BENJAMIN FLAO POUR “LE MONDE”

Par Pascale Robert-Diard

Publié aujourd’hui à 6h17, mis à jour à 10h20

Le mercredi 2 décembre, au deuxième jour du procès d’écoute électronique, un psychodrame s’est produit lors de l’interrogatoire de Gilbert Azibert, ancien avocat général de la Cour de cassation, poursuivi conjointement avec Nicolas Sarkozy et l’avocat du second, Thierry Herzog, pour “corruption” et “trafic d’influence”.

Bref, la vie a soudainement explosé dans ce public. La vie, la vraie, celle qui le fait à un moment donné, un avocat de très haut niveau, Jacqueline Laffont, pour la défense d’un ancien président de la République, il peut être vaincu par son chagrin d’épouse et d’épouse. Que cette douleur, liée à la maladie neurologique de son mari avocat, dont elle est une compagne inséparable depuis trente ans, et dont le nom venait d’être soupçonné par le parquet, est partagée par deux de ses meilleurs amis du secteur privé, Thierry Herzog et celui qui le défend, Hervé Temime. Tout cela, ajouté à une autre polémique entre des avocats qui en sont venus aux coups, a conduit la présidente Christine Mée à suspendre l’audience jusqu’au lendemain.

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Pourquoi en parler? Parce que ce qui n’aurait dû être qu’un incident d’audition illustre la vérité impossible de ce processus d’écoute électronique. La vie et les amitiés y sont omniprésentes, mais chaque partie est prisonnière de son propre statut et de ses enjeux au-delà. Premièrement, ce que révèle l’interception est incontestable, mais la défense ne peut pas le reconnaître. Deuxièmement, ce que ces interceptions révèlent n’a eu aucune conséquence, mais la poursuite ne l’admettra pas. Troisièmement, l’issue de cette procédure et de ce procès, le premier d’une série annoncée dans laquelle l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, confronte ses juges, est d’une importance stratégique pour l’avenir tant pour la défense que pour pour la poursuite.

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Intention de commettre l’infraction

Touchez d’abord. Quel que soit le but que nous prenons, et quelle que soit l’explication juridique que Gilbert Azibert a tenté de donner mercredi, ils apportent la preuve qu’en 2014, l’avocat général de la Cour de cassation a répondu à de multiples sollicitations de l’ami Thierry Herzog pour information, voir Tentatives influencer la légalité de la saisie des ordres du jour présidentiels de Nicolas Sarkozy sur une décision à prendre à ce moment-là par une autre chambre de la Cour.

L’ancien président de la République était alors particulièrement préoccupé par le sort de ses agendas, car il craignait l’usage qui pourrait en être fait dans deux autres cas, arbitrage en faveur de Bernard Tapie dans l’affaire Adidas-Crédit Lyonnais et l’enquête sur une possible Financement libyen de sa campagne 2007 réussie.

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