-France ou dans la région du Paca, très affectée par la deuxième vague.

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Comment sortir?

Rejeter un peu plus le déconfinement, selon l’épidémiologiste Dominique Costagliola. Et surtout, ne pas retourner au travail. “Quand j’ai entendu Élisabeth Borne (Note de l’éditeur: ministre du Travail) parlait déjà de rendre le télétravail plus flexible le 1er janvier, cela m’a fait exploser! »Et à Noël, nous devrons grimper sur nos pieds blancs. Le spécialiste des maladies infectieuses Gilles Pialoux recommande de protéger le public vulnérable pendant les festivités.

«Mieux vaut aller visiter les résidents de la maison de retraite un à un que de les sortir, sinon il faut éviter de les mélanger à table, un test PCR 48 heures avant la rencontre me semble indispensable, et un après. Quant au calibre des six à la table, c’est important. “

“Ce n’est pas aux médecins de dire quoi faire”, se souvient Christian Ravaud. Mais il me semble que moins il y a de cacophonie sur les mesures, plus elles seront acceptées par la population. Aujourd’hui, il doit absolument suivre. Sans cela, nous ne pourrons pas le faire. “

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