L’ancien parrain de l’extrême droite française, Pierre Sidos, le fondateur de l’Opéra français, pétainiste et antisémite, est décédé discrètement le vendredi 4 septembre, à l’âge de 93 ans, après avoir persécuté les coulisses du nationalisme français entre les deux – des biens. Fils de François Sidos, haut chef de milice fusillé en 1946, il s’enrôla en 1943 dans les rangs du Français Marcel Bucard, l’un des fondateurs de la Légion des Volontaires Français contre le Bolchevisme (LVF), condamné à la libération, mais mineur, et en 1947, il fut gracié.

Il fréquente ensuite pendant un certain temps le Mouvement d’unité socialiste français, fondé par l’ex-Waffen SS René Binet, puis fondé en octobre 1949 l’un des premiers groupes permanents de l’extrême droite de l’après-guerre: Jeune Nation, avec deux de ses frères, Jacques – également jugé après la guerre pour collaboration – et François. Le mouvement adopte la croix celtique, qui est rapidement devenue le symbole du néo-fascisme, est structurée et hiérarchisée sous une direction dite «conductrice» à l’italienne, et accueille l’ancienne Indochine, ou anciens collaborateurs, qui luttent contre la décolonisation. Jeune Nation a commencé à organiser des dépôts d’armes, mais ce n’était encore qu’un petit groupe lorsque le mouvement a été dissous le 15 mai 1958, deux jours après le putsch d’Alger.

Il renaît aussitôt sous le nom du Parti nationaliste, poussé par un jeune intellectuel, Dominique Venner, qui a tenté de rassembler toutes les chapelles de l’extrême droite – Venner s’est suicidé au cœur de Notre-Dame de Paris, en 2013. Il Oui traite clairement de la prise de pouvoir, au moyen d’armes: “Ne jamais aborder des sujets qui pourraient choquer, dans la manière de les présenter, aux nouveaux arrivants ou aux jeunes membres, Venner écrit, cité par l’historien Nicolas Lebourg. Par conséquent, le problème métique, que nous expliquons très bien, ne doit jamais, dans une présentation ou dans une conversation, être abordé du point de vue du crématoire ou du pain de savon, et quelles que soient les mesures que nous devrons prendre quand nous le serons. en puissance. Il serait également faux d’indiquer que la révolution que nous voulons faire doit se terminer par des milliers de morts ou des dizaines de milliers de morts. “

Action clandestine pour l’Algérie française

Le parti a organisé une grande réunion le 6 février 1959, en hommage au jour du soulèvement de 1934, et Pierre Sidos a expliqué qu’il était nécessaire de mettre en place le “Séparation de la synagogue et de l’E. tat “. Le mouvement est dissous une semaine plus tard et ses dirigeants s’engagent dans une action clandestine pour l’Algérie française, Sidos et l’un de ses frères participent à la préparation de l’attaque du Petit-Clamart sur de Gaulle. Sidos a été contraint de se cacher de 1960 à 1962, mais est resté en contact avec des généraux sectaires et certains politiciens, comme Jean-Marie Le Pen – qui a pris soin de ne pas militairement activement dans l’OEA. Sidos et Venner sont finalement arrêtés à la veille de la tentative de coup d’État des généraux contre le général de Gaulle en avril 1961.

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Libéré de prison, Venner fait campagne pour que les restes de Young Nation évoluent vers une signification raciste et néo-païenne, qui sera le germe de la nouvelle droite. Sidos part fonder le mouvement occidental, avec lequel il se dispute rapidement, avant de fonder le 6 février 1968 un nouveau groupe, l’Œuvre française. Il a également tenté de se présenter à la présidence un an plus tard, ce qui a été rejeté par le Conseil constitutionnel.

L’Opéra Français restera un petit groupe, d’inspiration léniniste pour l’organisation, avec une formation armée dans la forêt de Fontainebleau. Pierre Sidos se déclare président à vie et broie au fond une sorte d’antisémitisme néo-opétainiste, obsessionnel, racial et conspirateur, rêvant toujours d’un possible coup d’État. Pendant ce temps, Jean-Marie Le Pen rejoint les chapelles d’extrême droite depuis 1972 au Front national, et se moque de son ancien rival et de son “Église de Sidologie”, qui ne réussira que “Peindre des croix celtiques sur les murs”, commente l’historien Nicolas Lebourg.

“Nationalisme organique”

Sidos tombe peu à peu dans l’ombre, mis à part une rare apparition sur le “Ciel, mon mardi!” », 6 février 1990, où il s’est déclaré antisémite “Ni plus ni moins que Saint Louis”. En 1996, il prétend soutenir le FN et autorise ses militants à rejoindre le parti lépéniste au début des années 2000, dont notamment Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac, qui font campagne pour que Bruno Gollnisch succède à Jean-Marie Le Pen, et que sa fille finira par exclure. Sidos, il doute de la capacité du nouveau président à diriger le pays, également appelé en 2010, dans l’hebdomadaire d’extrême droite Rivarol, pour interdire le “Tous électoraux” au profit d’un “Nationalisme organique”. Il quitte la présidence de L’Œuvre française en 2012, où Benedetti lui succède, jusqu’à sa dissolution en 2013.

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Dans l’une des très rares interviews, accordées à David Doucet dans la revue Charles en 2010, Pierre Sidos a souligné la cohérence de sa carrière: «Je crois que j’ai toujours défendu les mêmes idées depuis que je suis jeune. Je n’ai pas beaucoup changé en quatre-vingts ans. “

Pierre Sidos en quelques dates

Les rendez-vous

– 6 janvier 1927. Né à Saint-Pierre d’Oléron

– 1946. Condamné pour actes de collaboration

– 1949. Fonde Jeune Nation

– 1964. Fonde l’Occident

– 1968-2012. Fonde et préside l’Opéra français

– 4 septembre 2020. Décès à l’hôpital de Bayeux (Calvados)