Arrivé au pouvoir en 1999, alors que le locataire de la Maison Blanche s’appelait Bill Clinton, Vladimir Poutine rencontrera, avec Joe Biden, son cinquième président américain. Qu’il suffise de dire que le chef de l’Etat russe, grâce à cette préséance, ne s’est pas précipité pour féliciter le vainqueur de l’élection présidentielle.

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Dimanche matin, ni le président ni le ministère des Affaires étrangères n’avaient fait le moindre commentaire, contrairement à bon nombre de leurs homologues étrangers. Même les tireurs d’élite habituels de la diplomatie russe, inépuisables pendant les longues heures incertaines qui ont vu vaciller la démocratie américaine, sont restés silencieux.

Sans surprise, l’élection de Joe Biden est considérée à Moscou comme une mauvaise nouvelle. Ces dernières semaines, des experts russes ont tenté de relativiser la portée, soulignant que les relations entre Washington et Moscou étaient vouées à se détériorer quel que soit le vainqueur des élections américaines. A l’appui de ce constat, la déception née des années Trump: le président sortant, malgré tous ses signes d’amitié pour Poutine, n’a jamais réussi à inverser le cours des relations bilatérales. Sous sa présidence, les sanctions contre Moscou sont devenues une mesure de routine de l’administration américaine.

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Responsabilités personnelles

Magnanime, il lui avait accordé le leadership russe “Circonstances épuisantes”, en l’occurrence l’inertie de l’administration américaine et l’existence d’un consensus bipartisan anti-russe à Wahington. Avec Biden, c’est tout autre chose: le démocrate est un ennemi déclaré, à l’instar de son ancien patron, Barak Obama, une figure détestée à Moscou. C’est lui, à l’époque Obama, qui a supervisé le dossier ukrainien, théâtre d’une opposition frontale entre les deux capitales. “Il n’y a pas de meilleur candidat pour la Russie, mais Biden est plus dangereux”, résume à nouveau, au lendemain des élections, le député Alexei Pouchkov.

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Entre MM. Biden et Poutine, il y a aussi une responsabilité personnelle. En 2011, depuis Moscou, l’Américain avait publiquement estimé que Vladimir Poutine, alors Premier ministre, aurait mieux fait de ne pas revenir à la présidence. “Pour lui et pour son pays”. Une offense et une tache indélébile. En octobre 2019, Joe Biden était encore plus insultant: «Poutine sait que si je deviens président des États-Unis, ses jours de tyrannie et de menaces contre nous et les pays d’Europe centrale sont révolus. “

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