Sous Ebrahim Raisi, hommes et femmes sont égaux devant… la tortur

Le 19 juin, la commission des élections iranienne a annoncé les résultats définitifs de l’élection présidentielle tant attendue. Avec plus de soixante-dix pour cent des voix, Ebrahim Raisi, l’ancien Juge de la Cour Suprême d’Iran et chef du système judiciaire du pays, a été nommé président élu. Raisi a officiellement pris ses fonctions le 3 août.

Il est peut-être l’homme le plus expérimenté du régime islamiste. À l’âge de dix-neuf ans, Raisi a participé aux manifestations de 1979 qui a renversé le shah et porté au pouvoir le leader idéologique de la Révolution : Khomeini. Issu d’une prestigieuse famille cléricale.

Raisi a été repéré par de proches collaborateurs du guide suprême Khomeini peu après l’avènement du nouveau régime. Raisi, alors formé à la jurisprudence islamique, il a été recruté dans le système judiciaire du pays et a rapidement gravi les échelons.

Alors agé d’une vingtaine, Raisi a occupé des postes de procureur dans les tribunaux municipaux et régionaux. Tout au long des années 1980, Raisi a acquis une expérience substantielle en tant que procureur pour les diverses juridictions du pays, notamment la ville de Karaj et Hamadan et plus tard toute la province de Hamadan. En 1985, à l’âge de vingt-cinq ans, il devient procureur adjoint de la capitale du pays, Téhéran.

Mais l’ascension fulgurante de Raisi dans l’appareil gouvernemental iranien n’est que la couche superficielle d’une sombre carrière.

Ebrahim Raisi est le fonctionnaire qui a le plus contribué à la torture des citoyens et opposants politique que tout autre fonctionnaire vivant en Iran aujourd’hui. L’un des crimes les plus connus de Raisi reste sa participation au « massacre de 1988 ». Alors procureur adjoint à Téhéran, Raisi a été personnellement impliqué dans l’exécution de dizaines de milliers de prisonniers politiques sous les ordres direct du guide suprême Khomeini.

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Le jeune procureur faisait partie d’un conseil de quatre hommes plus tard connu sous le nom de « comité de la mort » qui a mis en œuvre les exécutions des années durant.

Au début de l’été 1988, Raisi a personnellement supervisé les simulacres de procès et les condamnations à mort ultérieures de milliers d’Iraniens. Au-delà du massacre de 1988, d’autres histoires d’horreur ont commencé à être révélées à mesure que les prétentions de Raisi pour la présidence se précisait. Apparemment, l’affinité de Raisi pour la torture des prisonniers a toujours été une caractéristique de son travail dans la magistrature.

Une publication récente de l’Iran Human Rights Monitor rapporte une interview de Farideh Goudarzi, une femme qui a été arrêtée lors des purges en Iran au début des années 1980.

En dépit d’être enceinte au moment de son arrestation, Goudarzi a été soumise à des tortures brutales en présence du procureur de l’époque, Ebrahim Raisi. « C’était une pièce sombre avec un banc au milieu et une variété de câbles électriques pour battre les prisonniers », se souvient Goudarzi. « Il y avait environ sept ou huit tortionnaires.

L’une des personnes présentes lors de ma torture était Ebrahim Raisi, alors procureur général de Hamedan et l’un des membres du Comité de la mort lors du massacre de 1988. » Raisi est en effet devenu connu pour son traitement sauvage des femmes en particulier, ayant ordonné l’exécution d’une trentaine de femmes et le fouet de dizaines d’autres.

Le traitement réservé aux prisonnières par Raisi ne se limitait pas à l’exécution et aux coups et blessures. De nombreux témoignages oculaires ont confirmé le recours systématique aux agressions sexuelles comme moyen de briser la volonté des femmes incarcérées dans les prisons iraniennes.

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Alors membre de la Cour Suprême iranienne, Raisi a supervisé les programme de torture, poste qu’il a occupé pendant plus de deux ans avant d’être élu président. Les mesures draconiennes de Raisi sont restées un élément essentiel de sa personnalité tout au long de sa carrière.

Lors des mouvements de protestation à l’échelle nationale qui a secoué le pays en 2019, le gouvernement a brutalement réprimé les manifestations, tuant des centaines de manifestants et en blessant des milliers d’autres. Raisi a contribué à réprimer le soulèvement populaire en prononçant personnellement d’innombrables condamnations de torture et autres exécutions à l’encontre des participants à la révolte populaire.

Durant les manifestation contre le hijab entre 2017 et 2019, des militantes des droits des femmes dans tout le pays ont été emprisonnées, ce qui a suscité la condamnation internationale des gouvernements et des groupes de défense des droits humains.

Le bilan d’Ebrahim Raisi parle de lui-même. Ceux qui connaissent la longue et horrible carrière de l’homme s’inquiètent de ce que son élection à la plus haute fonction publique iranienne signifie pour le pays.

« La présidence d’un tueur en masse comme Ebrahim Raisi envoie un message clair : le régime a bien l’intention d’intensifier la répression en Iran », a déclaré Shahin Gobadi, coordinateur du Conseil national de la Résistance iranienne basé à Paris. « Sa nomination désespérée pourrait de fait déclancher un réel mouvement populaire paralysant alors le régime. »

Comme beaucoup en Occident continuent de chercher des excuses régime iranien afin d’avancer leur propre agenda politique, il serait certainement préférable de garder à l’esprit à qui nous avons affaire : un boûcher qui brutalise, torture, exécute si librement son propre peuple qu’il est impossible d’y trouver en lui un partenaire pour la stabilité et la paix.

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