Vaccin contre Covid-19: après le coup d’État de Boris Johnson, Paris défend “le choix du collectif”

L’histoire soutiendra donc que c’est sur le continent européen que l’utilisation massive d’un vaccin contre Covid-19 aura été autorisée pour la première fois. Mais avec un paradoxe politique, et de dimensions, étant donné qu’il concerne le Royaume-Uni. Le pays a officiellement quitté l’Union européenne (UE) depuis le 31 janvier et où le Brexit entrera en vigueur à la fin du mois.

En effet, Londres a annoncé mercredi 2 décembre que le pays – en deuil de 59000 décès, un record en Europe – utilisera le vaccin Pfizer / BioNTech labs la semaine suivante, selon le processus de validation de son agence britannique pour la réglementation des médicaments et produits. soins de santé (MHRA). Et pas l’Agence européenne des médicaments, à laquelle le pays était auparavant lié, et dont dépend toute l’UE pour la certification sanitaire et médicale.

Ce dernier préfère attendre le 29 décembre “au plus tard” pour donner le feu vert ou pas. C’est combien de temps sans vaccin pour les 27 Etats membres, dont la France, qui a annoncé ne pas pouvoir commencer les vaccinations avant la fin de l’année, au mieux et pour les plus fragiles.

“L’Union européenne n’a pas été lente”

Matière à réflexion pour les eurosceptiques qui dénoncent sans cesse la camisole de force administrative et politique de Bruxelles. Et la bonne affaire pour Boris Johnson qui y a également signé une victoire sur le terrain politique. Mercredi, le Premier ministre britannique n’a pas manqué de se vanter, évoquant des nouvelles «fantastiques» sur son compte Twitter. Son ministre de la Santé, Matt Hancock, voit clairement un lien de cause à effet avec le Brexit à un moment où «les Européens avancent un peu plus lentement».

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«Il est clair qu’au lieu de Johnson, j’aurais fait la même chose, j’aurais utilisé cette bonne nouvelle. D’autant qu’au niveau national il est affaibli par sa gestion de Covid », a déchiffré un ami proche d’Emmanuel Macron, qui s’attend à voir certains membres de l’opposition s’appuyer sur cet épisode pour dénoncer la lenteur de l’Union européenne, notamment de partie des souverains et du rallye national.

«Mais l’Union européenne n’a pas été lente, répond-il au Parisien – Aujourd’hui en France Clément Beaune, secrétaire d’État aux Affaires européennes. Nous y sommes dans quelques jours. “” Nous pourrions avoir deux vaccins autorisés dans le mois. Et l’assurance que vous avez une autorisation totale pour les six vaccins en cours de développement, rappelez-vous. Nous verrons si nos voisins britanniques font de même. “

“Nous devons être prudents”

«Et si la France avait agi au niveau national, elle n’aurait probablement pas eu la même garantie d’approvisionnement. On aurait eu une concurrence directe d’autres pays, dont l’Allemagne, ajoute Clément Beaune. Nous avons choisi le collectif, la rapidité et la sécurité, nos procédures d’autorisation sont rigoureuses et protectrices ». Un argument qui est également renvoyé au ministère de la Santé: «Les Allemands ont des critères d’autorisation de mise sur le marché plus souples que nous. Si nous avions agi en dehors du cadre européen, ils auraient certainement eu les vaccins avant nous », confirme-t-on au ministère de la Santé.

Au sein de l’exécutif français, nous restons donc très réservés à l’initiative britannique, prise d’urgence “pour faire pression”, disent-ils. D’autant que les vaccins en question sont toujours en phase 3. «Il faut rester prudent. Avant d’être mis sur le marché, il faut être sûr qu’il n’y a pas de problèmes », insiste l’entourage du ministre de la Santé Olivier Véran, qui refuse de céder au fugitif, rappelant le précédent de la chloroquine:« Au printemps dernier, certains pays étaient courir pour ce médicament. Aujourd’hui 90% des agences disent qu’elle n’est pas efficace contre Covid … “

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