Tout se complique dans le raid lancé fin août par Veolia sur Suez, qui prévoit de racheter les 29,9% détenus par le groupe énergétique Engie avant de lancer une OPA (OPA) sur le capital restant. Objectif: créer un fichier “Champion de France de taille mondiale” dans les services environnementaux (eau, déchets). Les positions sont inconciliables entre les deux rivaux historiques, et la «proie» tente par tous les moyens d’échapper à son prédateur qui a monté une opération. “Aberrant”, selon les mots de Suez, et “Fatal” pour la France.

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Le conseil d’administration de Suez, qui s’est réuni le mercredi 23 septembre, a annoncé qu’il étudierait “Ouverture aux salariés du capital de Suez Eau France”. Surtout, il a décidé de sécuriser ces actifs, que Veolia avait l’intention de transférer au fonds de gestion d’infrastructure Meridiam. Ils ont été placés pendant au moins quatre ans dans une fondation de droit néerlandais “Administré par la majorité des représentants ou anciens représentants de la personne morale de Suez”.

“Pitoyable”

Cette installation sera responsable “Préserver l’intégrité de l’activité d’Eau France au sein du groupe Suez”, l’indique. “Il suffit de mettre une seule action dans cette structure pour que tout soit inaliénable”, explique une source proche de l’entreprise. Interdire toute cession, “Sauf décision contraire du Conseil d’Administration de Suez pendant cette période.” Ce genre de “pilule toxique” “Il permet au conseil d’administration de Suez de revenir au centre des décisions sur l’avenir de l’entreprise”, a expliqué son président, Philippe Varin.

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Cependant, cela ne prive pas Veolia d’une marge de manœuvre: le numéro un mondial du secteur peut vendre une partie de son activité eau en France, pour répondre aux exigences des autorités de la concurrence de Paris et de Bruxelles, toutes deux. fédérer des groupes détenant 60% de part de marché ou lancer une OPA sur l’ensemble de Suez pour un prix estimé à plus de 10 milliards d’euros. “Ce sale truc”, qu’Antoine Frérot a appelé “Pitoyable”, “ne me découragera probablement pas”, a réagi jeudi sur BFM Business. Il s’est également dit prêt à augmenter son offre initiale (15,50 € par action Suez).

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Cette manœuvre avait déjà été utilisée en 2006, lors de l’une des batailles boursières les plus épiques de l’histoire de la place de Paris. L’aciérie Arcelor, qui faisait l’objet d’une OPA de l’Anglo-Indian Mittal, avait placé sa filiale canadienne Dofasco dans une fondation de droit néerlandais, que Mittal avait l’intention de vendre à l’allemand ThyssenKrupp. Cela n’avait pas empêché l’Anglo-Indien de mettre la main sur Arcelor. Mais cette structure juridique interne avait empoisonné la direction d’ArcelorMittal pendant des années, les Pays-Bas se sont montrés très protecteurs des fondations. Et lorsque les conseils d’administration d’Arcelor et de Mittal ont demandé la dissolution de la fondation, ils ont refusé.

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