Un reportage d’une chaîne de télévision française dénonçant les restaurants de luxe «clandestins» à Paris, malgré la pandémie, a déclenché une enquête et un tollé politique sur les allégations selon lesquelles l’élite ignorait de manière flagrante les règles qu’elle s’était elle-même fixées.

La chaîne privée M6 a diffusé vendredi un reportage basé sur des images enregistrées avec une caméra cachée provenant d’un restaurant clandestin dans un quartier exclusif de Paris où ni le personnel ni les convives ne portaient de masques.

Tous les restaurants et cafés en France restent fermés pour manger, et le pays a lancé cette semaine un nouveau blocus national limité pour faire face à la croissance des infections à Covid-19.

Le hashtag #OnVeutLesNoms (Nous voulons les noms) est devenu viral sur Twitter, alors que des spéculations tourbillonnaient sur qui aurait pu assister à de tels dîners.

Le procureur de Paris, Rémy Heitz, a déclaré dimanche qu’une enquête pénale avait été ouverte après le rapport pour mettre la vie d’autrui en danger.

L’enquête aurait évalué «si ces soirées avaient été organisées au mépris des réglementations sanitaires et pour déterminer qui étaient les organisateurs et les participants éventuels».

Une source interrogée par M6, dont l’identité n’a pas été révélée et dont la voix était déformée, a déclaré à la chaîne que de telles soirées avaient eu lieu et que les invités présents comprenaient également des ministres.

La source a ensuite été identifiée par les médias et les blogueurs comme étant Pierre-Jean Chalencon, qui dirige le luxueux lieu événementiel Palais Vivienne dans le centre de Paris.

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Dans une déclaration envoyée à l’AFP par l’intermédiaire de son avocat dimanche soir, Chalencon a implicitement admis qu’il en était la source, mais il a également semblé se rétracter de l’affirmation selon laquelle des ministres étaient impliqués, affirmant qu’il ne faisait que faire preuve d ‘«humour» et d’un «sens de l’absurde». “.

Mais le rapport n’était pas un sujet de rire pour les membres du gouvernement, quelques jours à peine après que le président Emmanuel Macron a ordonné de nouvelles restrictions, notamment une brève fermeture d’écoles pour contenir les cas avant que les effets de la campagne de vaccination ne se matérialisent.

Chalencon a déclaré en février que le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, une étoile montante du gouvernement, assisterait à un tel dîner. Attal a nié la plainte avec véhémence.

Mais la vice-ministre de l’Intérieur, Marlene Schiappa, a déclaré à la télévision française que si des ministres ou des législateurs étaient impliqués “ils devraient être condamnés à une amende et à des sanctions comme tout autre citoyen”.

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a insisté: “Tous les ministres, sans exception, respectent les règles”.

Le ministre de l’Intérieur, Gerald Darmanin, a déclaré que les personnes impliquées dans de tels dîners devraient être poursuivies si les allégations du rapport étaient vraies.

“Il n’y a pas deux types de citoyens: ceux qui ont le droit de faire la fête et ceux qui ne le font pas”, a-t-il déclaré.