L’appel des PDG italiens à Poutine révèle la discorde européenne

Le président russe Vladimir Poutine s’entretient au téléphone avec le président turc Tayyip Erdogan alors qu’il inspecte les travaux du projet de gazoduc Turkish Stream à bord du navire poseur de gazoduc Pioneering Spirit en mer Noire près d’Anapa, en Russie, le 23 juin 2017. Spoutnik / Mikhail Klimentiev / Kremlin via REUTERS

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LONDRES, 26 janvier (Reuters Breakingviews) – Les hommes et les femmes d’affaires européens sont dans une impasse. Les hauts dirigeants de certaines des plus grandes entreprises italiennes, dont le service public Enel et le prêteur UniCredit (CRDI.MI), se sont connectés mercredi pour une conversation Zoom avec le président Vladimir Poutine pour discuter des liens économiques avec la Russie. Avec une éventuelle invasion de l’Ukraine imminente, le gouvernement de Rome n’a pas été impressionné. L’énigme des entreprises laisse d’autres entreprises européennes fortement exposées à la Russie, en particulier en Allemagne, nerveuses.

Le président américain Joe Biden mardi a menacé la Russie de contrôles à l’exportation et d’autres sanctions sévères si elle envahissait à nouveau l’Ukraine. La Russie nie tout plan de ce type mais a 100 000 soldats massés à la frontière ukrainienne. Malgré tous ses discours durs, l’Union européenne aura du mal à fermer économiquement Moscou.

Prenez le commerce. L’Allemagne a exporté pour 25 milliards de dollars de marchandises vers la Russie de janvier à novembre de l’année dernière, juste derrière la Chine et confortablement plus que les 15 milliards de dollars expédiés des États-Unis. D’autres ne sont pas loin derrière. L’Italie hésitera à perdre ses 11 milliards de dollars d’exportations vers la Russie sur la même période, soit près de 1 % de son PIB. La France a expédié une quantité similaire.

Dans l’autre sens, la Russie est le principal fournisseur de pétrole, de gaz naturel et de charbon de l’UE. Mais alors que l’Allemagne tire jusqu’à trois quarts de ses importations de gaz naturel hors UE de Russie, le ratio est inférieur à la moitié pour la France et inférieur à un quart pour l’Espagne, selon les données d’Eurostat. spectacles. L’Allemagne est donc plus incitée à éviter un embargo sur le gaz.

Des entreprises comme l’Italien Pirelli (PIRC.MI), dont le patron était attendu à l’appel de Poutine, sont également directement investis, avec des usines dans le pays de 145 millions d’habitants. UniCredit et la Société Générale française (SOGN.PA) possèdent toutes deux des banques russes, bien que la première ait refroidi son intention d’en acheter une autre. L’UE a investi 311 milliards d’euros en Russie en 2019, selon la Commission européenne. Les flux ont fortement ralenti en 2020, mais l’Allemagne est restée le premier investisseur externe de Russie, avec 26 projets, selon les consultants d’EY.

Des politiciens européens à la retraite renforcent les liens. L’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder est président de la compagnie pétrolière publique Rosneft (ROSN.MM) et membre du comité des actionnaires de Nord Stream, filiale de Gazprom. L’ancienne ministre autrichienne des Affaires étrangères, Karin Kneissl, siège également au conseil d’administration de Rosneft. Un ancien Premier ministre français a des liens avec le géant pétrochimique Sibur. De tels chiffres pourraient bien faire pression contre les sanctions les plus sévères pour la Russie et son économie déjà stagnante. Tout cela fait le jeu de Poutine.

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CONTEXTE NOUVELLES

– Les hauts dirigeants de certaines des plus grandes entreprises italiennes, dont le service public Enel et le groupe de services financiers UniCredit, devaient tenir une réunion vidéo avec le président russe Vladimir Poutine le 26 janvier pour discuter des liens économiques, a rapporté Reuters.

– Le gouvernement italien faisait pression sur le groupe pour qu’il annule la réunion virtuelle, a rapporté Reuters le 26 janvier, reflétant les tensions diplomatiques accrues entre Moscou et l’Occident concernant la possibilité d’une nouvelle invasion russe de l’Ukraine.

– Washington et Bruxelles ont menacé de sanctions sévères contre la Russie en cas d’incursion. La Russie a nié avoir l’intention d’envahir, même en rassemblant des dizaines de milliers de soldats à sa frontière.

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Chronique de Dasha Afanasieva à Londres et de Lisa Jucca à Milan. Montage par Ed Cropley, Karen Kwok et Oliver Taslic

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