Il est devenu l’un des principaux points d’attaque du trafic de crack dans le nord-est de la capitale. Depuis le début de l’été, le tunnel désaffecté qui passe sous la gare Rosa-Parks (XIXe siècle) s’est progressivement transformé en un lieu «de fortune» pour les toxicomanes et leurs trafiquants de drogue, qui ont ensuite été chassés de la colline de crack (à la porte de la Chapelle), la porte d’Aubervilliers ou le site de la bataille de Stalingrad, placé au centre du plan anti-crack mis en œuvre l’année dernière.

Mais ce «squat» – où vivent en permanence une soixantaine de toxicomanes – a été évacué jeudi matin par la préfecture de police, qui veut le démanteler. Plus de 50 policiers ont été mobilisés pour «évacuer» les squatteurs et «reprendre le terrain» au cœur d’un quartier plongé dans l’insécurité depuis des mois.

L’opération de police a été menée à l’aube. / LP / Jean-Baptiste Quentin

«C’est une opération de police. Ce n’est pas une opération d’hospitalisation », précise-t-il à la préfecture de police où il insiste sur l’urgence de la situation. «Ce point de fixation génère beaucoup de criminalité dans le quartier. De grands combats ont lieu fréquemment dans le tunnel. Il y a des phénomènes de prostitution, de vol, d’attaques autour du site… », indiquent les autorités.

Le risque d’un phénomène de renvoi

Contrairement aux nombreuses évacuations précédemment effectuées dans le quartier, le démantèlement du tunnel squat ne s’accompagne pas d’un volet social. Les occupants du site ne seront pas accompagnés jusqu’au logement mais simplement invités à quitter les lieux. “Utiliser la force si nécessaire”, a déclaré une source proche de l’affaire.

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Organisée depuis un certain temps, l’évacuation du tunnel (qui fait suite à une condamnation à l’expulsion demandée par la SNCF, propriétaire du site) a néanmoins été mise en œuvre après concertation avec les différents partenaires du plan «crack». La préfecture de région, qui compte actuellement 391 toxicomanes dans des sites d’accueil dédiés (le double par rapport à avant l’accouchement), a ainsi libéré 30 places supplémentaires pour accueillir les «évacués» du tunnel.

Je ne suis pas sûr que les personnes concernées (qui sont loin d’être toutes dans la rue) demandent à en bénéficier. Le risque d’un phénomène de report – que les habitants et les élus observent après chaque évacuation – est donc loin d’être négligeable. «Nous en sommes conscients», confirme la préfecture de police qui, dans les prochains jours, augmentera les patrouilles et le personnel de surveillance dans une large zone autour du tunnel Rosa-Parks.

De son côté, la SNCF s’engage à créer une sécurité permanente sur le site. Les vigiles et les maîtres-chiens resteront en place jusqu’à ce que des travaux de sécurité plus lourds soient effectués … et les portes du tunnel (qui n’ont pas résisté aux squatteurs) seront remplacées par des portes solides et infranchissables.