Macron a défendu la visite en déclarant aux journalistes à Dubaï : Comment pouvons-nous « préserver la paix et la stabilité au Moyen-Orient si nous disons : « Nous ne parlerons pas à l’Arabie saoudite, le pays le plus peuplé et le plus puissant du Golfe ? » », a rapporté le site d’information France24.
Tout n’est pas perdu, bien sûr. Mais le temps presse, comme le montrent dramatiquement les événements de ces dernières semaines.
Il est temps, voire presque révolu, que les États-Unis fassent preuve de souplesse et de fiabilité dans leurs relations avec les nations dont ils souhaitent conserver l’amitié. Dans le même temps, les États-Unis doivent faire preuve d’une plus grande sensibilité aux problèmes qui pourraient être calculés pour aliéner les pays qui sont profondément sensibles au comportement des partenaires étrangers.
Cela s’applique clairement à des alliés proches de longue date comme la France, mais aussi à des pays comme l’Arabie saoudite et les Émirats, avec des sensibilités qui transcendent les frontières culturelles, religieuses et sociales.
Mais c’est l’arrière-plan qui est le plus révélateur aujourd’hui du revirement spectaculaire qui peut être réservé aux alliances et aux alignements traditionnels dans cette région et au-delà.
Quelques semaines plus tard, l’accord de combat de chasse de plusieurs milliards de dollars de la France avec les Emirats a toutes les caractéristiques de « ne vous fâchez pas, attachez-le ».
En effet, dans un marathon d’interviews de 90 minutes aux heures de grande écoute sur la chaîne française TF-1 mercredi soir, l’affaire du sous-marin AUKUS était le seul problème de politique étrangère auquel Macron était confronté. « Nous avons répondu de la manière la plus décisive », a haussé Macron, ajoutant qu' »au fil du temps » l’action américaine serait pleinement prise en compte.
Les commentaires de Macron interviennent dans le contexte d’un accord nucléaire iranien en lambeaux et des craintes croissantes que les puissances régionales – dont les Émirats arabes unis, le Qatar, l’Arabie saoudite et l’Égypte – soient prises en otage par les capacités nucléaires de l’Iran.
L’échec de l’administration Biden à rétablir les restrictions sur les actifs iraniens à la suite du retrait de Trump de l’accord nucléaire JCPOA en 2018 n’a guère contribué à renforcer la position des États-Unis.
Or, le parapluie nucléaire américain qui pendant des décennies semblait être une garantie suffisante apparaît soudain de plus en plus fragile.
L’Arabie saoudite se tourne également de plus en plus vers la Chine, qui est déjà un partenaire commercial majeur des Saoudiens. Plus récemment, cela s’est traduit par la construction d’une sixième usine de dessalement géante dans le royaume par un consortium saoudo-chinois-espagnol et d’autres ventes d’armes.
Comprendre les priorités et surtout les craintes des alliés de longue date de l’Amérique dans la région et au-delà est essentiel si les États-Unis ne veulent pas se retrouver marginalisés dans une partie du monde où ils jouaient autrefois un rôle central.





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