Tsunami électoral français à la Trump-Brexit

Dimanche soir dernier, la plupart de mes amis internationaux ont été stupéfaits par les résultats électoraux du premier tour de l’élection présidentielle française de 2022. Cela les a particulièrement surpris car non seulement Marine Le Pen s’est qualifiée pour le second tour, mais plus de la moitié des Français les électeurs ont voté pour des candidats contestataires. La panique s’est installée qui nécessite une clarification basée sur des faits, des chiffres et une logique, et une réflexion sur l’évolution du comportement électoral français, pour leur permettre de comprendre ce qui se passe.

Il est essentiel de partir des faits. La candidate populiste et d’extrême droite du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen a obtenu 23,1 %. Candidat populiste d’extrême gauche France Insoumise (LFI), Jean Luc Mélenchon, 22 %. Le candidat de droite, ancien journaliste de Reconquête et expert de la télévision, Eric Zemmour, 7,1 %, et le candidat eurosceptique de Rise Up France (Debout la République), Nicolas Dupont-Aignan, ont obtenu 2,1 %.

Au total, 54,3 % des électeurs français ont choisi des partis d’extrême droite et d’extrême gauche. Dans le même temps, les soutiens à la droite et à la gauche traditionnelles et traditionnelles françaises se sont effondrés, comme la candidate des Républicains (Les Républicains), Valérie Pecresse, qui a obtenu 4,8% et la candidate du Parti socialiste (Parti socialiste), Anne Hildago , a obtenu 1,8 %. Cela a mis en évidence des changements sismiques dans la culture politique française et révèle un message ascendant cristallin envoyé au système d’élite français, illustrant une perte de légitimité.

Cependant, quelle que soit la façon dont les résultats des élections sont expliqués, il est devenu indéniablement évident que les élites françaises sont sur le point de perdre à nouveau le contrôle. C’est exactement ce qui s’est passé en France lors du référendum de 2005, lorsqu’on a demandé aux électeurs s’ils étaient d’accord pour adopter une constitution de l’Union européenne. Les sondages avaient montré que la mesure était soutenue par tous les grands médias et partis politiques, mais les électeurs français l’ont finalement rejetée à 53%.

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Bien sûr, ce résultat n’a rien à voir avec l’intégration dans l’Union européenne. Les résultats du sondage ont envoyé un message clair aux dirigeants français que les gens ordinaires étaient frustrés, en colère et déçus par ce qu’ils perçoivent comme une fracture régionale et sociale croissante (la fracture sociale) avec des inégalités qui augmentent considérablement dans une nation profondément égalitaire.

Malheureusement, malgré toutes les promesses faites depuis, de nombreux Français ordinaires continuent de croire que la situation s’aggrave d’année en année, les riches s’enrichissant simplement et les pauvres s’appauvrissant.

Par conséquent, à mon sens, la montée du phénomène électoral Trumpisme/Brexit en France le 10 avril 2022 était assez prévisible. Cela s’explique facilement par une inégalité de revenus bien connue en France basée sur un revenu moyen de 2 000 € (2 920 AU $) par mois. Si vous gagnez moins, vous êtes considéré comme pauvre et si vous gagnez plus, vous êtes considéré comme riche.

Cela explique pourquoi de nombreux jeunes électeurs préfèrent voter à la fois pour des candidats populistes, d’extrême droite et d’extrême gauche car ils estiment qu’Emmanuel Macron, Les Républicains et Les Socialistes sont plus désireux de défendre les intérêts de la classe supérieure, négligeant ainsi les cols bleus, étudiant et la classe moyenne qui est en difficulté en raison de la perte de pouvoir d’achat. Ces politiciens sont considérés comme égoïstes et arrogants.

Deux événements extérieurs ont également profondément marqué cette élection présidentielle. Premièrement, l’inflation post-Covid 19 et deuxièmement, l’invasion russe de l’Ukraine. La fin de la pandémie a entraîné un dysfonctionnement de la chaîne d’approvisionnement et de la logistique. Les prix ont augmenté, notamment pour la nourriture et les biens de consommation courante.

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Le 24 février, les Russes envahissent l’Ukraine, aggravant encore la situation. Les prix de l’essence, du diesel et du gaz naturel ont augmenté, affectant durement les personnes qui vivent loin des zones urbaines et qui n’ont pas de transports en commun. Ces personnes dépendent fortement de leur voiture.

De plus, les conséquences des manifestations des gilets jaunes demeurent, car les prix de l’essence restent un sujet brûlant en France. C’est sans aucun doute l’une des principales raisons qui ont déclenché des troubles violents pendant 60 semaines consécutives. Bien que ce mouvement n’ait pas réussi à se transformer en un nouveau parti politique, il est devenu un marqueur idéologique et politique très fort au sein de la société française.

Après l’invasion russe de l’Ukraine, Emmanuel Macron a passé beaucoup plus de temps à participer à des rencontres internationales avec des dirigeants étrangers et à des négociations de paix qu’à des manifestations pour la campagne présidentielle de 2022. Ce comportement a été jugé irrespectueux par la grande majorité des électeurs français. Le président français a même refusé de participer aux débats électoraux télévisés du premier tour, et a été perçu comme arrogant, ignorant les problèmes et les priorités des gens ordinaires, même s’il a réussi à se qualifier pour le second tour.

Tout cela est une vieille nouvelle.

Une nouvelle campagne a débuté lundi dernier. Emmanuel Macron et Marine Le Pen participent à des manifestations politiques à travers la France, essayant de persuader les électeurs en ébullition. C’est une manœuvre compliquée car les réactions des électeurs français sont imprévisibles. Tout pourrait être aussi bon que les sondages le suggéraient, ou pas du tout…

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En théorie, l’approbation des anciens présidents conservateurs, Nicolas Sarkozy et François Hollande, pourrait aider la campagne du second tour d’Emmanuel Macron.

Malgré cela, les élections présidentielles de 2022 semblent très imprévisibles.

Le Dr George Tassiopoulos est un politologue gréco-français titulaire d’un doctorat en sciences politiques de l’Université de Paris Est. Il est né à Athènes et vit en France depuis 20 ans où il enseigne la géopolitique dans une école de commerce à Paris.

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