À l’approche de l’hiver peur des agents de santé qu’un afflux de patients atteints de grippe saisonnière s’ajoute à celui des patients atteints de Covid-19. Le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, conseillé faire “Un geste citoyen”, se faire vacciner. Mais de nombreux messages encouragent les gens à refuser le vaccin. Ils sont basés sur une étude vraisemblablement “Réalisé au sein de l’armée américaine”, selon lequel l’injection augmenterait le risque de contracter Covid-19 de 36%.

Ce que disent ces messages

UNE article publié le 27 septembre sur la plateforme participative Agoravox indique qu’une “Collectif interprofessionnel des aidants belges” a engagé une action urgente devant le tribunal de Bruxelles pour signaler “Recommandation officielle surréaliste d’une vaccination massive contre la grippe saisonnière”. Selon la même source, “Une étude récente (2020) menée au sein de l’armée américaine rapporte un risque accru de 36% d’infection à coronavirus pour les personnes qui ont reçu une vaccination contre la grippe saisonnière”.

UNE image partagée sur Facebook rapportant les propos de la virologue Judy Anne Mikovits, connue pour son opposition à la vaccination, utilise ce chiffre. Le scientifique américain l’assure également «Les vaccins contre la grippe augmentent le risque de contracter le Covid-19 de 36%».

Capture d'écran prise sur Facebook le 30 septembre 2020

POURQUOI CECI EST MAUVAIS

Une étude avant l’apparition du SRAS-CoV-2

Ces déclarations circulent sur les sites Internet depuis plusieurs mois américain est Français. Ils sont tirés deune étude publiée dans la revue Vaccin. Son auteur, Greg G. Wolff, est chercheur au département américain de la Défense. Son travail se concentre sur “Interférence virale”, un phénomène “Encore mal compris, ce qui pourrait amener certains virus, voire vaccins, à influencer le risque de contracter une autre infection virale en même temps.”, comme le site Web de Centre Déclic, une association canadienne qui œuvre pour le dialogue entre les scientifiques et le public.

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Plus précisément, l’étude cherche à savoir si la vaccination contre la grippe peut augmenter le risque de contracter d’autres virus respiratoires. Pour ce travail, réalisé en Dans le cadre du programme mondial de surveillance des agents pathogènes respiratoires du Département de la défense des États-Unis, près de 9 500 échantillons ont été prélevés sur des membres de l’armée et de leurs familles pour rechercher des virus potentiels.

Le chercheur a ensuite analysé ces données pour savoir si les personnes vaccinées avaient plus de maladies respiratoires que celles non vaccinées pendant la même saison. Les résultats montrent, entre autres, que 7,8% des personnes vaccinées contre la grippe ont contracté une infection à coronavirus durant la saison hivernale 2017-2018, contre 5,8% des personnes non vaccinées. .

Cependant, le SRAS-CoV-2 n’est apparu que fin 2019. “Au moment de l’étude, et même au moment de la publication électronique initiale, Covid-19 n’existait pas encore”, il a insisté l’auteur de l’étude dans une note publiée après le début de la pandémie. Il a en fait examiné quatre types de coronavirus saisonniers (229E, NL63, OC43 et HKU1) qui causent le rhume, et non le SRAS-CoV-2.

“Il n’est pas possible de dire que la vaccination contre la grippe augmente les chances de contracter Covid-19 car il n’y avait pas de vaccination massive en période de Covid”, résume Matthieu Revest, infectiologue au CHU de Rennes.

Un chiffre insignifiant

Pour estimer la taille de la différence entre deux chiffres, ici 7,8% et 5,8%, les épidémiologistes utilisent une mesure statistique appelée «odds ratio» (rapport de probabilité, en anglais), explique Pascal Crépey, épidémiologiste et enseignant-chercheur à l’École de santé publique de Rennes. Cela montre que 36% de plus de patients ont été vaccinés que d’autres infectés par un coronavirus. Cependant, cela ne prouve pas que le vaccin contre la grippe augmenterait considérablement les chances de contracter un coronavirus, sans parler de celui responsable de Covid-19.

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Capture d'écran d'un tableau de l'étude de Greg G. Wolff

Greg G. Wolff dit que ses résultats de recherche ne le font pas “Ne prend pas en charge la visualisation du vaccin contre la grippe saisonnière” et doit, en fait, être interprété ” inversement “, étant donné que, dans l’ensemble, les vaccinés étaient moins malades que les autres: «Une protection significative contre la grippe a été associée à la vaccination et une légère diminution des risques d’infection par d’autres virus respiratoires a également été observée. “ Les légères différences observées, comme pour les coronavirus, ne sont pas statistiquement convaincantes.

«De nombreux virus différents ont été testés dans cette étude. Cependant, il existe un mécanisme classique dans les statistiques selon lequel plus nous testons, plus nous avons de chances de trouver quelque chose sans que cela soit statistiquement significatif. “, Prévient Pascal Crépey. De plus, l’étude ne visait pas à étudier spécifiquement les niveaux de risque des populations vaccinées ou non contre le coronavirus. Le chiffre de 36% est avancé par les opposants au vaccin antigrippal, mais ne prend pas en compte les facteurs d’âge et de saison, qui sont pourtant d’une importance fondamentale en termes d’épidémies causées par des virus respiratoires.

Il n’est donc pas possible d’établir une causalité à partir de ces chiffres, c’est-à-dire un lien de cause à effet, même s’il existe bien une corrélation et que ces données semblent liées. De nombreux phénomènes peuvent ainsi être corrélés, sans que l’un soit la cause de l’autre.

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Le vaccin contre la grippe, une arme indirecte contre Covid-19

“Dire que l’immunité contre la grippe aurait un effet sur d’autres infections respiratoires n’est qu’une hypothèse qui n’a jamais été scientifiquement prouvée.”, tient à rappeler Matthieu Revest, du CHU de Rennes.

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Dans une communiqué de presse publié en mai, la National Academy of Medicine rappelle que ce vaccin est ” essentiel pour protéger la population contre une grave épidémie de grippe saisonnière “. Avec l’objectif particulier, cette année, de faciliter les diagnostics des médecins éviter la confusion entre Covid-19 et la grippe, qui présentent des symptômes assez similaires. Cela pourrait aider à limiter le dépistage inutile, alors que de nombreux laboratoires déjà gonflé, est “Réduisez la charge hospitalière”, conclut Pascal Crépey.