La rébellion contre la fermeture des petites entreprises non alimentaires s’organise et se développe. Plusieurs élus et associations d’élus tels que l’Association des maires de France (AMF) ont demandé, vendredi 30 octobre, l’ouverture pendant le confinement d’autres commerces de proximité, “placé dans une situation de grave déséquilibre de concurrence” par rapport à la distribution de masse.

“Le commerce du centre, déjà affaibli par la première frontière, est mené par des petites entreprises qui n’ont pas la capacité de résister à un déclin soudain et persistant de leur activité sans mettre en danger leur existence même”MFA a déclaré dans un communiqué de presse. À votre avis, “certaines activités telles que les librairies ou les salons de coiffure pourraient être des services essentiels”.

Maires de petites et moyennes villes, comme Brive-la-Gaillarde (Corrèze), Chalon-sur-Saône (Saône et Loire) ou Aubusson (Creuse) ont pris des décrets autorisant l’ouverture d’entreprises non alimentaires. Ils ont fait valoir, comme le maire de Brive-la-Gaillarde, Frédéric Soulier, d’un “violation de l’égalité entre les petites entreprises et les grands et moyens magasins”. Le maire socialiste d’Aubusson, Michel Moine, fait concurrence, lui, “que le fardeau de la responsabilité de l’épidémie est désormais supporté par les commerces locaux”.

Il vaut mieux avoir quatre clients dans 25 magasins plutôt que 100 clients regroupés.

Gilles Platret, maire de LR de Chalon-sur-Saône

vers franceinfo

Des commandes similaires ont été prises dans les Abrets-en-Dauphiné (Isère), Aubusson (Creuse), Barneville-Carteret (Manche), Béziers (Hérault), Colmar (Haut-Rhin), Décize (Nièvre), Faches-Thumesnil (Nord) , Fresnay-sur-Sarthe (Sarthe), Malemort-sur-Corrèze (Corrèze), Migennes (Yonne), Montauban (Tarn-et-Garonne), Perpignan (Pyrénées-Orientales), Valence (Drôme) et Yssingeaux (Haute-Loira) ).

Plusieurs préfectures ont demandé aux maires en question de retirer leurs décrets. Le préfet du Tarn-et-Garonne, par exemple, a demandé au maire de Montauban de se retirer “de suite” votre commande, “sous peine de référé devant le tribunal administratif”. De même, la préfecture de l’Hérault a qualifié l’arrêté du maire de Béziers, Robert Ménard, “illégal”. Prise de commandes à Chalon-sur-Saône e Montauban a également été déclaré illégal par les autorités préfectorales.

RÉ.Des personnalités politiques, comme Bruno Retailleau, se sont manifestées pour défendre les maires. Le sénateur vendéen et président du groupe Les Républicains au Sénat a lancé vendredi une pétition en ligne pour ouvrir des commerces de proximité. Il avait près de 3 500 signatures samedi matin.

En outre, le gouvernement a annoncé vendredi que les départements du livre et de la culture des supermarchés et des spécialités alimentaires seraient “temporairement fermé à partir de ce soir”, par “souci d’équité entre supermarchés et librairies indépendantes”, qui ne sont pas autorisés à ouvrir.